En plein désert médical, un lycée du Lot propose une option santé pour créer des vocations

Par Marine Ilario, publié le 24 Novembre 2022
5 min

Depuis deux ans, le lycée Jean Lurçat de Saint-Céré propose à ses élèves de première et de terminale une option pour les préparer aux études de santé. Objectif espéré : enrayer la désertification médicale que subit le département.

Née d’une initiative de la communauté de communes Cauvaldor (Causses et vallée de la Dordogne), l’option santé fait le plein au lycée Jean Lurçat à Saint-Céré (46). "Cette année nous avons 19 lycéens de première et 13 de terminale qui la suivent, se réjouit David Auffray, enseignant en SVT et coordinateur pédagogique. Pour un petit lycée comme le nôtre, c’est inespéré."

Lancée en 2021, l’option santé entend lutter contre la désertification médicale que subit le département du Lot. Comme dans beaucoup de zones rurales, "nous manquons de médecins, de spécialistes, mais aussi de professionnels dans le paramédical", pointe David Auffray.

Renforcement disciplinaire et méthodologie

À raison de 2 h 30 par semaine en première et en terminale, les lycéens suivent "des cours de renforcement en biologie et en chimie" précise l'enseignant. Renforcement, mais aussi d’approfondissement, selon Chiara, lycéenne en terminale, qui se réjouit de pouvoir "aller plus loin que les cours de spécialité".

Le lycée propose aussi des visites de services hospitaliers, de salons consacrés aux métiers de la santé et des interventions de professionnels. Le reste du temps est consacré à des ateliers de méthodologie. "C’est ce que j’ai préféré, raconte Chiara. On a appris des techniques de mémorisation, de gestion du stress, qui peuvent nous servir partout, tout le temps !"

Au cours de leur formation, les élèves ont pu visiter visite le SAMU de Toulouse.
Au cours de leur formation, les élèves ont pu visiter visite le SAMU de Toulouse. // © Communauté de communes Causses et Vallée de la Dordogne

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Se préparer à la première année des études de santé

Apprendre à apprendre. De quoi se préparer au rythme du PASS (parcours accès spécifique santé). Car l’objectif de l’option est clair : préparer les lycéens qui se destinent à ces études à affronter la première année, réputée éprouvante.

"Avant, j’appréhendais cette première année, mais depuis que je suis les cours de l’option santé, je me sens bien préparé", confie Antonin, lycéen en terminale.

Chiara, qui se destine depuis le collège à des études de médecine, sent, elle aussi, que l'option l'aide dans son projet. "Le programme se situe entre celui de terminale et celui du PASS. Ça me passionne tellement que ça me conforte dans mes choix."

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Des profils scientifiques uniquement

Les deux lycéens ont suivi l’option santé en première et la poursuivent en terminale. Pour cela, ils ont dû respecter certains prérequis : suivre les trois spécialités scientifiques maths, physique-chimie et SVT en première, puis les spécialités SVT, physique-chimie et l’option maths complémentaires en terminale.

"Ces critères pourront être amenés à évoluer, mais nous nous sommes basés sur les attendus de Parcoursup pour que nos élèves aient le plus de chance de réussir en santé" précise David Auffray.

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Inciter les jeunes médecins à s’installer en zone rurale

L'option s’inscrit dans un ensemble de dispositifs plus larges de Cauvaldor pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans le département.

Parmi ces dispositifs, le "ParcoursM’aides" propose des bourses aux étudiants en médecine. Concrètement, les étudiants en PASS peuvent bénéficier d’une aide de 800 euros. Entre la deuxième et la sixième année, une bourse de 200 à 300 euros est proposée aux étudiants qui réalisent leur stage d’externat auprès d’un médecin du territoire. Enfin, de la septième à la neuvième année, une bourse (de 2.500 à 5.000 € par an) est proposée à ceux qui s’engagent à effectuer des remplacements sur le territoire ou de s’y installer pendant six ans minimum.

Difficile pour le moment d'estimer les effets de la création de cette option santé sur l’installation de futurs médecins, mais pour David Auffray, l’objectif est de "susciter l’envie et faire en sorte que les élèves poursuivent leurs études en santé". Pari réussi pour Chiara et Antonin qui envisagent déjà de faire des vœux en PASS l’année prochaine.

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