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"Si j’avais su, j’aurais pas grandi..."

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Le théâtre, cela vous est venu comment ?

"Je joue depuis que j’ai 7 ans et j’ai voulu en faire mon métier dès le lycée. J’avais envie de me mettre dans la peau de divers personnages, d’exprimer des choses, des idées. Au quotidien, je suis plutôt quelqu’un de réservé… Quand je suis sur scène, je me sens bien. Mon corps se libère."

Quel est votre parcours ?
"Après le bac, je suis partie un an à Nantes pour étudier dans un théâtre-école : le théâtre du Sphinx. Ensuite, j’ai passé trois ans au Studio Alain de Bock à Paris. J’y ai pris des cours jusqu’en 2002. Cette année-là, avec la troupe du studio, nous avons joué Grand peur et misère du IIIe Reich au Festival off d’Avignon. Puis j’ai joué notamment les Métamorphoses dans le cadre du festival Animafac et Créer n’est pas jouer au théâtre Clavel, à Paris, pendant trois mois. Ensuite, je me suis mise à écrire."

Comment décririez-vous votre spectacle ?
"C’est un solo drôle, mordant voire corrosif et émouvant. Il y a des moments très décalés, comme celui où Lola, une animatrice, rudoie les enfants dont elle s’occupe et leur dit des choses qu’elle ne devrait pas leur dire, et des moments plus bruts, plus glauques, où l’on parle de la vie telle qu’elle est…"

De quoi vous êtes-vous inspirée pour l’écrire ?
"Le spectacle tourne autour de l’enfance car j’ai beaucoup travaillé avec des enfants, comme baby-sitter ou animatrice. Il n’est pas à 100 % autobiographique mais j’ai pris un peu de moi pour les personnages, notamment pour celui de Lola. En fait, je mets en scène des situations que j’ai vécues (par exemple, j’ai bel et bien rencontré des blaireaux en soirée !), je me moque de moi. Pour la partie plus sombre du spectacle, je me suis inspirée de mes angoisses personnelles, des questions existentielles que je me posais à ce moment-là…"

Beaucoup de jeunes comédiens rêvent de monter leur spectacle. Comment vous y êtes-vous prise ?
"L’idée de créer un spectacle m’est venue en 2003. Cette année-là, je faisais donc partie d’une association étudiante qui participait au festival Animafac. A cette occasion, j’avais dû écrire un sketch sur une femme dans le métro. C’était la première fois que je jouais seule. Cela m’a plu… J’ai commencé à réellement écrire des textes en 2005, lorsque j’avais plus de temps. Je notais des bouts de trucs sur des carnets. Puis des thèmes sont apparus. Il m’a fallu deux bonnes années avant d’aboutir. En janvier 2007, j’ai commencé à retravailler l’écriture avec Nicolas Alexandre, le metteur en scène, rencontré au Studio Alain de Bock. Il a apporté plus de rythme au spectacle. Tout s’est fait au fur et à mesure. Un mois avant de jouer, nous n’avions pas encore trouvé la fin ! Après avoir testé les sketchs sur des scènes ouvertes, comme au théâtre Trévise, j’ai passé une audition au théâtre de la Providence, qui a dit oui. Aujourd’hui, le spectacle évolue encore…"

Quelles galères avez-vous rencontrées ?
"Avec Nicolas, nous nous sommes beaucoup disputés ! Ce spectacle, c’était un peu mon bébé : j’avais du mal à accepter ses remarques… Mais finalement, à deux, c’est mieux pour se critiquer, s’améliorer et rebondir sur d’autres idées. Bon, à part ça, j’avoue que c’est la galère de jouer devant des mômes ! Le titre de la pièce est trompeur… Il n’est pas fait pour les gamins. Un jour, alors que je racontais que le Père Noël n’existe pas, une petite fille dans la salle a soutenu le contraire et n’en démordait pas. Les enfants n’ont pas peur de s’exprimer au théâtre…"

Et quelles joies cela vous apporte-t-il ?
"C’est une grande joie de voir le public ressortir de la salle heureux, réceptif. Et c’est une très grande joie d’être allée jusque là. Dire que j’ai commencé à réfléchir sur les textes il y a trois ans… C’est une belle aventure."

Pour vous, quelle est la suite du programme ?
"Je joue à la Providence jusqu’au 29 mars 2008 puis j’ai quelques dates sur des péniches et je vais participer à des tremplins d’humour. Ensuite, j’ai envie de faire une pause puis de partir en tournée…"


"Si j’avais su, j’aurais pas grandi", de et avec Aurélie Gendron, mise en scène par Nicolas Alexandre, jusqu’au 29 mars au théâtre de la Providence, à Paris, le vendredi et le samedi, 19h. Tarif : 13 €, 10 pour les étudiants.



Propos recueillis par Virginie Bertereau