Le prix Goncourt des lycéens, "un rapport de transmission" entre les auteurs et les élèves

Par Julien Mazzerbo, mis à jour le 03 Novembre 2022
6 min

Des rencontres régionales entre auteurs et membres du jury du prix Goncourt des lycéens se sont tenues en octobre dans plusieurs villes de France. L'Etudiant a assisté à celle de Toulouse, où une centaine de lycéens ont pu approfondir leurs lectures en questionnant les écrivains, parmi lesquels Brigitte Giraud, qui recevra le prix Goncourt quelques semaines plus tard.

C'est dans un hémicycle bondé que les lycéens s’installent, ce lundi 17 octobre, à l’Hôtel de région Occitanie, à Toulouse (31). Ils sont une centaine, et un écran géant a été placé au centre de la salle pour offrir une visibilité optimale.

Pour ces élèves, venus assister aux rencontres régionales du 35e prix Goncourt des lycéens, c'est l'occasion de mettre un visage sur un ouvrage. Neuf auteurs ont fait le déplacement et sont scrutés avec curiosité. La plupart des lycéens ont sorti leur carnet de notes.

Quinze minutes par auteur

Chaque écrivain est introduit par un ou plusieurs élèves qui lisent un court extrait de leur roman devant la salle. Les lecteurs ont une bonne élocution et parlent avec entrain. Sabyl Ghoussoub, auteur de "Beyrouth-sur-Seine" (Ed. Stock), ne manque pas de prendre une photo pour immortaliser la scène. Les lycéens s’apprêtent à poser les questions qu’ils ont préparées en classe à propos des thématiques de la sélection : féminisme, guerre, religion, deuil, société, justice…

"Votre roman est-il un roman d’amour ?", "Avez-vous une vision aussi pessimiste que votre narratrice ?"… Les questions fusent et chaque échange est couronné de nombreux applaudissements et acclamations.

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Plusieurs semaines de lecture

"On avait travaillé sur des questions en amont", explique Tom, en classe de première au lycée public Bellevue de Albi (81). Pour lui, il ne fait aucun doute que cette journée représente l'accomplissement de plusieurs semaines de lecture. Il est satisfait de ces échanges qui lui ont permis de "voir ce que les gens pensent".

"Les explications m'ont aidé à mieux comprendre l’histoire", confie Pivoine, en classe de seconde au lycée public Joffre de Montpellier (34). Anaïs, une camarade, explique qu’elle a pu questionner un auteur pendant la première intervention. Une chance que n’a pas eu Lyne, du même établissement, qui a interpellé un auteur avec une question "attribuée".

Les lycéens ont pu poser leurs questions aux auteurs présents.
Les lycéens ont pu poser leurs questions aux auteurs présents. // © Véronique Esparza

Une vraie journée de travail

Certains élèves comme Maël, en classe de seconde au lycée public Gustave Eiffel de Bordeaux (33), s’accordent aussi pour dire que la journée a été éprouvante : "Le petit bémol, c’est que c’est long et qu’on enchaîne les interventions". La matinée a été rythmée par deux sessions consécutives de 45 minutes qui ont pu agacer les lycéens, mais leur patience a été récompensée par une première séance de dédicace suivie d’une pause déjeuner très attendue.

Johanna, élève au lycée public Nelson Mandela de Pibrac (31), a partagé son émotion après avoir rencontré les auteurs : "Ça m’a fait un peu bizarre de les voir en vrai". Sa camarade Blanche assume ne pas être "une grande lectrice", tout comme Johanna qui précise cependant qu’elle rencontre "plus de facilités" depuis qu’elle a lu les livres de la sélection.

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Des auteurs "agréablement surpris"

Emmanuel Ruben, auteur des "Méditerranéennes" (Ed. Stock), s'est dit "agréablement surpris" par l’enthousiasme des lycéens. Il pointe l’importance, pour la jeunesse de s’emparer de la littérature contemporaine : "Les choix qu’ils font sont souvent les bons et c’est rare que les lycéens se trompent".

"Le lecteur en sait toujours plus sur le livre que l’écrivain", affirme, quant à elle Brigitte Giraud (lauréate du prix Goncourt 2022, ndlr), auteure de "Vivre vite" (Ed. Flammarion), qui salue l’attention des lycéens et la pertinence de leurs questions. Espérant que les débats aient donné aux élèves l’envie de lire, elle rappelle que le Goncourt des lycéens est avant tout "un rapport de transmission". Selon l’auteure, le prix est un moyen de les "aider à entrer dans des univers d’écrivains contemporains, qui vivent en même temps qu’eux et ont les mêmes problèmes".

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