Grippe A : le soutien scolaire en embuscade

Par Sophie de Tarlé, publié le 30 Septembre 2009
4 min

Pendant que le gouvernement présente son plan de "continuité pédagogique" en cas de pandémie de grippe A, les organismes de soutien scolaire présentent subtilement - mais activement - leurs services.

Alors que le CNDP vient de présenter ses cours sous forme de vidéos et d’émissions de radio dans l’éventualité d’un  arrêt des cours prolongé, les organismes de soutien scolaire sortent l’artillerie lourde. Chez IONIS Tutoring, on est plus que prêt. La structure de soutien scolaire du groupe IONIS créée en octobre 2007, a ouvert à la rentrée 2009 une antenne à Lille et propose des cours particuliers à 28 € de l’heure (six heures par mois minimum). " Evidemment, la grippe devrait accélérer notre activité. Quand on voit ce que le ministère de l’Education nationale a prévu, ça me fait sourire. Ce n’est absolument pas interactif, il faut être plus que motivé pour suivre des cours à la télé, affirme Emmanuelle Ouvrard, responsable pédagogique, qui ajoute :  "On ne peut pas réussir à captiver des jeunes comme ça, je n’y crois pas une seconde, il faut une présence, de toute façon, grippe ou pas grippe, nous croulons déjà sous les appels."
Vidéos et cours en ligne pour moins de 10 € par mois. Quant à Patrice Magnard, qui dirige Maxicours.com, premier site de soutien scolaire en ligne, il profite de la menace de pandémie pour proposer habilement ses services. "L’efficacité des dispositifs proposés reste à démontrer car les cours du "cartable numérique" ne seront disponibles que le 15 septembre pour les élèves du primaire, et fin octobre pour le collège et le lycée », a t-il annoncé début septembre à la presse. "De plus ajoute t-il, les cours prévus à la radio et à la télévision ne seront diffusés que si le gouvernement décide la fermeture complète de tous les établissements scolaires".

Programme "conformes". Patrice Magnard a rappelé qu'il proposait sur le site Internet Maxicours.com des programmes conformes à ceux de l’Education Nationale, dans toutes les matières, du CP à la Terminale. Les élèves en quarantaine pourront y piocher 95.000 exercices interactifs, 22.500 cours dont 5.000 en vidéo, 800 illustrations animées ainsi que des dictionnaires sonores en anglais et en espagnol, des lexiques par matières, etc. L'offre est proposée aux particuliers pour 9,99 € par mois et sans engagement de durée. Si l’élève esseulé souhaite en plus poser des questions à un prof  (réponse sous 24 heures), il lui en coutera 14,95 € pour 5 questions et 54,95 € pour 20 questions. "Pour la grippe, nous proposons aux écoles touchées un accès à notre offre, moyennant 50 € par mois et par classe, ce qui permettra non seulement aux élèves de travailler chez eux mais aussi au professeur de suivre le travail de ses élèves à distance", explique Patrice Magnard, qui espère que la pandémie ait au moins la vertu de convertir les établissements à Internet.

Un préceptorat à 3000 € par mois. La présence rassurante d'un professeur vous manque ? Présenté comme un "organisme scolaire de prestige",  les Cours Vladimir proposent aux malheureux (mais pas trop fauchés) élèves qui seraient privés de lycée de rejoindre la "Vladimir School", un préceptorat haut-de-gamme avec coaching personnalisé. L’élève pourra bénéficier de 10 heures de cours par semaine  (primaire),  15 heures (collège) ou 17 heures (lycée),  pour une scolarité complète à domicile, et d’une sortie culturelle par mois. Coût ? 3.000 € par mois, avant déduction fiscale. "Grippe ou pas, nous avons déjà 120 élèves qui sont inscrits à ce préceptorat", affirme Benjamin Jarry, l’un des dynamiques fondateurs. La pandémie aura au moins le mérite de doper l’activité du soutien scolaire (en plus de celle des laboratoires de solutions hydroalcooliques). 

Articles les plus lus

A la Une seconde

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !