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Internats d’excellence, Légion d’honneur, lycées militaires… : des internats pas comme les autres

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À l’heure des amitiés virtuelles, la pension attire, pourvu qu’elle apporte autre chose que le gîte et le couvert. Sport, uniforme ou environnement bilingue : voici des exemples d’internats pas comme les autres.

À bien des titres, l'école de danse de l'Opéra de Paris est un internat hors du commun. Considéré comme un modèle dans le monde entier, cette école a fêté ses 300 ans le 15 avril 2013, avec un spectacle exceptionnel à l'Opéra Garnier. Les 130 élèves internes de Nanterre (92), en banlieue parisienne, suivent des cours le matin, quand l'après-midi est consacré à l'enseignement artistique. Admis sur audition à partir de 8 ans, ils peuvent y rester jusqu'au bac (série L uniquement).

En France, 143.693 jeunes, de la seconde à la terminale, sont des internes, soit 7 % des lycéens. Mais certains internats sont plus attractifs que d'autres. Au programme : sport, danse, musique et une ambiance particulière ponctuée d'événements festifs. Et les élèves portent souvent un uniforme. Nous avons choisi de vous présenter cinq internats "pas comme les autres".

École des Roches, haut de gamme et cosmopolite

"À chacun ses talents" : cette citation du poète latin Virgile pourrait être la devise de l'École des Roches, à Verneuil-sur-Avre (27), en Normandie. Cet établissement très chic accueille des jeunes du monde entier. Les élèves sont répartis dans neuf maisons confortables, sous la responsabilité de "chefs de maison". La direction suit l'exemple des célèbres internats britanniques et valorise les élèves, qui s'impliquent dans une vingtaine de clubs. Dans cet établissement privé, les tarifs sont très élevés : 18.280 € par an pour la scolarité et l'internat.

fleche-rouge Le site de l'École des Roches : scolarité, activités, témoignages des élèves.

Internats d'excellence, la motivation comme priorité

Sourdun (77) est le premier internat d'excellence à avoir ouvert ses portes, en 2009. Ces structures, mises en place par Nicolas Sarkozy, sont aujour­d'hui remises en cause par Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, qui les juge trop coûteuses. Mais le proviseur du lycée Sourdun assure que son établissement ouvrira ses portes à la rentrée 2013. Seul internat de ce type – avec celui de Montpellier (34) – à avoir le statut de lycée d'État (financé par l'État et non par la région), il accueille en priorité des jeunes de milieux défavorisés et qui relèvent de l'académie de Créteil.

Une grande attention est portée aux élèves. Tout est fait pour les amener à la réussite et pour les motiver aussi. En mai dernier, les élèves ont même accueilli Eli Anderson, l'auteur de la série “Oscar Pill”. Les jeunes, qui portent tous un uniforme (pantalon ou jupe, chemise blanche et veste avec un écusson), ont des heures d'étude obligatoires, des cours de soutien (individuels ou en petits groupes).

L'internat de Sourdun obtient de bons résultats, avec 93 % de réussite au bac en 2012. Il s'est également classé au premier rang des établissements publics de l'académie de Créteil au palmarès des lycées 2012 de l'Etudiant. Le prix de l'internat varie en fonction des revenus des parents, allant de 525 € à 3.465 € par an.

fleche-rouge Le site de l'internat de Sourdun : du collège aux classes préparatoires les formations de l'école.

Maison d'éducation de la Légion d'honneur, la valeur de l'étude

À Saint-Denis (93), la Maison d'éducation de la Légion d'honneur scolarise 500 élèves, de la seconde au bac. Dans ce lycée d'État, les élèves (uniquement des filles) sont vêtues d'une robe bleu marine, avec une ceinture dont la couleur diffère selon la classe (lire le témoignage de Sarah, élève à la MEHL). C'est un établissement au charme suranné, créé il y a plus de 200 ans par Napoléon pour les filles de ses soldats tombés au champ d'honneur.

