1. Réforme du lycée : la fin du latin et du grec ?
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Réforme du lycée : la fin du latin et du grec ?

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Étudier le latin peut aussi permettre de partir en voyage scolaire à Rome ! // © Rainer UNKEL/REA
Étudier le latin peut aussi permettre de partir en voyage scolaire à Rome ! // © Rainer UNKEL/REA

Une option qui ne comptera presque plus pour le bac, des langues anciennes de moins en moins proposées dans les lycées... La réforme pourrait démotiver les élèves qui souhaiteraient étudier ces langues. Pourtant, les raisons d'apprendre le latin et le grec ne manquent pas.

Pourrez-vous avoir cours de latin ou de grec au lycée ? Rien n'est moins sûr. Dès la rentrée 2019, une nouvelle formule de la voie générale remplacera les séries ES, L et S actuelles. Vous ne devrez plus choisir l'une ces trois filières mais des spécialités : trois en première puis deux en terminale, parmi 12 matières possibles. Parmi elles, vous trouverez LCA : langues et cultures de l'Antiquité.

La spécialité LCA présente dans peu de lycées

Problème : la spécialité LCA, comme quatre autres, ne sera pas présente dans tous les établissements, mais seulement dans quelques-uns de votre académie, selon un document du ministère de l'Éducation nationale.

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L'association Arrête ton char, qui regroupe des enseignants de lettres classiques, estime qu'elle sera dispensée dans un à trois lycées par académie, et sans doute plus à Paris qu'ailleurs, créant en outre des inégalités d'accès selon le lieu de résidence.

Un choix en option

L'autre possibilité d'étudier le latin ou le grec dans le futur lycée serait de choisir l'une de ces langues en option. Actuellement, près de 4 % des lycéens suivent l'option latin et 1 % l'option grec au lycée. Ils sont respectivement 18 % et 1 % en collège.

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Jusqu'ici, suivre les options latin ou grec au lycée pouvait rapporter des points au bac, grâce à leur coefficient 3. Or, avec la réforme, les options ne seront plus – sauf changement de dernière minute – des épreuves. Elles seront prises en compte uniquement dans les 10 % de la note résultant du bulletin, parmi une dizaine d'autres matières. Un poids minime. "Jusqu'à présent, beaucoup de lycéens prenaient LCA au lycée dans l'optique de gagner des points. Désormais, les parents vont se demander : 'à quoi cela sert-il de surcharger l'emploi du temps pour que ça ne rapporte rien au bac ?'", alerte Robert Delord, président de Arrête ton char.

Forgez-vous une culture générale

Vous pouvez trouver toutefois des avantages à apprendre le latin ou le grec. "Les élèves qui ont suivi un enseignement de lettres anciennes ont une culture générale, un regard sur le monde contemporain qui les rend plus adaptables dans le monde du travail", assure Robert Delord, également professeur de lettres classiques.

L'étude du latin et du grec n'est pas déconnectée de l'actualité. "La spécialité LCA va être un vrai enseignement littéraire mêlant lettres modernes et lettres anciennes, explique l'enseignant. Nous partons d'une problématique contemporaine pour aller vers du classique et des auteurs et philosophes."

Le latin, utile pour des études d'archéologie… ou de poissonnerie !

Apprendre le latin ou le grec peut également vous servir dans vos futures études. De nombreuses filières nécessitent ou, du moins, sont davantage accessibles avec une connaissance de ces langues anciennes. C'est le cas pour devenir professeur de lettres, classiques ou modernes, mais également si vous vous dirigez vers des études d'archéologie, histoire, histoire des arts ou de droit. "La plupart de nos lois viennent des lois romaines, et de nombreux termes juridiques viennent du latin", explique Robert Delord. Le vocabulaire de médecine ou de la pharmacie est aussi en partie l'héritier du latin ou du grec.

"Et on peut même pousser jusqu'au CAP poissonnerie !", sourit l'enseignant, qui évoque une affaire de poissonniers marseillais verbalisés car ils n'affichaient pas les noms des poissons en… latin ! Une manière de dire que le latin et le grec, bien que langues anciennes, sont encore bien présentes dans le monde contemporain.