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Lycéens, investissez-vous dans le journal de votre école

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Vous avez des opinions sur les médias, la politique, les faits de société… Et si vous montiez, avec d’autres élèves, un journal lycéen pour exprimer vos points de vue ? L'Etudiant vous donne quelques conseils pour concrétiser votre projet.

Le P'tit Luther, le Héron déplumé, la Terre en Thiers. Ces noms ne vous disent rien ? Ce sont ceux de journaux lycéens derrière lesquels se cachent des centaines d'élèves qui se creusent la tête et s'affairent pour assurer leur publication. Comme un écho au Monde, à Libération, à Ouest France... "Ils veulent réagir à ce qui se passe dans les médias actuels. Ils ont envie d'avoir leur mot à dire dans la société", affirme Édouard Daniel, président de l'association Jets d'encre, qui encourage la presse d'initiative jeune.


Monter son équipe rédactionnelle

 

L'aventure vous tente ? Commencez par faire circuler l'information, via la vie scolaire, le FSE (foyer socio-éducatif) ou une tournée dans les classes. Dix rédacteurs, c'est une bonne moyenne pour commencer. Sur le site Internet de Jets d'encre, vous trouverez des clés pour réussir votre journal et des "kits" ou des guides de formation. "En aucun cas, nous ne sommes là pour imposer notre vision des choses. Le journal doit être dans l'esprit des rédacteurs", précise Édouard Daniel.

Parfois, la direction de l'établissement peut se montrer réfractaire au projet. Être encadré par un enseignant, même si ce n'est pas obligatoire, peut aider à faire accepter l'idée. Kaboom, le mensuel du lycée Blaise-Pascal de Brie-Comte-Robert (77), bénéficie de l'appui de la documentaliste. Perrine, 17 ans, en terminale S, rédactrice en chef depuis un an et demi, raconte : "C'est une amie qui a pris la décision, en 2011, de relancer le journal, arrêté en juin 2010. Le premier numéro est sorti en mai 2011. Nous avons été très bien accueillis par les profs. La direction commence à nous apprécier, mais, au début, c'était un peu tendu. La proviseure voulait être directrice de publication."


Définir la ligne éditoriale
  

S'il peut y avoir des rédacteurs "tournants", les postes à responsabilités sont définis, en fonction des envies de chacun. Un rédacteur en chef, un directeur de publication, un maquettiste doivent donc figurer dans l'organigramme, avant de réfléchir à la ligne éditoriale : comment veut être notre journal ? ("Engagé et satirique" pour Kaboom.) A-t-il envie de développer un point de vue national, international ? Sera-t-il mensuel, trimestriel ? Gratuit ? Les règles juridiques et déontologiques sont aussi à connaître sur le bout des doigts. Un des guides de formation de Jets d'encre y est justement consacré.


Trouver le temps et l'argent

Côté technique, soit l'établissement met à disposition une salle, du matériel et prend en charge l'impression, soit les élèves doivent rechercher des financements et peuvent alors se tourner vers la maison des lycéens, le FSE ou le CVL (conseil de la vie lycéenne). Le journal peut aussi être vendu. "L'an passé, on vendait Kaboom 10 centimes. Cette année, on a opté pour la gratuité, on a doublé la diffusion, passant à 300 exemplaires, dont l'impression est financée par le FSE. Mais on réfléchit actuellement à un système d'abonnement", note Perrine. Enfin, il est possible de solliciter le fonds de vie lycéenne, au niveau académique, ou la mairie de sa commune. "C'est un peu de l'économie sociale et solidaire !" sourit Édouard Daniel.


Interviewer et rédiger

Une fois que tout est calé, la machine peut s'enclencher. Dans Kaboom, on parle culture et politique, de manière subjective. Les journaux lycéens ne se focalisent pas sur le nouvel enseignant ou l'état des menus à la cantine ! En 2012, la politique et l'après-Printemps arabe ont fait courir la plume des jeunes. "On a sorti un numéro spécial pour les présidentielles", se souvient Perrine. L'équipe de Kaboom, composée de huit élèves de terminale, trois de première et six de seconde, a également tablé sur la déclinaison d'un grand thème par mois, souvent un fait de société. On y trouve aussi des dossiers plus légers, comme un guide de survie pendant la rentrée et une rubrique culture. Les articles sont souvent rédigés via des données lues, vues ou entendues. "C'est compliqué de contacter des gens, étant donné nos délais", précise Perrine.


