Comment présenter les "Fables" de La Fontaine à l’oral de français du bac ?

Par Thibaut Cojean, publié le 14 May 2020
4 min

Lors de votre oral de français, vous devrez présenter une œuvre littéraire. Pour vous accompagner dans votre préparation, l’Etudiant fait le tour des œuvres au programme et de ce qu’il faut en retenir.

L’oral de français du bac se déroule en deux parties : la première porte sur un texte étudié en classe et la seconde sur une œuvre littéraire de votre choix. Vous pouvez la sélectionner dans la liste des œuvres au programme, dans la liste complémentaire proposée par votre professeur.

L’Etudiant vous accompagne dans votre préparation en examinant les œuvres au programme de l’année de première. Dans cet article, Virginie Desnoues, professeure de français au lycée de la Trinité à Lyon (69), nous aide à décortiquer les "Fables" de la Fontaine.

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Comprendre le genre

Le programme de français comporte le deuxième recueil des "Fables". Évitez donc une grossière erreur en citant "La Cigale et la Fourmi" ou "Le Lièvre et la Tortue", qui font partie du premier recueil. "Il faut avoir lu tout le recueil, conseille la professeure, et maîtriser au moins 10 fables en détail pour être capable de bien répondre aux questions."

Pour bien comprendre les fables, il faut s’intéresser au genre littéraire. "Le mot à caser, c’est ‘apologue’, conseille Virginie Desnoues. Un apologue, c’est un court récit à visée morale. Cela peut être un conte philosophique, ou une fable." Plus précisément, l’intérêt d’une fable, c’est de "raconter une histoire par les sentiments : l’émotion et le suspens permettent de capter l’attention et donc de faire passer le message plus facilement", explique l'enseignante.

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"Un moraliste, pas un moralisateur"

La Fontaine a écrit ses "Fables" au XVIIe siècle, "en plein classicisme, où on voulait plaire et instruire". On peut donc aborder cette œuvre selon deux aspects : le fond et la forme. Le fond peut être lié à l’époque, à travers une "photographie du despotisme de Louis XIV", mais il ouvre plus généralement sur une observation de la nature humaine.

"La Fontaine est un moraliste, mais pas un moralisateur, tranche Virginie Desounous. C’est un observateur de la société, de la nature humaine. Il en fait un constat et nous fait sourire de nos propres travers. Même aujourd’hui, on peut se reconnaître dans ce qu’il raconte, et ça fait rire tout le monde."

Par ailleurs, les "Fables" poussent à l’imagination à une époque où de grands auteurs comme Pascal et Descartes se méfient de l’imaginaire, qu’ils considèrent comme un ennemi de la réalité. Elles font d’ailleurs partie du parcours "Imagination et pensée au XVIIe siècle".

"Une maîtrise inégalée"

Pour bien assimiler la forme, "il faut s’interroger : pourquoi La Fontaine est si célèbre ?" "Il n’a pas inventé les fables, rappelle la prof de français. Il suit une tradition de l’Antiquité, mais il les aborde avec une maîtrise inégalée." Pour elle, la force de La Fontaine est de "croire en l’intelligence de son lecteur, qui est toujours partie prenante de ce qu’il se passe". Et pour ne pas gâcher le plaisir, cela s'accompagne d'une "qualité rédactionnelle exceptionnelle ! En quelques vers, il dit tout, et avec l’art du rebondissement."

La professeure de français prévient que lors de l’échange, après la présentation de l’œuvre, "l’examinateur reviendra sur ce qui a été dit par l’élève". Il vous faudra donc préparer des exemples issus des "Fables" pour illustrer vos arguments.

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