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Echec scolaire : initiatives pour aider les jeunes à raccrocher avec l'école

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Renvoi, échec scolaire, orientation subie ou mal choisie, problèmes familiaux, psychologiques, sociaux… 130 000 élèves du secondaire quittent chaque année le système scolaire sans diplôme. Après une rupture avec l’école, il est pourtant possible d’y revenir. Alors que la IIe Journée du refus de l’échec scolaire vient de se tenir et que Nicolas Sarkozy a annoncé le 29 septembre des mesures pour aider les "décrocheurs", nous vous faisons découvrir des passerelles qui permettent de "raccrocher".

"Sortir de l’école, c’est facile. Y retourner, c’est vraiment compliqué !" s’exclame Vincent Coste, de l’association La Bouture à Grenoble, qui réoriente des élèves décrocheurs.

Lucie Randon, elle, a pu revenir. En juin 2009, au Micro-Lycée de Sénart en Seine-et-Marne, à quelques jours de l’épreuve de philo, la jeune fille révisait pour son bac ES. À 19 ans, elle stressait un peu, mais avouait avoir vaincu sa "phobie scolaire" grâce au suivi d’un psychiatre et aux "profs, qui font du cas par cas ici". Une phobie qui est née 2 mois après la rentrée, l’année où Lucie redoublait sa 1ère. "Je me levais et, là, je vomissais, je tombais dans les pommes, j’avais des crises de tremblement."

Comme Lucie, autour de 80 élèves sortis du système depuis au moins 6 mois reprennent chaque année une scolarité dans ce lycée créé en 2000. Après une rupture de scolarité, ces jeunes de 16 à 24 ans se décident à passer un "vrai bac" dans cette école pas comme les autres.

Plus que des profs


Les jeunes croisés au Micro-Lycée évoquent tous la confiance, l’écoute, le soutien et la disponibilité des enseignants : "Ce ne sont plus seulement des profs, il y a des relations entre eux et nous,", apprécie Heyry Toky Ranaivomaenina, élève ici depuis 2 ans, après avoir lâché en 1ère S, parce que j’allais mal".

Dans la même salle, Nancy Legrain, 22 ans, travaillait son bac de français. Recalée 2 fois, elle a été serveuse pendant 1 an dans un restaurant avant d’intégrer le Micro-Lycée sur les conseils de la mission locale. L’âme du lieu : Yves Lancry, l’un des quatre cofondateurs de la structure. D’abord prof d’anglais dans le traditionnel, il rêvait avec 3 de ses collègues de créer un "vrai lycée pour les décrocheurs".

Depuis, l’initiative fait des petits


Le Micro-Lycée 94 a ouvert ses portes à Vitry-sur-Seine à la rentrée 2008, sous l’impulsion d’Éric de Saint Denis, cofondateur du premier Micro-Lycée. Et un 3ème lycée pour les raccrocheurs voit le jour à La Courneuve à la rentrée 2009.
 

Comment devenir élève du Micro-Lycée ?
L'accueil se fait à la rentrée scolaire. En fonction des places disponibles, il est possible d'y entrer jusqu'au mois de décembre. Un entretien préalable avec 2 membres de l'équipe éducative est nécessaire. Au cours de cet entretien d’environ 45 minutes, l'équipe présente le Micro-Lycée et écoute les demandes du postulant. À l'issue de cet entretien, elle examine s'il y a accord entre ce que cherche le jeune et ce que propose le Micro-Lycée.
Pour demander un entretien, plusieurs conditions doivent être remplies
• être âgé d'au moins 17 ans et au plus de 25 ans
• avoir quitté le système scolaire depuis plusieurs mois
• résider à une distance raisonnable de Lieusaint (77)
• avoir obtenu un passage en classe de seconde générale lors d'un conseil de classe (ou être titulaire d'un BEP)
• manifester un réel désir de rescolarisation et vouloir préparer un bac L, ES ou STG
> Micro-Lycée de Sénart-Collège de la Pyramide,
2, avenue des Platanes, 77567 Lieusaint,
tél. 01.64.88.59.49 ; e-mail : micro-lycee@wanadoo.fr
Droit à la formation ou à l'emploi pour les décrocheurs de 16 à 18 ans
A l'occasion de la présentation des principales mesures du plan d'aide à la jeunesse, le chef de l'Etat a annoncé le 29 septembre 2009 qu’un droit à la formation ou à l'emploi serait créé pour les 16-18 ans qui quittent le système scolaire avec l’obligation pour l'Etat de leur assurer un suivi, des conseils et une offre de formation et/ou d'emploi.En savoir plus sur les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy.

Sommaire du dossier
Echec scolaire : retrouver l’envie de se lever au LSI pour les élèves "décrocheurs" Echec scolaire : la MGi (mission générale d'insertion), passerelle vers le lycée professionnel