Cours en demi-groupe : comment tenir le rythme ?

Par Florian Dacheux, publié le 26 Janvier 2021
4 min

Alors que la crise sanitaire continue de fortement perturber l’organisation des cours, de plus en plus de lycées ont adopté un mode d’enseignement hybride. Dans cette alternance de cours en présentiel en demi-groupes et d'enseignement à distance, décryptage et conseils pour tenir le rythme.

Pour éviter la propagation du coronavirus, la grande majorité des lycées de l’Hexagone proposent une partie des cours en présentiel depuis le début du mois de novembre. Alors que le gouvernement a instauré un nouveau couvre-feu, ce fonctionnement hybride perdure en ce début d’année. Les lycéens se sont ainsi résolus à alterner cours en demi-groupes et enseignement à distance.

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Organisation sur mesure

Le hic ? Les modalités d’organisation sont laissées à l'appréciation des chefs d'établissement. Selon les spécialités et les matières, les élèves sont donc confrontés à des réalités différentes, ce qui créé des inégalités d’accès à l’enseignement.

C’est notamment le cas du côté de l’académie de Nantes où les situations sont très variables d’un lycée à l’autre. "Nous récupérons progressivement des élèves, affirme Dominique Faure, la proviseure du lycée Honoré d’Estienne d’Orves à Carquefou (44). On a du distanciel alterné en classes entières pour nos élèves de première et terminale. Ceux de seconde et de classes technologiques sont en demi-groupe pour éviter le décrochage."

Ne pas abandonner les élèves

Face à un système loin de faire l’unanimité, les corps professoraux souhaitent avant tout ne pas abandonner leurs élèves. Quand certains optent pour une rotation des groupes par demi-journée, journée ou semaine, d’autres préfèrent simplement préserver la présence régulière en classe.

"La direction a fait le choix de garder les spécialités à 100% en présentiel pour éviter les cafouillages, témoigne Emma Jaosidy, professeure de français au lycée La Bruyère à Versailles (78). Le français, les langues et l’histoire-géographie étaient totalement en distanciel mais nous avons obtenu que leurs deux heures de cours consécutives soient en présentiel. C’est important pour nous de garder le contact."

Quel que soit le modèle retenu, l’enjeu majeur reste de mobiliser les élèves jusqu’au mois de juin, à commencer par ceux concernés par le baccalauréat. Entre les élèves qui ont l’impression de moins travailler lorsqu’ils sont chez eux ou ceux qui ne sont pas équipés d’un ordinateur, les semaines peuvent virer au casse-tête.

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S’investir pour garder le cap

"Je ne dirais pas que tout le monde est d’accord pour un retour en classe entière, mais globalement le fonctionnement actuel ne convient à personne, avoue Nicolas Boichard, professeur de SVT au lycée Corneille de La Celle St-Cloud (78) et secrétaire du syndicat FO des lycées des Yvelines. Beaucoup d’enseignants ne font pas de virtuel mais laissent des supports sur l’espace numérique de travail, ce qui donne davantage de travail à la maison."

Pour garder le cap, il conseille "de solliciter au maximum les enseignants, les conseillers d’orientation et les psychologues en se rendant le plus possible au lycée". "Il faut nous faire confiance et ne pas trop se disperser en allant tenter des cours particuliers dans le privé", ajoute-t-il.

Selon Emma Jaosidy, cela demande de l’organisation. "Il faut beaucoup de rigueur, quitte à refaire un emploi du temps réel chaque dimanche soir. Il est impossible de vivre dans le système actuel sans anticiper." Dominique Faure recommande enfin de "conserver cette habitude de travailler ensemble. Certains ont créé des groupes WhatsApp pour s’automotiver."

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