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Décryptage

Monter votre entreprise dès le lycée : ce que cela peut vous apporter

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Travailler sur son propre projet : pas mieux pour développer chez vous des ressources parfois insoupçonnées et qui vous aideront aussi à réussir vos études…

Pour Louis, qui a monté à 16 ans une affaire de vente de coques pour smartphones, monter une entreprise a été formateur : il a acquis une méthode de travail et un sens de l'organisation bien utiles pour la poursuite de ses études supérieures et sa vie professionnelle. "Avant, je ne faisais pas mes devoirs à l'avance. Désormais, pour éviter la surcharge de travail, je fais tout en avance", assure-t-il.

Un bon moyen de mettre ses cours en pratique

De son côté, Florian préparait un bac STG (aujourd'hui STMG) au lycée Jean-de-Pange à Sarreguemines (57) quand il crée en janvier 2011 son site d'actualité, Lor'Actu, avec Nicolas Zaugra, son ami et associé. "L'avantage de travailler sur son propre projet, se souvient-il, c'est que je révisais aussi mes cours de droit ou de gestion. Je passais directement de la théorie à la pratique." Pour se lancer, Florian a bénéficié du soutien de son professeur de droit : "Il m'a expliqué que la création administrative et juridique de l'entreprise n'était pas si compliquée, il me disait que c'était à ma portée. Ça a été le déclic pour créer la structure."

"Notre motivation n'était pas mercantile. Notre but était de nous former et de nous créer un réseau"


Réfléchir aux risques et mieux se connaître est essentiel avant de se lancer. Établissez vos priorités en vous demandant ce qui compte le plus pour vous : les études, votre vie sociale, l'entreprise ? "En terminale, j'avais envie d'en finir vite avec les cours et de me consacrer à mon projet. Cela ne m'a pas empêché d'avoir le bac avec une mention bien", souligne Florian, qui a arrêté ses études après quelques mois passés en DUT (diplôme universitaire de technologie) GEA (gestion des entreprises et des administrations) pour se consacrer à son entreprise à plein-temps.

Une expérience à faire valoir, même en cas d'échec

Vous devez prendre conscience que l'aventure entrepreneuriale comporte un risque d'échec. Mais même dans ce cas, l'expérience est profitable et valorisante. Vous montrerez aux recruteurs que vous avez essayé de créer votre emploi et de vous insérer professionnellement. Fonder son entreprise dès le lycée est un très gros plus sur un CV ; c'est mieux qu'un stage.

"Notre motivation n'était pas mercantile. Notre but était de nous former et de nous créer un réseau, de rencontrer des gens importants dans le monde professionnel", rappellent Florian et Nicolas. Florian a la fibre commerciale, le goût des responsabilités et ­cultive ses compétences managériales et de gestion. Nicolas a la passion de l'actualité. "C'est un journaliste dans l'âme", commente Florian.

Gagner en maturité

Se lancer dans un projet de création d'entreprise aide aussi à mûrir. "J'étais encore timide. Créer mon entreprise m'a fait grandir", se souvient Marie, qui sait maintenant s'exprimer devant des dizaines de personnes à l'occasion d'événements dédiés à l'entrepreneuriat et auxquels elle est invitée. "Parler de son projet va aider le jeune à construire sa confiance en lui, qui est une clé de la réussite entrepreneuriale, alors même qu'on est encore fragile à la sortie de l'adolescence", souligne Bénédicte Sanson, déléguée générale du Moovjee, association qui soutient des étudiants entrepreneurs.

TÉMOIGNAGE : "Si on écoutait les profs, on ne ferait qu'étudier !"
Aujourd'hui étudiant en première année à l'EM Normandie, Louis a fondé Dealer de coque alors qu'il n'avait que 16 ans. Retour d'expérience sur le succès et les difficultés rencontrés.

Louis a imaginé son affaire de vente de coques pour smartphones dès le collège, à 15 ans et demi, alors qu'il préparait le diplôme national du brevet. À 16 ans et un jour, il se rend à la chambre de commerce et d'industrie des Yvelines pour faire enregistrer sa société à son nom, une EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée). Et c'est au lycée Hoche, à Versailles (78), qu'il a développé son activité.

En 2012, année de son entrée en terminale, il a fait 67.500 € de chiffre d'affaires. Une somme qu'il a placée sur un livret d'épargne. Sage précaution car, à sa majorité, le RSI (régime social des indépendants), lui a facturé 10.000 € de rappel de cotisations.

L'ampleur prise par l'activité a inquiété les professeurs de Louis : fallait-il attribuer à son business la raison d'une mauvaise note ponctuelle  ? "Pour les professeurs, un lycéen entrepreneur est un OVNI. Si on les écoutait, on ne ferait qu'étudier." Pour diminuer cette pression, sur les conseils d'une psychologue, Louis a fait la pédagogie de son projet auprès de ses enseignants. "Discuter de l'entreprise que je créais les a fait changer de regard."

Ses parents, eux, l'ont toujours soutenu, "à partir du moment où les bonnes notes étaient au rendez-vous...", ajoutent-ils. Louis, qui a eu son bac ES avec une mention bien en 2013, a quand même choisi de continuer ses études à Caen (14), à l'École de management de Normandie.

Pour aller plus loin : Entrepreneurs en herbe : Ideasvoices.com, un bon plan pour rencontrer de futurs associés / Étudiant-entrepreneur : questions-réponses sur un nouveau statut / Jeunes (et) entrepreneurs : les frères Elicha, cofondateurs de The Kooples

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