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Enquête

Lycées expérimentaux, autogérés, sous contrat : quitter le lycée traditionnel

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Mal à l’aise dans l’enseignement "traditionnel" ? Qu’elles soient strictes ou à l’inverse adeptes de l’autogestion, certaines écoles atypiques sont capables de faire des miracles… à condition de tomber sur celle qui vous correspond.

Imaginez une école où les cours ne sont pas obligatoires, où il n’y a ni notes ni contrôles et où tout le monde se tutoie. Cette utopie, Gabriel Cohn-Bendit, frère de Dany, l’a mise en pratique en créant à Saint-Nazaire (44), en 1982, un lycée public « à pédagogie innovante ». Des lycées expérimentaux qui existent toujours. À Saint-Nazaire comme à Paris, l’établissement est cogéré par les élèves et les professeurs : les repas se préparent ensemble et les prises de décision sont communes.

La FESPI (Fédérations des établissements scolaires publics innovants) regroupe sept autres établissements de ce type, dont les Microlycées de Sénart et d’Ivry (94), le lycée expérimental d’Oléron, le Pôle innovant lycéen (Paris XIIIe), le lycée pilote innovant international de Jaunay-Clan (86), près de Poitiers, etc. Mais, leur qualité étant inégale, certains sont décriés en raison de leur manque d’enseignement structuré, de discipline et… de résultats.

Si le lycée expérimental d’Hérouville-Saint-Clair (14) peut se targuer d’un honorable 79 % de réussite au bac en 2008, le LAP (lycée autogéré de Paris), lui, a obtenu 28 % de réussite seulement ! Sans compter que cet établissement refuse de participer au système APB (admission postbac), qui permet aux élèves de s’inscrire dans le supérieur !

Lycée autogéré/École de Tersac : deux modèles opposés

En 2006, Gabriel Cohn-Bendit et Olivier Gautier publiaient un livre sur leurs expériences respectives de responsable d’établissement (« École de Tersac, lycée de Saint-Nazaire, alternatives à l’Éducation nationale » [éditions Fabert]). Le premier a été l’initiateur en 1982 du lycée expérimental de Saint-Nazaire, le second a repris en 1992 un internat hors contrat moribond pour cancres du Bordelais, où il avait suivi lui-même une partie de sa scolarité. Pourtant tout les oppose. À l’inverse du modèle « libertaire », Olivier Gautier propose une éducation à l’anglaise, avec discipline, uniforme, cours qui s’arrêtent à 15 heures, sport et études dirigées. Pas de téléphones mobiles ni de jeux vidéo, et encore moins d’ordinateurs portables. La formule séduit, et Tersac compte désormais 265 élèves sur deux sites. Les prix ne semblent pas arrêter les familles, qui doivent débourser entre 15 000 et 18 000 € par an ! On est loin du lycée de Cohn-Bendit…

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