Comment trouver le bac pro idéal pour vous

Par Isabelle Dautresme, publié le 26 Février 2016
7 min

Vous souhaitez vous orienter en voie professionnelle, mais quelle filière choisir ? Et dans quel lycée vous inscrire ? Voici (au moins) trois bons réflexes pour vous mettre sur la voie qui vous correspond le mieux.

Des logiciels pour vous aider à y voir plus clair

Vous n'avez pas le niveau pour passer en 2nde générale et n'avez aucune idée de ce que vous voulez faire plus tard ni dans quelle filière vous orienter ? Ne restez pas tout seul avec vos interrogations et vos doutes. Parlez-en au COP (conseiller d'orientation psychologue), à votre professeur principal, au principal de votre collège... ils sont là pour vous aider à y voir plus clair.

Première étape : repérer vos centres d'intérêt, vos points forts et les faire correspondre à un choix d'orientation. Pourquoi pas utiliser un logiciel d'orientation ? Paulo De Abrey, professeur principal de 3e au collège Jean Moulin à Chaville (92) a recours à des questionnaires élaborés par des conseillers d'orientation (logiciel GPO2). "Les élèves complètent successivement deux questionnaires qui, s'ils le font sérieusement - ce qui est généralement le cas -, leur permettent de mieux cerner leur profil : sportif, scientifique, littéraire…" explique le jeune professeur principal et "parfois les élèves sont surpris du résultat. Ils ont une image pas toujours très juste d'eux-mêmes !" s'étonne-t-il. À chaque profil correspond une liste de métiers. Ce travail sur les centres d'intérêt de l'élève est complété par un entretien avec le professeur ou un conseiller d'orientation.

Pour Geneviève Mikulaniec, inspectrice chargée de l'information et de l'orientation à la direction académique du Nord (59), le principal intérêt de ces logiciels d'orientation, c'est d'aider l'élève à verbaliser ce qu'il aime et ce qu'il n'aime pas. "Les réponses aux questions posées dans le test permettent d'amorcer une discussion avec le jeune" explique l'inspectrice. Mais attention, ces tests sont un outil parmi d'autres et n'ont d'intérêt que s'ils sont complétés d'un entretien avec un professionnel de l'orientation : votre professeur principal, le conseiller d'orientation psychologue (COP) de votre collège. Armez-vous de patience, il n'est, en effet, pas toujours simple d'obtenir un rendez-vous avec les COP - ceux-ci étant généralement présents seulement une demi-journée par semaine dans les établissements - ou du centre d'information et d'orientation (CIO) de votre secteur. L'objectif ? Avoir une vue d'ensemble de la voie professionnelle : quelles formations sont susceptibles de vous convenir. "L'idée étant de faire émerger un projet et de s'assurer qu'il est en cohérence avec les résultats scolaires de l'élève", explique Geneviève Mikulianec.

Dans la mesure du possible, allez seul à cet entretien avec le COP, sans vos parents. "Il ne faut pas sous-estimer l'auto-censure des collégiens qui n'osent pas toujours formuler leurs souhaits, leurs désirs voire même leurs goûts parce qu'ils ont conscience d'aller à l'encontre des désirs de leurs parents. Le face-à-face : élève - conseiller d'orientation est généralement plus riche", explique l'inspectrice. " L'élève doit être au centre de la décision d'orientation, il faut le plus possible qu'il s'approprie son projet".


Journées portes ouvertes

Vous avez un projet, vous avez défini la ou les filières dans lesquelles vous envisagez éventuellement de poursuivre votre scolarité. Il vous faut maintenant absolument vous rendre aux journées portes ouvertes des établissements qui vous intéressent – vous trouverez le calendrier de ces journées au CIO.

Faites-vous aider de votre professeur principal, du COP ou de vos parents pour dresser la liste des lycées que vous souhaitez visiter, sachant que vous ne pourrez pas vous rendre dans tous les établissements. Le bon nombre ? Autour de cinq, conseille Geneviève Mikulianec.

