Classement 2020 des lycées : l’accompagnement des élèves, un enjeu de taille

Par Thibaut Cojean Julien Toury, publié le 18 Mars 2020
7 min

Malgré les circonstances exceptionnelles liées à la crise sanitaire du coronavirus, l’Etudiant a choisi de publier comme prévu son palmarès des lycées 2020. Cette année, un critère prend de l’importance : celui de l’accompagnement des lycéens, désormais pris en compte de la seconde au bac, et non plus à partir de la première.

Sur quels critères choisir un bon lycée, adapté à ses besoins ? "Ce qu’on attend, c’est un établissement qui prend tous les élèves et les accompagne jusqu’à la fin de la terminale." La réponse d’Elizabeth Marsan, porte-parole de la fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep) veut tout dire : le taux de réussite ou le taux de mentions ne sont pas des éléments essentiels dans le choix d’un lycée.

Lire aussi

L’accompagnement, aussi important que la réussite au bac

"Sans accompagnement, on risque le décrochage scolaire, alerte la porte-parole. Les élèves vont au lycée, mais ne réalisent pas l’importance des études. Ils attendent que ça passe." Dans le classement des lycées 2020 de l’Etudiant, l'"indice de stabilité" représente justement "la probabilité qu’un élève obtienne le baccalauréat à l’issue d’une scolarité entièrement effectuée dans le lycée", selon la définition de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp). C’est cet organe du ministère de l’Éducation nationale qui fournit chaque année aux médias, dont l’Etudiant, les indicateurs de valeur ajoutée des lycées (Ival) permettant d’établir des classements selon notre méthodologie propre.

Comme chaque année, au-delà du taux d’accès, les Ival s’attardent également sur le taux de réussite des établissements au bac, le taux de mentions (la part de bacheliers ayant eu mention assez bien ou plus), la capacité à faire progresser et à faire briller les élèves. Pour ces deux derniers critères, la Depp compare les résultats obtenus au bac avec ceux qui étaient attendus, estimés sur la base des profils sociaux-culturels des élèves et de leurs notes au collège. Dans notre classement, tous les critères ont le même poids.

Lire aussi

Accompagner dans le choix des spécialités

La nouveauté de 2020, c’est que le taux d’accès démarre à présent à partir de l’année de seconde, et non plus de celle de première. Cela permet de mieux prendre en compte les réalités de terrain et d’adapter les indicateurs à la réforme du lycée, qui demande désormais aux élèves de choisir des enseignements de spécialité en première et en terminale. "Les lycées offrent à peu près tous les mêmes spécialités, mais les choix de triplettes ne sont pas les mêmes", regrette Elizabeth Marsan, qui estime que "cela pourrait devenir un critère de choix d’un lycée".

De fait, aider les élèves à choisir leurs spécialités est un élément central de la politique d’accompagnement. "Nous proposons les 7 spécialités courantes, témoigne Nicole Ozeray, proviseure du lycée Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois (93). Si un élève demande une spécialité qui ne lui convient pas, on essaie de dialoguer avec la famille." Son lycée présente le meilleur indice de stabilité de notre classement. C’est donc celui qui accompagne le mieux ses élèves de seconde, de première et de terminale jusqu’au bac.

Lire aussi

Communiquer avec les familles

Pour la proviseure, cela fait partie intégrante de la vie du lycée. "Les professeurs font attention à ne jamais fermer la porte aux élèves, ils les aident, ils ne comptent pas leur temps. Cet accompagnement fait la différence."

Ce qui se ressent sur les résultats : le lycée Alfred Nobel obtient 20/20 en capacité à faire progresser et faire briller ses élèves. Ce que ne laissait pas présager le profil des élèves, qui "n’ont pas accès aux mêmes ressources que dans les territoires privilégiés, poursuit la proviseure. Et on a de l’absentéisme, pour différentes raisons, notamment des problématiques familiales et individuelles".

La valeur ajoutée vient donc de la stabilité de l’équipe pédagogique : "Garder les mêmes professeurs aide beaucoup les élèves, et la communication est importante. Ils peuvent parler de leurs doutes et de leurs difficultés. Les familles aussi font confiance aux professeurs."

Lire aussi

Ne laisser personne de côté

Autre exemple au lycée Louise Michel de Bobigny (93), classé premier dans la capacité à faire briller les élèves. Ici aussi, l’accompagnement joue un rôle majeur. "Nous avons mis en place un dispositif d’accompagnement individuel et pédagogique pour identifier les élèves en difficulté, que ce soit en langues ou en mathématiques, afin de leur donner toutes leurs chances, témoigne le proviseur, Naji Achour. Notre objectif est de ne pas laisser des élèves de côté, avec une mise en avant des difficultés". Pour cela, il peut compter sur "une équipe motivée et stable, avec un faible turn-over".

Enfin, dans certains cas, comme au lycée Toulouse-Lautrec de Vaucresson (92), l’accompagnement est indispensable. "Les deux tiers de nos élèves sont en situation de handicap moteur", indique le proviseur, Lionel Petit. "Nous ne faisons pas de sélection à l’entrée mais nous accompagnons ces jeunes pour qu’en trois ans, ils obtiennent un diplôme et soient autonomes en accédant au supérieur." Ici, l’accompagnement est double : pédagogique et médical, puisque le lycée accueille une structure de soins, dont le personnel travaille de près avec le corps enseignant.

Une politique payante : le lycée Toulouse-Lautrec se classe numéro 2 du palmarès 2020 de l’Etudiant, et premier lycée public !

Articles les plus lus

A la Une lycée

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !