1. Victor Colombani, président de l'UNL : "Nous n’avons pas besoin d’être manipulés pour exprimer notre colère"

Victor Colombani, président de l'UNL : "Nous n’avons pas besoin d’être manipulés pour exprimer notre colère"

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A l'heure où les manifestations de jeunes se multiplient contre la réforme des retraites, Victor Colombani, président UNL, syndicat en tête des mouvements lycéens, s'explique.

Quelle est la situation actuelle des mobilisations lycéennes ?
A ce jour, plus de mille lycées sont mobilisés et sept cents sont bloqués. La mobilisation est grandissante. C’est en train de prendre. Les lycéens se sentent concernés parce que le recul de l'âge de la retraite créera davantage de chômage, et en particulier pour notre classe d'âge. Il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy estimait qu’il réussirait à faire passer la réforme tant que les jeunes ne sortiront pas. La situation est en train de changer.

Comment coordonnez-vous vos actions ?
Pour une manifestation comme aujourd’hui devant le siège du Medef à Paris, c’est une action qui a été décidée par le collectif "La retraire une affaire de jeunes" qui réunit vint organisations, et qui a été relayée par SMS et Facebook. Chaque lycée décide par ailleurs de ses actions en assemblée générale. Car c’est aux jeunes de décider. Là-dessus, le discours de la manipulation n’a aucune réalité. Il cherche juste à décrédibiliser un mouvement. Nous n’avons pas besoin d’être manipulés pour exprimés notre colère.

Craigniez-vous des débordements ?
Ce qui est inquiétant, c’est de constater que la répression est de plus en plus forte. Le gouvernement a mobilisé les forces de l’ordre dans des proportions démesurées. C'est normal de voir quelques débordements quand il y a un tel déploiement de forces. 

Est-ce que vous appelez à d’autres blocages des lycées ?
Une dynamique est lancée. Nous continuons à nous mobiliser. Mais nous n’avons pas de mot d’ordre pour les blocages. Encore une fois c’est à chaque lycée de décider. Et nous serons présent samedi et mardi pour les prochaines manifestations, aux côtés des syndicats de salariés.


Propos recueillis par Emmanuel Vaillant (avec Educpros)
14.10.2010
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