1. Lycée
  2. Prendre une année sabbatique postbac : et après ?
  3. Jean, 19 ans : "Après cinq mois en Australie, difficile de revenir au train-train quotidien"
Témoignage

Jean, 19 ans : "Après cinq mois en Australie, difficile de revenir au train-train quotidien"

Envoyer cet article à un ami

« Passe ton bac d’abord ». Et après ? Certains bacheliers décident de prendre une année sabbatique avant de se lancer dans les études supérieures. Comment faire en sorte que le retour aux études se passe au mieux ? Quels sont les avantages de ce type d’expérience et les principales erreurs à éviter ? Conseils et témoignages.

Après une année sabbatique - Jean"Je parle anglais, j’ai rencontré plein de gens, j’ai appris plein de trucs. Ce type d'expérience, ça devrait être obligatoire !" affirme Jean Busché. Côté anecdotes d'expériences vécues, le jeune homme de 19 ans est intarissable. Il sait bien que son année sabbatique après le bac l’a fait grandir. Celui qui en avait"ras-le-bol des études" pendant son année de terminale, se dit aujourd’hui remotivé.

Devenir journaliste pour voyager


C’est pour réfléchir à ce qu’il veut faire, prendre l’air et voir du pays que cet élève de terminale ES décide de faire un "break". Bac en poche en juillet 2008, Jean passe l'été à enchaîner des petits boulots dans un hôtel et un restaurant, ce qui lui permet de financer, au moins en partie, ses projets. Puis le jeune homme s’envole pour les pays scandinaves. Une première bouffée d’oxygène d’un mois, qui suffit à dessiner les premiers contours d’un projet professionnel motivant. "J’ai tout de suite aimé voyager. Et je me suis dit que le journalisme serait un bon moyen de continuer à le faire", se souvient-il.

L’inscription à la fac avant l’Australie


Après une année sabbatique - Jean en AustralieJean revient à Annecy… Pour mieux repartir, plus loin et plus longtemps. Mais avant d’entamer son périple de 5 mois en Australie (départ en février 2009), le jeune bachelier finalise son dossier pour la rentrée suivante à la faculté de sciences politiques de Genève. Heureusement, le lycéen a décroché son bac ES avec mention. "C’était plutôt étonnant, car j’ai dû bosser deux semaines avant !"

À la fac après le bac, il aurait pu décrocher


Ses parents sont rassurés. "Même s’ils avaient toujours reconnu l’intérêt de cette année de break pour savoir ce que je voulais faire", assure Jean. Après son dossier d’inscription, c’est son voyage en Australie qu'il a fignolé. "Je voulais d’abord partir au Chili. Mais l’idée d’apprendre l’anglais a joué en faveur de l’Australie. C’est grand, c’est loin. Et la côte Est est vraiment faite pour les jeunes qui prennent un an après le bac."
D’abord tenté de "partir au pair", il s'est tourné vers le wwooffing : accueilli par des agriculteurs australiens, le jeune homme donne de son temps pour participer à différents travaux en échange d’un toit et des repas. Jean est aujourd’hui persuadé que cette expérience était essentielle pour mûrir son projet. L’étudiant estime même que s’il avait été en fac directement après le lycée, il aurait pu décrocher facilement. "J’en avais vraiment marre des programmes imposés, de la rigidité et de l’autorité aussi", confie-t-il.

La motivation est de retour avec le voyageur


Et pourquoi la fac de Genève plutôt que Sciences po en France ? "Je me voyais mal tenter les concours en rentrant d’Australie. De toute façon, je n’aurais pas pu les avoir en rentrant en juillet. Et je me suis dit que je pourrais peut-être tenter le concours de Sciences po Paris après cette année en Suisse." Premier pari gagné, les cours l’intéressent. "La filière que j’ai choisie permet de bien comprendre l’actualité et de développer un bon esprit critique pour devenir journaliste."
Le jeune homme s’est mis sérieusement au travail. Un vrai changement par rapport à son année de terminale. Néanmoins, après le temps de la liberté totale en Australie, l’étudiant constate qu’il n’a pas été simple d’accepter l’idée de repartir dans un "train-train quotidien", comme il l’appelle. "Avant la rentrée, j’étais vraiment mal. Je n’avais pas envie de quitter l’état d’esprit du voyage, où chaque jour apporte son lot de surprises, de rencontres. Et en même temps, j’avais envie de faire des études."

Ne pas prendre d’année sabbatique après le bac : une exception française


Après une année sabbatique - Jean plageTrois mois après la reprise des cours, il lui est parfois difficile de se lever et de fournir la très grande quantité de travail personnel demandé par ses études. Mais Jean positive. "La fac, c’est le seul boulot qui te procure plus de 3 mois de vacances, et qui, dans mon cas, me dirige vers un boulot qui associe travail et voyage !"
Même si aucun de ses amis du lycée n’a pris d’année sabbatique après le bac, l’étudiant ne se sent pas particulièrement original. "En France, comme en Italie, c’est mal vu, parce que c’est rare de le faire. Alors qu’à l’échelle européenne et même mondiale, c’est une exception de ne pas le faire", témoigne le jeune homme. En Australie, Jean a croisé beaucoup de jeunes étrangers de son âge, qu'ils soient norvégiens, suédois, allemands, anglais, et beaucoup d’Israéliens qui prenaient l’air après 3 ans de service militaire obligatoire.
L’étudiant reconnaît avoir eu la pause dont il avait besoin. Mais son échappée a renforcé son envie de voyager. Alors il élabore déjà de nouveaux projets. "Je vais faire une année à l’étranger, le plus vite possible. Peut-être dès l’année prochaine avec Erasmus. Ou alors reprendre une année sabbatique un peu plus tard…" De quoi prendre du recul pour poursuivre ses études et atteindre son but : passer sa vie à voyager. En tant que journaliste.

Pour aller plus loin : Jeunes diplômés : comment valoriser votre année sabbatique / Une année sabbatique au lycée / Comment voyager pas cher ?

Sommaire du dossier
Retour au dossier Comment valoriser son année sabbatique ? Peut-on intégrer un BTS, un DUT ou une filière sélective après un "break" ? Retour aux études : ne ratez pas les dates d’inscriptions ! Jean, 19 ans : "Après cinq mois en Australie, difficile de revenir au train-train quotidien" Sidonie, étudiante anglaise : "Prendre une année sabbatique, c’est beaucoup plus normal en Angleterre"