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Prépas ECP, ECT et TSI : un accès aux grandes écoles pour les bacs pro

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Le lycée René-Cassin de Strasbourg (67) a lancé en 2009 la première classe préparatoire spéciale "bacs pro". // © photo fournie par l'établissement
Le lycée René-Cassin de Strasbourg (67) a lancé en 2009 la première classe préparatoire spéciale "bacs pro". // © photo fournie par l'établissement

Depuis 2009, quatre classes préparatoires réservées aux bacheliers professionnels ont ouvert leurs portes en France. En trois ans, elles préparent les diplômés de la filière pro aux concours des écoles de commerce et d’ingénieurs. Les résultats des premières promotions sont encourageants.

En 2009, la première classe préparatoire spéciale "bacs pro" a été lancée au lycée René-Cassin de Strasbourg (67). Depuis, trois autres prépas ont ouvert leurs portes. D'une durée de trois ans contre deux pour les CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) "standards", elles préparent chaque année les bacheliers professionnels aux concours d'entrée aux grandes écoles.

D'un côté, les prépas ECP ou ECT (économique et commerciale, option technologique, voie professionnelle) mènent aux concours des écoles de commerce, de l'autre, les prépas TSI (technologies et sciences industrielles), faites pour ceux qui souhaitent intégrer une école d'ingénieurs.

Les prépas pour les filières pro
Prépas ECP ou ECT pour entrer en école de commerce Prépas TSI pour entrer en école d'ingénieurs
Établissement Lycée René-Cassin Lycée Jean-Perrin Lycée Henri-Parriat Campus Emmanuel-d'Alzon
Ville
Strasbourg (67) Marseille (13) Montceau-les-Mines (71) Nîmes (30)
Date d'ouverture 2009 2011 2010 2013

Une prépa en 3 ans

Les prépas ECT/ECP ou TSI pour bacheliers pro s'effectuent en trois ans. Le début de la formation permet combler les lacunes des élèves. "Durant la première année, on met l'accent sur les maths, le français et l'anglais, précise Marc Aubert, proviseur du lycée Henri-Parriat de Montceau-les-Mines (71).

"Le but est qu'en fin de deuxième année de prépa ECT, un bachelier professionnel possède un niveau équivalent à celui d'un bachelier généraliste qui sort d'une première année de prépa", explique de son côté Ivan Deydier, proviseur du lycée Jean-Perrin de Marseille (13). Au final, les programmes des prépas ECT ou TSI et des CPGE se recoupent.

Connaissances et motivation requises

L'inscription en prépa se fait sur le site Admission Post Bac. Vous saisissez vos notes et constituez votre dossier. Ensuite, l'établissement concerné fait son choix parmi les candidatures reçues. "Nous recevons entre 80 et 100 dossiers par an, précise Catherine Martz, proviseure adjointe du lycée René-Cassin de Strasbourg. Nous en retenons de 22 à 24."

Certaines conditions sont indispensables pour intégrer et réussir ces prépas. Ivan Deydier précise qu'il vaut mieux posséder "un socle raisonnable de connaissances". Les étudiants de sa prépa ECT/ECP ont presque tous suivi un bac pro du secteur tertiaire. "Nous recevons principalement des candidatures de bacheliers professionnels ‘commerce’, ‘vente’, ‘comptabilité’ ou ‘secrétariat’".
Dans la prépa ECT du lycée René-Cassin de Strasbourg, les bacheliers professionnels d'autres spécialités ne sont pas refusés mais restent peu nombreux. "En trois ans, nous n'avons accueilli qu'un seul bachelier pro issu d'une spécialité industrielle", indique Catherine Martz, la proviseure adjointe.

S'il est important d'avoir un bon niveau, la mention n'est en revanche pas obligatoire pour accéder à la prépa. "On peut très bien être admis avec 12/20 de moyenne générale", rassure Marc Aubert. Le lycée Henri Parriat accepte exclusivement des bacheliers professionnels des spécialités industrielles, car ils sont "déjà familiarisés avec le domaine industriel", indique le proviseur. Au lycée René-Cassin, ce qui compte surtout, c'est d'être "motivé" et de ne pas avoir peur "de faire de longues études".

Un accès aux grandes écoles, mais pas seulement…

Les deux classes préparatoires ECP et ECT des lycées René-Cassin et Jean-Perrin préparent les bacheliers professionnels du tertiaire aux concours des grandes écoles de commerce et de management. "C'est l'objectif de tous les élèves, insiste Catherine Martz. Cependant, les étudiants qui le souhaitent peuvent rejoindre en cours de cursus l'université de Strasbourg". Un étudiant en difficulté peut également être admis en BTS (brevet de technicien supérieur) à l'issue de sa première année.

Même chose du côté du lycée Jean-Perrin de Marseille. "Grâce à des conventions signées avec la fac d'Aix-Marseille, l'élève peut bénéficier d'une dérogation pour entrer en deuxième année de licence", explique Ivan Deydier, proviseur de l'établissement.

Au lycée Henri-Parriat, les élèves de prépa TSI qui abandonnent en cours de route ont également des alternatives. "Ils peuvent obtenir des crédits ECTS en fonction de leurs résultats et se réorienter en DUT (diplôme universitaire de technologie) ou en licence", rassure Marc Aubert, proviseur du lycée.

Des résultats prometteurs

Depuis 2009, trois promotions ont terminé le cursus et passé les concours d'entrée aux écoles. Leurs résultats sont très positifs. Au lycée René-Cassin de Strasbourg, les deux premières promotions ont fait un sans faute. "100 % de nos étudiants ont réussi un concours en 2012 et 2013. Ils ont été admis à l'EM Strasbourg, l'IDRAC Montpellier, l'ESC Chambéry (rebaptisée INSEEC Alpes-Savoie, NDLR) ou encore à l'ESC Troyes", se félicite Catherine Martz.

Au lycée Henri-Parriat, les résultats de la première promotion de la prépa TSI (2010-2013) sont aussi notables. "Sur 14 étudiants admissibles en école d'ingénieurs, 13 ont été admis", se réjouit le chef d'établissement, Marc Aubert. Les heureux élus ont intégré l'ISAE, Centrale Nantes, les Mines de Saint-Etienne, l'EIL Côte d'Opale, Télécom Saint-Etienne, Polytech Nice, Arts et Métiers ParisTech, l'ESIX, l'ENSISA, l'ENSMM et l'ESTIA.

Des résultats prometteurs qui font des émules : en septembre 2013, une deuxième prépa TSI pour bacs pros a vu le jour à l'Institut Emmanuel d'Alzon de Nîmes (30).