Ces journées portes ouvertes sont l'occasion de vous faire une idée plus précise de la voie professionnelle et surtout de rencontrer des jeunes qui pourront témoigner de leur propre expérience. C'est lors d'une de ces journées que Camille, ancienne élève en prothèse dentaire au lycée Pierre Mendes France de Vic-en-Bigorre (60) a réalisé que la filière optique qu'elle visait n'était finalement pas pour elle : "J'ai rencontré des élèves et des professeurs. Ils m'ont dit que pour réussir, il fallait être fort en maths. Or, moi, je déteste les maths et puis les matières professionnelles de l'optique ne correspondaient pas à ce que j'imaginais". Elle a changé son fusil d'épaule et opté finalement pour la filière prothèse dentaire.

Éric Blum, ancien proviseur du lycée professionnel Les frères Moreau à Quincy-sur-Sénart (91) conseille aux collégiens qui viennent visiter son établissement lors des journées portes ouvertes "de poser des questions très concrètes aux enseignants et aux élèves qu'ils rencontrent du type : "Qu'est-ce qu'on fait réellement dans les ateliers ? Comment les journées s'organisent-elles ? Combien y-a-t-il de stages et comment se passent-ils ?", précise le proviseur.

Arrangez-vous également pour vous retrouver seuls avec des élèves du lycée que vous visitez, c'est-à-dire en dehors de la présence de professeurs, pour leur demander ce qui leur plaît mais aussi ce qui leur déplaît dans leur lycée. Pourquoi ils ont choisi cette filière plutôt qu'une autre et ce qu'ils comptent faire après leur bac, arrêter ou poursuivre leurs études. Vous voyez-vous passer trois années dans ce lycée ? Vous imaginez-vous à la place des élèves qui sont en face de vous ? "Il faut qu'au final, les jeunes aient envie de venir même si, a priori, ce n'est pas l'orientation dont ils rêvaient", insiste Eric Blum. "S'ils viennent contraints et forcés, l'orientation a toutes les chances d'échouer", met en garde le proviseur.


Cap sur les mini-stages

Si vous en avez la possibilité, demandez à faire des mini-stages (une demi-journée à une journée) dans les lycées professionnels que vous visez. "Lors de ces mini-stages, chaque collégien est pris en charge par un élève du lycée visité. Il l'accompagne dans les activités de la demi-journée, échange avec lui, le conseille, répond à ses questions… Un bon moyen d'appréhender la spécificité de l'enseignement professionnel. Les élèves qui choisissent de participer à ces mini-stages sont parfois étonnés de découvrir des machines, des lits d'hôpitaux dans l'enceinte du lycée. Ils prennent vraiment conscience que les cours sont nettement moins théoriques dans la voie professionnelle qu'au collège" explique Paulo De Abrey qui conseille à tous ses élèves y compris à ceux qui comptent aller en seconde générale et technologique de participer à ces mini-stages. Bruno Siour, principal du collège Claude lévi-Strauss à Lilles (59) ne dit pas autre chose : "Les mini-stages sont un excellent moyen de lutter contre les représentations quitte à ce qu'ils conduisent à un changement de projet de l'élève".

Et si après avoir visité des lycées professionnels et avoir participé à des mini-stages, vous vous dites que vraiment la voie professionnelle ne vous convient pas ? Dans ce cas, vous n'avez plus qu'une seule solution : redoubler d'efforts pour obtenir un passage en seconde générale et technologique et y réussir !

Attention à bien distinguer l'orientation et l'affectation
Ce n'est pas parce qu'un élève a obtenu l'orientation dans la filière qu'il souhaite, qu'il y sera automatiquement affecté. L'affectation dépend en effet des capacités d'accueil et de l'offre de formation. Certains bacs pros sont très demandés tels que hôtellerie ou arts graphiques.

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