1. UNEF, UNI, Solidaires… les syndicats étudiants répondent à vos critiques

UNEF, UNI, Solidaires… les syndicats étudiants répondent à vos critiques

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Les syndicats étudiants sont-ils assez à votre écoute ? Vous sentez-vous vraiment représentés par vos élus ? Vous sont-ils utiles dans votre quotidien ? Nous avons voulu recueillir votre sentiment sur ces questions. À vos doutes, interrogations et reproches, différentes organisations étudiantes ont répondu.

Manifestations étudiantes // © Valentin Chatelier
Étudiants de l'UNEF lors de la manifestation anti-FN, le 29 mai 2014, à Paris. // © Valentin Chatelier

Lors des élections des syndicats étudiants, l'abstention est souvent très forte. Pourtant, ceux qui vous représentent et votent ensuite en votre nom sur des questions qui vous concernent sont élus par ce biais. Si des fédérations, comme la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), se disent non partisanes et progressent dans les urnes, les syndicats comme l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) et l'UNI (Union nationale interuniversitaire) prennent une part importante aux débats. Que pensez-vous de ces organisations ?

"Je ne me sens pas représenté par mes élus"

Tous les étudiants que nous avons interrogés ont fait le même constat : ils ne se sentent pas représentés par leurs élus. "Je n'ai aucun dialogue avec les dirigeants syndicaux. Je parle avec les militants de terrain, mais cela entre par une oreille et ressort par l'autre. Ils n'ont aucune influence", affirme Luc, étudiant en science politique à Montpellier 1. Ianis, lui aussi étudiant en science politique à l'université Paris 8, partage cette idée : "Je ne connais même pas mes élus".

"Manque de proximité, de dialogue, et d'actions locales"

Ces trois éléments sont beaucoup cités par les étudiants pour expliquer ce manque de confiance. Ils veulent un rapport direct avec les syndicats et voir des effets concrets dans leur vie au quotidien. Ainsi, Marion, aujourd'hui en alternance en communication, aurait souhaité davantage d'actions locales quand elle était étudiante en sociologie à l'université de Poitiers. "J'ai eu des problèmes de genoux quand je suis arrivée à l'université. Il m'était compliqué de monter les marches des amphithéâtres. J'ai demandé à l'administration, mais aucune réponse ne m'a été donnée. J'ai regretté qu'il n'y ait pas eu de syndicat pour me défendre", commente-t-elle.

Certains interrogés saluent toutefois de bonnes initiatives. "Ils font quand même de bonnes choses. Par exemple : la bourse aux livres ou le fait que l'on soit bien représenté pour les rattrapages", modère Luc.

AG, manifs et réseaux sociaux

"On connaît les problèmes des étudiants et on intervient. L'UNEF agit sur les questions des cours et des bourses, des questions qui collent aux problèmes des étudiants au quotidien", se défend son président, William Martinet. De son côté, Benjamin Lepetit, porte-parole de Solidaires Étudiant-e-s, estime que la proximité avec les étudiants "doit passer par les assemblées générales et les manifestations". Mais "développer les blogs et les réseaux sociaux est aussi un bon moyen pour augmenter ce sentiment de proximité" ajoute-t-il.

90 % d'abstention aux élections

Le manque de confiance des étudiants vis-à-vis de leurs syndicats se traduit dans les urnes. En témoigne le taux d'abstention lors des dernières élections des représentants étudiants au CNOUS (Centre national des œuvres universitaires et sociales) en 2012 : vous avez été 90 % à ne pas aller voter. Les syndicats étudiants le déplorent. "L'abstention, ce n'est pas nouveau. Cela tend à s'améliorer, mais très lentement", explique Olivier Vial, président de l'UNI. William Martinet ajoute : "Il y a un problème de communication de la part des universités".

Les ambitions personnelles des élus sont également beaucoup reprochées. Yaëlle, étudiante en droit à l'université d'Evry, n'est pas allée voter aux dernières élections étudiantes. "Je n'aime pas leur manière de faire. Ils ne cherchent pas à nous représenter, juste à se faire élire", explique-t-elle. "L'UNEF et l'UNI sont présents seulement à la rentrée et pour les élections", témoigne pour sa part Christelle, étudiante en histoire à l'université Paris 4.

"Les syndicats sont trop affiliés aux partis politiques"

Enfin, l'attachement des syndicats à des partis politiques dérange. "Ils devraient se différencier", estime Émilie, étudiante à Lille préparant les concours des IEP (instituts d'études politiques).

Pour William Martinet, penser que les syndicats étudiants ne peuvent pas se mobiliser seuls relève du mépris. "Il n'y a pas forcément quelqu'un derrière pour tirer les ficelles, mais les médias participent à donner cette image", conclut-il.

Olivier Vial n'est pas de cet avis. "Dans toutes les élections, il faut qu'il y ait des visions, des principes, donc c'est forcément de la politique", admet-il. Un avis qui ne semble néanmoins pas coller aux volontés des étudiants...


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