Pourquoi écrit-on "elle s’est permis d’entrer" et "elle s’est fait avoir" ?

Par de notre partenaire Projet Voltaire, publié le 17 Janvier 2020
3 min

Même s’ils sont employés avec l’auxiliaire être, les participes passés "permis "et "fait" ne prennent pas ici de "e" final. Surprenant, n’est-ce pas ? Voici un petit récap’ de l’épineuse règle d’accord du participe passé des verbes pronominaux... version 100 % féminine !

Elle s’est permis d’entrer : "s’" est COI, donc on n’accorde pas

Pour ne pas se tromper, on pose la question "Elle a permis à qui ?", "à s’", autrement dit à elle-même. Puisque la question est "à qui ?", "se"est bien COI.

On pourrait dire également que l’on ne "permet pas quelqu’un", on "permet à quelqu’un". Le verbe permettre est transitif indirect : il se construit avec un complément introduit par la préposition "à".

Quand, dans un verbe pronominal, le pronom réfléchi (me, te, se, nous, vous, se) est COI, le participe passé d’un verbe pronominal ne s’accorde pas avec lui. Voilà pourquoi on écrit "Elle s’est permis d’entrer", et, pour les mêmes raisons, "elle s’est lavé les cheveux", "elle s’est brossé les dents"!

Elle s’est fait avoir : "fait" est suivi d’un infinitif, donc on n’accorde pas

Immédiatement suivi d’un infinitif, le participe passé du verbe "faire" est invariable.

C’est pourquoi l’on écrira, par exemple, qu’une touriste s’est fait avoir par un vendeur à la sauvette ; que cette future mariée s’est fait faire une robe sur mesure ; ou encore que cette stagiaire, en raison de ses nombreux retards, s’est fait renvoyer.

La même règle s’applique lorsque le verbe n’est pas à la forme pronominale. Exemple : les stagiaires qu’elle a fait embaucher.

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