1. Les secrets des lycées qui vous font le plus progresser
Décryptage

Les secrets des lycées qui vous font le plus progresser

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Le palmarès des lycées de l'Etudiant est basé sur la valeur ajoutée, à savoir la faculté des lycées à faire progresser et réussir leurs élèves. // © Phovoir
Le palmarès des lycées de l'Etudiant est basé sur la valeur ajoutée, à savoir la faculté des lycées à faire progresser et réussir leurs élèves. // © Phovoir

Quatre lycées font partie depuis quatre ans des établissements qui vous font le plus progresser, selon le palmarès de l'Etudiant. Quelles en sont les raisons ? L'Etudiant vous livre les secrets de leur réussite.

Le palmarès des lycées que publie l'Etudiant mercredi 22 mars 2017 ne donne pas la prime aux établissements qui affichent le meilleur taux de réussite au bac. Ce palmarès se base sur les IVAL, les "indicateurs de valeur ajoutée". Autrement dit, sur la faculté des lycées à faire progresser et réussir leurs élèves, en prenant en compte certains facteurs comme le milieu socio-professionnel des parents. Ainsi, le ministère calcule un "taux attendu" de réussite au bac pour chaque lycée et, selon ses résultats, sa "valeur ajoutée". Un lycée qui a un taux attendu de 85 % et qui a, finalement, un taux de réussite de 89 % a donc une valeur ajoutée de 4.

Depuis quatre ans, seuls quelques lycées sont constamment dans le haut du tableau de ce point de vue. En effet, de nombreux établissements peuvent afficher une excellente valeur ajoutée une année et une bien moins bonne l'année suivante. Parmi ceux qui se démarquent dans la durée sur cet indicateur, le lycée (public) Paul-Éluard de Saint-Denis (93), le lycée (public) du Fium'Orbu de Prunelli di Fiumorbo (Corse), le lycée (privé sous-contrat) Alliance des Pavillons-sous-Bois (93) et le lycée (privé sous-contrat) Sainte-Marie-La Grand'Grange de Saint-Chamond (42). Retour sur leur réussite.

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1. Le lycée Paul-Éluard crée un “cercle vertueux”

Ce sont des lycées comme Paul-Éluard, à Saint-Denis, que les IVAL souhaitent mettre en avant : un établissement qui accueille une majorité (55 %) de jeunes de milieux socio-économiques défavorisés et qui fait réussir ses élèves davantage que ce à quoi nous pouvons nous attendre. Ainsi, le taux de réussite au bac de cet établissement affiche 90 % (sur 452 candidats), pour un taux attendu de 82 %. Le lycée public se classe 138e au palmarès 2017 de l'Etudiant sur près de 2.300 établissements, faisant ainsi partie des 6 % des meilleurs lycées en termes d'IVAL (les différences sont minimes entre les lycées à la position proche dans le palmarès). "Cela fait plusieurs années que nos résultats sont au-dessus de ceux qui sont attendus, se félicite le proviseur, Bruno Bobkiewicz. Cela montre que l'établissement produit des effets positifs sur les élèves."

Cette reconnaissance ancienne de la qualité du lycée est d'ailleurs une des raisons de sa réussite actuelle. "C'est un cercle vertueux : les familles et élèves ont envie de venir au lycée car nous avons bonne presse. Et comme ils sont contents d'être là, ils se mettent une pression positive pour réussir, en se disant qu'ils sont dans un bon établissement qui peut le leur permettre", explique le proviseur. 

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D'autres facteurs expliquent les bons résultats de Paul-Éluard, tels que la stabilité de l'équipe pédagogique : les enseignants du lycée sont là depuis plusieurs années. "Les profs s'engagent sur des projets, évaluent les pratiques et tirent des enseignements de ce qui a fonctionné ou pas les années précédentes. Les professeurs restent par choix, par engagement. C'est le critère numéro un de notre réussite", estime le proviseur.

Le lycée propose également du tutorat, de l'aide aux devoirs, des clubs artistiques et culturels.

La vingtaine de partenariats (associations, collectivités…) mis en place offre également une ouverture aux élèves. "Ce n'est pas le cœur du métier d'enseignant, mais nous pensons que c'est important. Le lycée n'est pas seulement un lieu d'apprentissage, c'est aussi un lieu de vie", souligne Bruno Bobkiewicz. En somme, ce sont "plusieurs facteurs qui se cumulent positivement". Et le proviseur d'insister : "C'est avant tout la réussite des élèves plutôt que celle du lycée, le mérite leur revient." 

2. Le lycée du Fium’Orbu cultive un “climat serein et bienveillant”

Le cadre de vie : voilà le point fort du lycée du Fium'Orbu, à Prunelli di Fiumorbo, dont le taux de réussite au bac (97 %, sur 96 candidats) est de 6 points supérieur au taux attendu. Il se classe à la 171e position du palmarès de l'Etudiant.

Créé en 2005, l'établissement propose des équipements très modernes : piscine couverte de 25 mètres, gymnase, amphithéâtre pour des ateliers théâtre ou accueillir des intervenants, stade de sport interne, de grandes salles de classe… "Les élèves sont respectueux de ce lieu, ils se l'approprient, restent souvent après les cours, raconte Véronique Micheli, proviseure du lycée. Je suis convaincue que le bâtiment a un rôle déterminant dans la réussite des élèves. Le climat est paisible, toutes les personnes qui viennent en visite nous le disent. Par exemple, les élèves laissent souvent leur sac avec leur téléphone à 600 € à l'intérieur et il n'y a jamais de vol."

Situé en milieu rural, ce lycée a comblé un manque pour les familles. "Auparavant, il n'y avait pas de lycée à moins de 100 kilomètres", se rappelle la proviseure. Il a ainsi été pensé en collaboration avec la population. "Nous avons créé une culture commune", assure Véronique Micheli.

En outre, l'établissement propose du soutien scolaire gratuit pendant les vacances, a mis en place de nombreux partenariats avec des associations, des entreprises, l'université de Corse, accueille souvent des classes étrangères (danoises, italiennes…) dans le cadre d'échanges et complète régulièrement son offre de formation pour améliorer encore son attractivité. Résultat : "Nous manquons de places ! Nous avons commencé avec 250 élèves en 2005, aujourd'hui nous en sommes à 400", indique la proviseure.

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3. Le lycée Alliance fait des parents des partenaires

La spécificité du lycée privé Alliance, aux Pavillons-sous-Bois, est la collaboration étroite entre l'équipe pédagogique et les parents. "Les familles adhèrent au projet d'établissement et en sont les partenaires", explique la proviseure, Sarah Attias. Conséquence, en 2016 : 100 % de réussite au bac, les 66 candidats ayant obtenu leur diplôme (taux attendu de 96 %), et une 213e place au palmarès de l'Etudiant.

Les familles et le personnel du lycée se connaissent et se côtoient régulièrement : le lycée fait en effet partie d'un groupe scolaire allant de la maternelle à la terminale. "Les élèves qui restent 12 ans, nous les connaissons bien. Et comme les enseignants sont là depuis longtemps, ils ont, eux aussi, une bonne connaissance des élèves", souligne Sarah Attias.

Le lycée peut alors proposer des dispositifs précis en fonction des élèves. "Par exemple, nous avons une classe qui a des difficultés importantes en français. Nous avons mis en place un accompagnement spécifique : une heure par semaine, ces élèves ont un module supplémentaire sur la maîtrise de la langue." Des pratiques qui peuvent se réaliser plus facilement lorsque le lycée a l'accord des parents, estime la proviseure : "Les familles acceptent que leurs enfants restent parfois plus longtemps au lycée. Il y a une relation de confiance et une démarche de concertation, de coconstruction."

4. Le lycée Saint-Marie-La Grand’Grange mise sur le “côté humain”

Au lycée privé Sainte-Marie-La Grand'Grange de Saint-Chamond, le principal facteur de réussite se situe dans l'accompagnement personnalisé des élèves. "Il y a un suivi assez poussé et pas seulement sur le plan scolaire, explique Robert Mounier, directeur adjoint de l'établissement que le palmarès de l'Etudiant place à la 271e position. Nous portons une attention particulière aux jeunes qui sont en détresse morale, affective. Nous sommes là pour les encadrer dans ces moments-là."
Les élèves sont issus de milieux sociaux différents, même si "ce ne sont toutefois pas les mêmes catégories sociales qu'en banlieue lyonnaise ou parisienne", admet le directeur adjoint.

En outre, ils sont relativement peu nombreux (360) ce qui permet ce suivi personnalisé. "Nous faisons du sur-mesure, souligne Robert Mounier. Ce côté humain joue beaucoup : nous avons une vraie vigilance pour nos jeunes. Quand ça ne va pas, on cherche vraiment des solutions." Pour cela, les échanges sont nombreux entre les enseignants, le personnel du lycée et les familles. Les résultats sont là : 95 % de réussite (sur 93 candidats) au bac en 2016.