Les compétences à maîtriser en philosophie à la fin du lycée

Par Elodie Auffray, publié le 22 May 2020
4 min

Etudier une discipline ne se limite pas à faire le tour d’un programme de connaissances. Tout au long du lycée, vous avez également acquis un savoir-faire propre à chaque matière. De la problématisation à l’argumentation, L'Etudiant fait le point sur ce que vous devez maîtriser en philosophie à l'issue de votre terminale.

En quittant le lycée, ce ne sont pas seulement des connaissances que vous avez dans votre bagage scolaire. En philosophie, vous avez appris les mêmes compétences, quelle que soit votre série : problématiser et argumenter. L’exigence se veut toutefois renforcée pour les élèves de la série littéraire, qui doivent faire preuve de capacités de réflexion approfondies.

Compétence 1 : Problématiser

Problématiser est la compétence la plus importante, celle qui "fait la valeur philosophique d'une copie", souligne Marc Rosenfeld, professeur au lycée Henri-Avril, à Lamballe (22). Elle s'exprime tout particulièrement dans l'introduction d’une dissertation : il s'agit de poser le problème en "s'étonnant sur un sujet qui paraît simple en apparence et en montrant qu'il comporte un paradoxe", explique Cyril Hunault, enseignant au lycée Notre-Dame à Rezé (44).

Cela implique notamment un travail sur le vocabulaire : vous devez être capable de bien définir les termes d’un sujet et de montrer qu'ils ont plusieurs sens possibles.

L'approche est similaire pour une explication de texte, mais s'articule autour du raisonnement de l'auteur. "Il faut trouver sa thèse et lui chercher des poux", résume Cyril Hunault.

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Compétence 2 : Argumenter

Après avoir posé le problème, vous devez être en capacité de le résoudre de manière argumentée, organisée et logique. Peu importe votre point de vue, c'est la qualité de sa défense qui compte. Vous devez être en mesure de présenter des arguments consistants et suffisamment développés, qui reposent sur une analyse fouillée des notions évoquées.

Il faut également savoir confronter sa pensée à des arguments contraires, en "anticipant les objections d'un adversaire potentiel", souligne Marc Rosenfeld. Quand l'élève expose une thèse adverse, dans une dissertation, il doit savoir reconnaître son intérêt, mais il lui faut en même temps veiller à rester cohérent et à ne pas s'auto-réfuter.

Dans une explication de texte, après avoir décortiqué les arguments de l'auteur, il faut soumettre chacun d'entre eux à la critique. L'idée est d'"instaurer un dialogue, argument par argument", explique Marc Rosenfeld.

Enfin, vous devez savoir écrire un texte clair et bien organisé : les parties et les paragraphes doivent s'enchaîner de façon construite, à l'aide de transitions et de connecteurs logiques.

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Compétence 3 : Utiliser des exemples et des références

En philo, une argumentation doit s'appuyer sur des exemples et des références, sans tomber dans l'accumulation. "Les exemples doivent être au service du raisonnement", rappelle Cyril Hunault. "Ils peuvent être utilisés pour illustrer un argument théorique et le rendre plus accessible, mais ne doivent pas se substituer à lui", avertit Marc Rosenfeld.

De même, les références et citations d'auteurs sont des outils précieux pour construire sa pensée. "L’élève doit montrer qu'il a des connaissances, une culture philosophique, mais il ne doit pas s'en servir comme d'un alibi pour éviter de développer une pensée personnelle", souligne l'enseignant breton.

Apprises dans tous les filières du bac, ces compétences philosophiques ne sont à négliger pour personne, mais seront particulièrement utiles aux élèves de la série L, plus susceptibles d’en avoir besoin dans les études supérieures.