1. Le CAP bijouterie-joaillerie selon Lucile
Portrait

Le CAP bijouterie-joaillerie selon Lucile

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Lucile, 21 ans, vient de valider son CAP Arts et techniques de la bijouterie-joaillerie à l’Ecole privée de la rue du Louvre (Paris). A la veille de sa rentrée en BMA (brevet des métiers d’art), elle nous raconte son choix d’orientation, étonnant après un bac S, sa passion pour l’art du bijou, ses projets d’avenir et nous ouvre les arcanes d’une formation très technique.

Alors qu'elle est en première S au lycée Auguste-Loubatières à Agde (Hérault), Lucile vit sa "révélation" pour la joaillerie en feuilletant un guide des métiers de l’artisanat. "Au lycée, la plupart des profs ne comprenaient pas mon choix d’orientation, retrace-la jeune femme. A l’exception de certains qui, comme ma prof de SVT, trouvaient l’idée séduisante, leurs réflexions étaient du genre : "Es-tu sûre qu’il n’y a pas d’autres moyens ?" ! Mais je savais ce que je voulais et quelle était la meilleure façon d’apprendre. Alors, qu’importe le grade du diplôme dans la hiérarchie de l’Education nationale."
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Lucile a toujours eu un penchant pour l’artisanat d’art. Elle a ainsi un temps songé à la restauration d’œuvres anciennes, mais cela, d'après elle, ne laisse pas assez de place à "l’expression personnelle". "La joaillerie en revanche, allie tout ce que j’aime : le travail manuel, la création, la mode et une certaine part de rêve, explique-t-elle. Il y a quelque chose de magique à façonner l’objet de son imagination à partir d’une simple plaque de métal."

Admission sur concours


Après s’être renseignée sur Internet mais aussi auprès de professionnels, elle s’intéresse à deux établissements parisiens qui recrutent sur dossier et concours : l’Ecole Privée de la Bijouterie-Joaillerie (rue du Louvre) et le lycée professionnel Nicolas-Flamel, rattaché à l’Ecole Boulle. "Je ne me sentais pas prête pour l’apprentissage dans un CFA, tandis que ces deux formations ont une excellente réputation", argumente-t-elle en premier.

Principales différences : outre les frais de scolarité de l’Ecole privée (4.090 € à 6.050 € par an en fonction des revenus des parents), Nicolas-Flamel permet, comme d’autres établissements de province, un cursus de CAP réduit sur un an pour les bacheliers. Mais, l’année de son bac (mention très bien), mauvaise surprise : elle échoue aux épreuves d’admissibilité.

26 élèves du CAP sur 30 ont leur bac



Déterminée à rejoindre l’une de ces écoles, elle décide de consacrer l’année suivante à la préparation des concours, entre cours de dessin et stages chez des artisans bijoutiers. Pour sa deuxième tentative, Lucile est admise à l’Ecole privée de la rue du Louvre, mais elle arrive en mauvaise position sur liste d’attente à l’Ecole Boulle/Nicolas-Flamel. "Au moins, je n’ai pas eu à choisir, ironise-t-elle. Même si j’aurais probablement donné préférence à mon école en raison de son historique, de ses liens étroits avec l’Union française de la bijouterie et de son solide réseau professionnel."

Rentrée en septembre 2008, Lucile fait partie d’une promotion de 30 élèves (deux classes de 15) dont 26 bacheliers, avec un ratio filles/garçons de deux tiers/un tiers. Bien dans ses études et toujours aussi passionnée par la joaillerie, elle s’apprête à effectuer un BMA (brevet des métiers d’arts) dans la même école, pour les deux années à venir. Comme elle, d’autres élèves ont aussi passé un bac S : "comme quoi, mon parcours est original, mais ce n’est pas une exception !"
Sommaire du dossier
Entre modernité et tradition : l’artisanat au service du luxe L’univers du bijou, « notre dénominateur commun » au sein du CAP Un BMA art du bijou et du joyau pour intégrer un atelier de joaillerie