Découvrir sa vocation... ou pas

Car un mois, c'est court, alors il faut être prêt à s'investir à fond. L'idéal est d'avoir une heure banalisée dans l'emploi du temps, mais cela n'est pas toujours possible. Après s'être réunies le mardi soir, puis le mercredi après-midi, au lycée, et enfin le samedi après-midi chez l'un des rédacteurs, Perrine et son équipe ont demandé à être prioritaires à la cantine, le vendredi, pour se voir à l'heure du déjeuner.

"On passe aussi beaucoup de temps sur Facebook où nous avons créé un groupe pour échanger", souligne la lycéenne, qui apprécie cette expérience. "Ma fonction de rédactrice en chef m'oblige à gérer une équipe, à corriger des copies, à être vigilante sur ma propre écriture... C'est très enrichissant, ça apporte de la maturité." Alors, la future bachelière qui ne se rêvait pas journaliste, s'y verrait bien. Ses participations au festival Expresso (qui rassemble 300 journalistes jeunes pour monter un journal en quinze heures), au concours Varenne ou sa visite à l'Humanité ne lui feront pas dire le contraire. "Exprimer le fond de ma pensée, être toujours au fait de l'actualité, c'est ça aussi qui m'intéresse", lâche celle qui a un petit faible pour les billets d'humeur.

"Souvent, les journalistes lycéens sont des jeunes qui continuent leur études, sont engagés, participent à la vie citoyenne et conservent cette fibre-là", indique Édouard Daniel. Le but d'un lycéen journaliste n'est donc pas d'être un apprenti journaliste, mais bien de s'exprimer via un support. "C'est un rôle d'éducation aux médias par la pratique des médias", conclut le président de Jets d'encre, qui, avec le ministère de l'Éducation nationale, a mis en place une campagne d'incitation à la création de journaux lycéens. Alors, à vos claviers.
 

La Semaine de la presse dans l'école
Chaque année, au printemps, vos professeurs sont invités à participer à la Semaine de la presse et des médias dans l'école. L'objectif ? Vous aider à comprendre le système des médias, à former votre jugement critique et à développer votre goût pour l'actualité. La prochaine édition aura lieu du 25 au 30 mars 2013.

 

Le concours Varenne
Organisé par le CLEMI (Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information), la fondation Varenne et l'association Jets d'encre, le prix Varenne est ouvert à tous les journaux écoliers (papier et en ligne), réalisés dans les collèges, lycées ou établissements médicaux. De novembre à avril, c'est la phase académique. Un jury sélectionne les journaux qui participeront à la phase nationale, d'avril à juin. Journalistes professionnels, représentant de Jets d'encre, du CLEMI, lauréats jeunes, délégués académiques de la vie lycéenne... jugent alors l'identité du journal, l'originalité, la singularité, la maquette, l'iconographie, l'illustration, la rédaction, l'expression, la variété des sujets, le respect des règles de base d'un journal (sources, mentions obligatoires...).
Les finalistes remportent notamment du matériel (appareil photo, dictaphone, ordinateur...) afin d'améliorer les conditions du journal. 

Pour aller plus loin : Journal du collège : tout ce que vous avez à gagner à y participer / L'après-Charlie : malgré les menaces, les journaux lycéens ne se bâillonnent pas / Louis, rédac’ chef du journal lycéen "la Mouette Bâillonnée" : "Le prix Jets d’encre est une revanche face aux harceleurs" / Défi Grandes Écoles : l’Express récompense les journalistes en herbe

Sommaire du dossier
Didier, 17ans, rédacteur en chef du "Pipin déchaîné" : "Parler de la société, ça me plaît"