Lyceepourtous.fr, le site lancé par Richard Descoings, démarre gentiment

Par Virginie Bertereau, publié le 31 May 2009
4 min

Lyceepourtous.fr, un peu plus d’une semaine après son lancement. Comment se porte le site Internet ouvert le 24 mars 2009 par Richard Descoings, le directeur de Sciences po auquel Nicolas Sarkozy a confié une mission "d’analyse, de compréhension, d’écoute et de proposition" sur la réforme du lycée ? Pas mal… On ne peut pas parler d’un démarrage en fanfare mais, globalement, les chiffres sont prometteurs. En effet, on compte 200 vidéos postées sur YouTube, partenaire de l'opération, dont une quinzaine ont été visualisées plus de 500 fois. Certes, la plupart restent des séquences tournées lors du tour de France des lycées effectué par Richard Descoings. Ce qui pose le problème de la représentativité souligné par l’UNL (Union nationale des lycéens)… Les contributions les plus spontanées se trouvent davantage sur le blog sous forme de textes argumentés. De prime abord, on peut se perdre dans cette plate-forme et ne pas savoir intuitivement comment l’utiliser. Mais le graphisme est sympa et le flux twitter (outil de réseau social pour les mordus de l'actu Internet), caché dans l’agenda, apporte une touche actuelle.

Eviter le "pour ou contre"


Au moment du lancement du site, nous nous étions demandés comment Richard Descoings allait gérer le flot d’idées proposées. Réponse de l’intéressé : "Je vais essayer de faire une synthèse analytique des contributions, thème par thème. Je présenterai les différentes options et indiquerai comment elles sont argumentées. Mais je ne m’interdirai pas de faire quelques préconisations. Cette façon de procéder permettra d’éviter le débat binaire (pour ou contre) souvent stérile". Pour effectuer ce travail, Richard Descoings s’est entouré d’une équipe de trois personnes (deux jeunes diplômés et Cyril Delhay, collaborateur du directeur de Sciences po). "L’idée n’était pas de faire une grande commission", commente-t-il.

Des besoins très clairs


Parmi les thèmes qui reviennent le plus figurent l’orientation, la notation ou encore le bac. Classique. "Ce qui varie, c’est le curseur. Sur le bac, par exemple, tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut le garder. Mais certains se prononcent pour le contrôle terminal, quand d’autres préconisent le contrôle continu", indique Richard Descoings. Au contact des lycéens, celui-ci avoue découvrir certains besoins. "Les élèves demandent des stages d’immersion à l’université, du tutorat réalisé par les terminale auprès des seconde ou plus de lien avec le monde professionnel. Par exemple, il semble paradoxal de faire un stage au collège mais pas au lycée." Si vous aussi, vous avez quelque chose à dire, c’est le moment de vous exprimer. Richard Descoings doit remettre sa synthèse en mai 2009.

Richard Descoings ou "l’écouteur" écouté


Fin mars 2009, Richard Descoings a été auditionné par les députés de la mission parlementaire sur la réforme du lycée menée en parallèle de la sienne. "Cela s’est très bien passé", assure-t-on diplomatiquement des deux côtés. Interrogé sur la "méthode Descoings" (tour de France des lycées et création du site lyceepourtous.fr), Benoist Apparu, le rapporteur de cette mission et député UMP de la Marne, a affirmé : "J’en pense beaucoup, beaucoup de bien. On a besoin d’associer à la réforme ceux qui vont la faire marcher. Cela ne peut pas fonctionner si on reste enfermé dans un bureau, si on s’en tient à une négociation entre le ministre et les syndicats". De leur côté, les députés poursuivent également leurs tables rondes. Mercredi 1er avril 2009, ils ont entendu des figures de l’enseignement supérieur, comme des représentants de la Conférence des grandes écoles, de l’Assemblée des directeurs d’IUT ou de l’Association des proviseurs de lycées à classe préparatoire aux grandes écoles. Cette fois-ci, on ne pourra pas dénoncer un manque de consultation, en grande partie responsable du report de la réforme Darcos…

Articles les plus lus

A la Une seconde

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !