Débat présidentiel : quelle vision de Macron et Le Pen sur la jeunesse ?

Par Amélie Petitdemange, publié le 21 Avril 2022
7 min

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont débattu, mercredi 20 avril, à quatre jours du second tour de l'élection présidentielle. Les deux candidats ont rappelé leur programme pour la jeunesse et annoncé de nouvelles mesures.

Le débat aura duré trois heures… trois heures durant lesquelles Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont échangé leur projet et leur vision, ce mercredi soir, sur les thèmes du pouvoir d'achat, de l'international, du modèle social, de l'environnement, de la compétitivité et de l'attractivité française, de la jeunesse, de la sécurité, de l'immigration et des institutions.

Sur la question de la jeunesse, le présentateur Gilles Bouleau a interpellé le président-candidat de la République en marche et la candidate du Rassemblement national sur la chute de la France dans les classements internationaux, comme l'emblématique PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves). Comment stopper ce décrochage des élèves français dans les matières fondamentales ?

Remettre des maths jusqu'au bac

Emmanuel Macron, critiqué pour sa réforme du baccalauréat, a annoncé sa volonté de remettre les mathématiques dans le tronc commun en classe de première et de terminale.

Il a par ailleurs rappelé son objectif d'instaurer une demi-heure de sport quotidienne. "Le sport à l’école est un point fondamental", a affirmé le président-candidat, qui souhaite également développer l'éducation artistique et culturelle.

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Dédoubler plus de classes

Emmanuel Macron veut aussi mettre les moyens en sixième et en seconde, des classes "charnières, où les décrochages se font". Objectif : dédoubler les classes "partout où c'est nécessaire". Il entend ainsi continuer le travail opéré en CP et CE1. "L’investissement fait en CP et CE1 a permis pour les enfants de la République les plus en difficulté de rattraper leur retard dans des classes plus petites", a-t-il assuré.

Il veut également améliorer l'orientation dès la cinquième "en permettant dès le collège d’avoir accès à des métiers à l’extérieur pour comprendre ce vers quoi les élèves veulent aller". Enfin, le président-candidat a rappelé sa volonté de "mener une grande réforme du lycée professionnel", qui concerne "un tiers" des lycéens.

Revenir aux anciennes filières

Marine Le Pen a quant à elle regretté la dévalorisation des diplômes et notamment du baccalauréat. "Je veux refaire du bac un examen ou l’on ne détermine pas à l’avance à combien on va le donner", a lancé la candidate du Rassemblement national, qui plaide pour un retour des anciennes filières.

Elle souhaite par ailleurs que "les élèves arrivent en sixième en maîtrisant la langue française", grâce à des efforts sur les savoirs fondamentaux en primaire.

Elle a ensuite déplacé le débat vers "la sécurité, la discipline et le respect des professeurs à l'école". Marine Le Pen a ainsi affirmé que "des classes entières sont persécutées par quelques individus". La candidate souhaite rétablir l'ordre, "quitte à ouvrir des internats spécifiques aux élèves qui ont des problèmes de délinquance et de comportement".

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Augmenter les enseignants

Les deux candidats ont ensuite tenté de séduire les professeurs en détaillant leurs mesures salariales. "La revalorisation des enseignants a commencé sur ce quinquennat et je veux la poursuivre. De manière inconditionnelle, il y aura une revalorisation d'environ 10% des salaires des enseignants et il n'y aura plus de démarrage de carrière sous les 2.000 euros par mois", a insisté Emmanuel Macron.

Son programme prévoyait d'augmenter les professeurs qui accepteraient de nouvelles missions. Un point sur lequel revient donc le candidat, tout en valorisant davantage les professeurs qui s'investiront plus que les autres. "On revalorisera très substantiellement, jusqu'à 20%, celles et ceux qui vont sur les méthodes les plus innovantes. Je veux leur donner plus de liberté sur le terrain pour travailler avec les parents d'élèves et celles et ceux qui font le périscolaire", a-t-il expliqué.

"Payer les profs en fonction des résultats, c'est profondément injuste. Selon l'endroit où ils enseignent, le niveau des élèves n'est pas toujours le même", a taclé Marine Le Pen, qui veut revaloriser de 3% les professeurs chaque année.

"Tout s'arrête aux grandes villes dans votre vision. Le dédoublement des classes de primaire, vous l'avez réservé aux quartiers difficiles. Je propose de l'ouvrir à l'ensemble des enfants français pour redresser cette école primaire qui ne remplit plus son rôle", a réagi la candidate. Une mesure impossible à mettre en place, a rétorqué Emmanuel Macron.

Aider les étudiants salariés

Marine Le Pen a également abordé la question de la jeunesse "qui a tellement souffert dans les deux dernières années et demi". Une jeunesse "privée de liens sociaux, de leur famille, de leur petit boulot, donc jetée dans la précarité, développant des problèmes psychologiques pour certains lourds".

Elle affirme prévoir des aides et des mesures en sa faveur, notamment "autour de la valeur travail". La candidate du Rassemblement national veut récompenser avec un complément de salaire les étudiants "courageux" qui travaillent en parallèle de leurs études. Cette aide revaloriserait leur salaire de 20%, dans la limite de 200 euros mensuels, et 30% dans la limite de 300 euros mensuels pour les boursiers.

Elle souhaite par ailleurs augmenter les revenus des apprentis et des alternants de 200 à 300 euros par mois en fonction de leur âge.

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Maintenir la gratuité des études

Emmanuel Macron a quant à lui assuré qu'il tenait à des "études gratuites", après la polémique qui l'a accusé de vouloir augmenter les frais universitaires. Il affirme vouloir baisser les frais de santé des étudiants et mieux les accompagner sur le logement.

Il entend par ailleurs entreprendre une réforme de l'université "en ouvrant des filières avec des débouchés plus clairs".

À la fin de ce débat, Emmanuel Macron ou Marine Le Pen auront-ils convaincu les jeunes de se rendre à l'isoloir ? Près de la moitié des 18–24 ans (42%) et des 25–34 ans (46%) n'avaient pas voté au premier tour, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria. La majorité d'entre eux avait choisi le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

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