La jeunesse répond à l'appel de la Convention citoyenne pour le climat

Par Clément Rocher, publié le 08 Juillet 2020
6 min

À l'occasion des semaines de l'engagement (du 14 septembre au 3 octobre), retrouvez le témoignage de Nicolas, jeune lycéen des Bouches-du-Rhône membre de la Convention citoyenne pour le climat. Nous l'avions rencontré fin juillet, alors qu'il s’apprêtait, avec les 149 autres participants, à rencontrer des représentants du gouvernement, dont la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

Les membres de la Convention citoyenne pour le climat rencontrent ce mercredi 29 juillet des partenaires sociaux et représentants du gouvernement dont la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Ils viennent défendre les 146 mesures retenues par le président de la République le 29 juin dernier, notamment dans le domaine de la rénovation énergétique et de la lutte contre l'artificialisation des sols. Nous avions échangé avec Nicolas, lycéen des Bouches-du-Rhône, qui a souhaité partager son expérience.

"Au départ je pensais que c'était une blague", plaisante Nicolas. Ce jeune homme âgé de 18 ans était en classe de terminale S au lycée Adam de Craponne en Salon-de-Provence (13). Le lycéen a appris l'été dernier qu'il avait été tiré au sort pour devenir l'un des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat.

Nicolas n'a pas hésité longtemps avant de répondre favorablement à la proposition du gouvernement. "Je voulais apporter ma pierre à l'édifice. C'est vraiment la première fois de ma vie que je participe à un débat aussi important sur un sujet tel que la transition écologique. C'est devenu un thème qui me touche énormément."

Nicolas, dans la cour de l'Elysée lors de la réception des membres de la Convention citoyenne pour le climat, le 29 juin.
Nicolas, dans la cour de l'Elysée lors de la réception des membres de la Convention citoyenne pour le climat, le 29 juin. // © Photo fournie par le témoin

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14% des participants âgés de 16 à 24 ans

La Convention citoyenne pour le climat représente une initiative complètement inédite en France. Cette convention se donne pour objectif la réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 avec la mise en place de mesures environnementales concrètes dans une logique de justice sociale. 150 participants ont été sélectionnés par tirage au sort pour se pencher collectivement sur la mise en place de mesures et de recommandations pour lutter contre le réchauffement climatique.

La jeunesse n'a pas été oubliée. En effet, 14% des participants étaient âgés de 16 à 24 ans. Lycéens et étudiants, ils ont démarré comme l'ensemble des participants leur première session de travail au mois d'octobre et ont pu ainsi faire entendre leur voix.

Un travail de longue haleine

Nicolas a rejoint le groupe de travail "Se loger" afin de réfléchir aux leviers d'actions à mettre en place autour des questions en lien avec l'urbanisme et l'habitat. Le lycéen se montre particulièrement fier des mesures que son groupe de travail a souhaité défendre. Parmi les revendications, le jeune homme mentionne notamment la mesure permettant de lutter contre l'étalement urbain et celle permettant de maîtriser la consommation d'énergie.

Nicolas s'est particulièrement investi dans le cadre de cette convention. "Il y a du travail personnel derrière. J'ai contacté des climatologues par exemple. Je suis arrivé avec un certain bagage au fur et à mesure des sessions pour avoir un impact plus important sur les mesures que je pouvais proposer."

Le jeune homme reconnaît néanmoins qu'il était compliqué de concilier à la fois son rôle au sein de la convention et son statut de lycéen. "Il fallait vraiment rentrer dans le bain dès le départ et j'ai décidé de mettre mon travail scolaire de côté. J'ai obtenu une lettre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour attester de ma totale implication dans ce projet national."

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"Je veux devenir un acteur de la nouvelle démocratie française"

Nicolas s'est découvert une nouvelle vocation à la suite de sa participation à la convention. Le jeune homme a été accepté dans un DUT Techniques de commercialisation afin de préparer ensuite les épreuves d'admission pour rejoindre Sciences Po.

"Au départ je ne me serai jamais vu faire Sciences Po. Je veux devenir un acteur de la nouvelle démocratie française. Maintenant je sais qu'elle peut évoluer", soutient avec enthousiasme le lycéen qui ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Son action auprès de la Convention citoyenne n'est pas véritablement terminée. "Nous allons suivre la progression de nos travaux. Nous pouvons encore défendre nos mesures et les amener jusqu'au bout. Je serai ravi de voir un jour une nouvelle convention citoyenne sur des sujets actuels comme l'égalité homme-femme. Ce n'est que le début", poursuit-il.

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