Aujourd'hui, il faut avoir un aïeul (jusqu'à l'arrière-grand-père de l'enfant) décoré de la Légion d'honneur, de la médaille militaire ou de l'ordre national du Mérite pour y entrer. Les demoiselles doivent se rendre chaque jour en salle d'étude, avant et après le dîner, et sont encouragées à travailler en binômes.

Le DST (devoir sur table) chaque samedi, est obligatoire dès la seconde et constitue un très bon entraînement aux épreuves du bac. Les résultats sont excellents : 46 % des élèves de terminale ont eu la mention très bien en 2012. Les tarifs varient selon les revenus des parents, entre 600 et 1 800 € chaque année.

fleche-rouge Le site des maisons d'éducation de la Légion d'honneur.

Internats UWC, un bac international au bout du monde

Et si vous partiez à l'étranger ? Le réseau d'écoles UWC (United World Colleges) accueille des jeunes qui préparent en deux ans un bac international. Fondé dans les années 1960, il compte 12 internats répartis à travers le monde : Chine, Italie, États-Unis, Costa Rica... L'admission se fait sur dossier. Il est conseillé aux jeunes d'être bien dans leur peau et stables pour bien vivre l'éloignement avec leur famille.

Après sa seconde, Pierre est parti à l'UWC Adriatic, à Duino (Italie). Dans un cadre enchanteur, il partageait son temps entre l'école le matin et les activités sociales, artistiques ou sportives l'après-midi. Là-bas, les jeunes sont logés en chambre de deux ou quatre, dans une maison gérée par un couple d'adultes. Le week-end, ils peuvent être reçus par une famille d'accueil. Après son bac, Pierre a intégré l'antenne de Menton (06) de Sciences po Paris, via la procédure internationale. Car Pierre parle anglais et italien couramment. Pour cet enseignement, il faut compter entre 3.500 et 25.000 € par an.

fleche-rouge Le site du réseau des United World Colleges, en anglais.

Lycées militaires, un encadrement strict

Les lycées de la Défense (plus connus sous leur ancien nom de lycées militaires) scolarisent en France 4.000 élèves, de la 6e aux classes prépas. Ces établissements accueillent des enfants de militaires, de fonctionnaires et 15 % de boursiers. Sauf en classe prépa, ils n'ont pas pour but de former des militaires. À Saint-Cyr (78), garçons et filles portent l'uniforme et l'ambiance est plutôt stricte. On y apprend aussi bien à résoudre un exercice de maths qu'à faire son lit et ranger ses affaires.

"Enlevez vos mains de vos poches !" entend-on dans les couloirs des bâtiments, qui fleurent bon la caserne. Cette atmosphère n'a pas gêné Guillaume, qui y a passé un bac L. "En plus des deux heures d'EPS (éducation physique et sportive) obligatoires, on faisait trois heures d'athlétisme par semaine et on participait à de nombreux tournois." Et les activités sont variées : football, basket, handball, volley, athlétisme et natation. Les frais de scolarité et de l'internat s'élèvent à environ 2.000 € par an.

fleche-rouge Les lycées militaires sur le site du ministère de la Défense.


Emma, 17 ans, en terminale ES à l'école de Tersac, à Meilhan-sur-Garonne (47): "L'uniforme me fait gagner du temps"
Après une année de première au lycée Grand-Air d'Arcachon (33), Emma a demandé à aller en internat. "J'avais du mal à me mettre au travail, ça devenait urgent avec le bac qui approchait." Elle fait sa demande à l'école privée de Tersac. "Mon père y avait été élève, comme ma cousine, et ils m'en avaient dit beaucoup de bien." Ce qui lui plaît ? "Le cadre est agréable, serein, et l'ambiance presque familiale. En terminale ES, nous ne sommes que six..." Quant à l'uniforme, Emma trouve que c'est un plus : "Je gagne du temps le matin et, comme ça, on est tous habillés pareil." Elle apprécie aussi le rythme de travail. Emma termine les cours à 15 heures, peut faire du badminton, et les deux heures et demie d'études chaque jour lui permettent vraiment de se concentrer. "Je ne peux pas me défiler !"