Un étudiant français nommé conseiller climat auprès de l'ONU

Par Clément Rocher, publié le 26 Août 2020
5 min

VOUS FAITES L'ACTU. Nathan est un étudiant originaire de Grenoble et un fervent défenseur de l'environnement. Le jeune homme a été sélectionné pour devenir le premier Français conseiller climat auprès du secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.

Nathan est devenu cet été le premier Français conseiller jeune climat. Ce jeune étudiant de 21 ans, originaire de Grenoble, a été sélectionné pour devenir membre d'un groupe consultatif sur les actions climatiques et environnementales auprès du secrétaire général des Nations Unies.

Cette nomination représente "un grand honneur" pour le jeune homme, militant depuis l'âge de 15 ans. Mais elle n'est pas non plus le fruit du hasard. Nathan est porte-parole d'une organisation appelée Youth and Environment Europe (YEE) : il s'agit du plus large réseau de jeunes sur les questions climatiques et environnementales en Europe. Il est également le coordinateur de Generation Climate Europe qui vise à inclure la jeunesse dans les processus décisionnels à l'échelle des institutions européennes.

Titulaire d'un bachelor de Sciences po Grenoble, Nathan compte bien poursuivre ses études dans l'enseignement supérieur en parallèle de ses nouvelles missions. Il a déménagé cet été en Angleterre pour suivre un master en relations internationales et politiques environnementales au sein de la London School of Economics, une école d'économie et de sciences politiques située en plein centre de la capitale britannique.

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Donner la priorité à l'environnement

La création de ce groupe consultatif constitue une action majeure des Nations Unies en faveur de l'environnement mais aussi de la jeunesse. "Les jeunes ont demandé à avoir plus de place dans les processus politiques, notamment en lien avec le changement climatique", explique Nathan. L'organisation internationale a souhaité répondre à cet appel.

Seulement sept pays du monde sont représentés au sein de ce groupe. "Nous représentons la jeunesse à un niveau international", poursuit le jeune activiste, très enthousiaste à l'idée de travailler pendant plusieurs mois avec six autres jeunes venant du Brésil, des États-Unis, des îles Fidji, d'Inde, de Moldavie et du Soudan.

Ces jeunes échangeront tous les trois mois avec le secrétaire général des Nations Unies pour discuter des priorités à mettre en place sur les questions climatiques et de protection de la biodiversité. "Mais ces échanges permettront aussi de se demander à quel point les objectifs de développement durable vont avoir un impact sur la politique à tous les niveaux d'actions."

"L'idée de ce groupe c'est aussi de comprendre ce que l'ONU fait en matière d'actions pour le climat et l'engagement de la jeunesse. Nous allons organiser des consultations en ligne, réfléchir aux priorités que nous devons faire remonter, rencontrer des acteurs politiques pour mieux comprendre les enjeux. La question du risque climatique doit être prise en compte dans toutes les décisions financières et politiques."

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Une opération inédite pour la jeunesse

Cette mobilisation de la jeunesse est véritablement inédite. "Jamais l'ONU n'avait engagé les jeunes à ce point dans les processus décisionnels, d'autant plus sur les questions environnementales", estime Nathan qui espère que cette prise d'initiative fera office de précédent.

"Il y a une prise de conscience que les jeunes sont une force. Nous avons un tissu associatif extrêmement riche, nous nous battons pour faire pression sur les politiques, pour faire monter les jeunes en compétence sur ces questions climatiques, continue le jeune étudiant. Nous réfléchissons à comment nous pouvons travailler avec d'autres organisations de jeunesse."

Ne pas servir de caution jeune

Le jeune homme est tout à fait conscient des enjeux et des responsabilités : "Les Nations Unies ont un pouvoir limité mais aussi une légitimité et une visibilité qui est impossible à dépasser par n'importe quelle organisation internationale."

Nathan demeure intransigeant sur la question : ce groupe consultatif ne servira pas de caution jeune. "Il y a une réelle volonté d'écoute de la part de l'ONU. Lors de la première réunion, nous avons été très clairs, nous ne voulons pas être la caution jeune. Nous garderons complètement notre indépendance." La consultation se termine à la fin de l'année 2021.

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