1. Lycée
  2. seconde
  3. Redoublement : quelle utilité ?
  4. Frank, 18 ans : “Redoubler a été une chance et pénalisant à la fois”
Témoignage

Frank, 18 ans : “Redoubler a été une chance et pénalisant à la fois”

Envoyer cet article à un ami

Chaque année, c’est la même rengaine : si vous ne travaillez pas assez et que vos notes ne s'améliorent pas, vous serez “bon pour le redoublement” vous préviennent vos parents. Une menace pourtant rarement mise à exécution dans les établissements… Jugé peu efficace et très coûteux, le redoublement n’a pas la cote. Il devrait même, à l’avenir, devenir exceptionnel. Témoignages.

Comme beaucoup de jeunes, c’est par manque de travail que Frank a redoublé la classe de quatrième. “Je ne notais rien dans mon agenda. J’allais à l’école parce qu’il fallait y aller. Mes parents, qui pensaient me punir, m’ont imposé le redoublement. Mes professeurs étaient d’accord. Moi, j’estimais que je n’étais pas un âne. J’ai été choqué pendant toutes les vacances d’été.

Mais avec le temps, Frank finit par accepter son redoublement. “Dès les premiers jours de classe, je n’ai plus pensé que je redoublais. Je me suis rendu compte que ça allait être galère pour la troisième et la suite si je ne refaisais pas une année. Redoubler, ce n’est pas une honte.”

Rattraper le retard accumulé

Lors de sa première quatrième, Frank plafonnait à 7/20 de moyenne générale. Redoublant, il ne commence pas très bien l’année… “Au premier trimestre, je ne suis monté qu’à 9,5/20. Au deuxième trimestre, j’ai atteint les 10/20. Pour rattraper les difficultés que je traînais depuis la sixième, j’ai dû travailler plus que les autres, notamment en orthographe et en mathématiques. J’ai commencé à faire mes devoirs à la maison. Mon niveau en français a évolué. Avant, je n’arrivais pas à prononcer une phrase sans faute. Au bac français, j’ai eu 16/20 à l’oral et 10/20 à l’écrit.”

Les parents de Frank ne sont pas pour rien dans sa réussite. “Mon père m’a mis suffisamment la pression pour ne pas que je lâche. Il me disait : ‘Si tu ne travailles pas, tu pars de la maison.’ De son côté, ma mère m’aidait moralement, elle m’apprenait des méthodes.” Du point de vue de son intégration, pas de problème avec les autres élèves qui le charrient avec humour. La relation avec le corps professoral est en revanche plus compliquée. “J’ai entendu des ‘À ton âge, t’es encore là ?’ ou ‘Tu vas finir par venir en voiture au collège !’ Au début de l’année, ils ne croyaient pas en moi.” Mais Frank finit le troisième trimestre avec une moyenne générale honorable de 12/20.

Et si c’était à refaire ?

Passé en troisième, les résultats du collégien chutent de nouveau à 9/20. “Je ne pouvais pas passer en filière générale et technologique. Je me suis donc orienté en filière professionnelle hôtellerie-restauration en apprentissage.” L’expérience avec son patron se passe mal. Frank arrête tout et retourne en troisième. Un bon booster, puisqu’il obtient 13/20 de moyenne générale. Le jeune Lorrain a ensuite enchaîné sur une première STMG (sciences et technologies du management et de la gestion).

Si on pouvait changer le cours des choses, Frank redoublerait sa sixième, quand il a commencé à rencontrer des difficultés. Avec le recul, il se dit que le redoublement est une “chance”, mais reste “pénalisant car cela fait perdre une année”. “Bon, d’un autre côté, cela m’a permis de passer le permis au lycée”, indique-t-il avec humour. Philosophe, il conclut : “De toute façon, il faut faire ce qu’il faut, ne pas regarder derrière et avancer.”

Pour aller plus loin : Le redoublement devient exceptionnel / Redoubler sa seconde : cela en vaut-il la peine ? / Admission postbac : faut-il redoubler sa terminale pour avoir un meilleur dossier sur APB ? / Bac ES : le redoublement volontaire en fin de 1re, une bonne idée ? / Démission, licenciement, redoublement : rebondir quand l’alternance tourne mal

Sommaire du dossier
Retour au dossier Redoublement : chronique d’une fin annoncée Quand le redoublement peut être bénéfique Quand le redoublement peut être inutile Quelles alternatives au redoublement ? Auguste, 18 ans : “Redoubler ma seconde ne m’a servi à rien” Floriane, 16 ans : “Je redouble ma seconde pour mon avenir” Frank, 18 ans : “Redoubler a été une chance et pénalisant à la fois” Guillaume, 17 ans : “Redoubler ma seconde m’a permis de mûrir”