Quels changements pour la seconde ?

Par Virginie Bertereau, publié le 09 Decembre 2008
4 min

La seconde aujourd’hui


Dès la fin de troisième, les élèves doivent choisir les options suivies au lycée. Certaines d’entre elles sont obligatoires : ce sont les "enseignements de détermination". Les autres sont facultatives.

Les enseignements de détermination
ne contraignent pas à aller dans la première correspondante. Par exemple, même si vous avez pris SES (sciences économiques et sociales) en seconde, rien ne vous oblige à aller en série ES en première. Selon les textes de l’Education nationale, "après la classe de seconde générale et technologique, les élèves peuvent demander à accéder à une classe de première ne correspondant pas à leurs enseignements optionnels de seconde". Voilà pour la théorie…

Seul hic :
c’est le conseil de classe qui décide… Dans les faits, selon les choix des options de détermination faits en entrant en seconde, certaines portes peuvent donc se fermer. Par exemple, vous ne pourrez pas aller en première générale, STG (sciences et techniques de gestion) ou STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) si vous n’avez pas choisi l’option LV2 (langue vivante 2) en seconde (qui ne fait pas partie du tronc commun).
Ce système oblige ainsi des jeunes à redoubler la seconde avec les "bonnes" options pour intégrer la première de leur choix.


La seconde en 2009

Plus généraliste, la nouvelle classe de seconde permettrait aux lycéens de prendre le temps de construire leur orientation.

Pour cela, place au découpage en semestres. "L’année scolaire divisée en trimestres n’est pas satisfaisante. Le premier trimestre est long, lourd et fatigant alors que le troisième ne s’étale que sur deux mois – au mieux – et impose un rythme infernal aux élèves. Les bilans viennent trop tôt (en décembre) ou trop tard (en avril-mai). Il faut repenser le temps scolaire", a affirmé Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale. Ainsi, quatre rendez-vous annuels devraient être instaurés : deux conseils de classe à la fin de chaque semestre et deux conseils de mi-semestre, moins formels, qui pourraient prendre la forme d’entretiens élève/professeurs pour faire le point sur les difficultés rencontrées. "Une semaine de bilan et d’orientation" s’intercalerait entre les deux parties de l’année. Elle pourrait être consacrée à des exercices, des oraux, des entretiens, etc. Si l’élève n’est pas satisfait de ses choix d’options de premier semestre, il pourrait en changer au second.

Concrètement, les enseignements généraux (français, LV1, LV2, maths, histoire-géo et éducation civique, EPS et sciences expérimentales) seraient répartis sur 21 heures hebdomadaires. Ce bloc pourrait être enrichi de quatre modules "d’exploration" (deux par semestres) puisés dans les quatre familles de disciplines (humanités et arts, sciences, sciences de la société et technologies) que l’on retrouverait en première et terminale. Au menu : arts, gestion, sciences écos, langues anciennes, etc. Ces cours prendraient six heures par semaine.
A noter : il aurait été un temps question d’éliminer les sciences physiques et les sciences de la vie et de la Terre du tronc commun et de les mettre en options. Face à la grogne des professeurs, Xavier Darcos a démenti et précisé que les sciences expérimentales feront bien partie du bloc d’enseignements généraux à la rentrée 2009. De même, le ministre "se pose la question" d'introduire de "l'économie" (exit l’aspect social) dans le tronc commun de la future seconde.
On ne sait pas encore si les choix de modules seront totalement libres ou si des contraintes seront imposées. Selon le SNES (principal syndicat d’enseignants), "il faut contraindre les élèves à regarder les différents champs de l’activité humaine" et propose "de coupler un champ technologique avec un champ général".

Accompagnement personnalisé pour tous. Des modules d’approfondissement obligatoires complèteraient l’ensemble. Avec la semestrialisation des cours, c’est l'autre grande nouveauté en seconde. Ces modules reviendraient à trois heures hebdomadaires de soutien scolaire, d’aide méthodologique, d’aide à l’orientation, de travail interdisciplinaire, etc. selon les besoins (et le niveau) des lycéens. "Il faut tout faire pour les élèves ne soient plus largués", a déclaré Xavier Darcos.
Au total, la semaine scolaire en seconde devrait donc s’étaler sur 30 heures de cours, et non 27 comme cela avait été avancé au départ. Le ministre de l'Education nationale a soutenu qu’il n’y aurait pas de suppressions de postes au lycée en 2009 "au motif de cette réforme".

A suivre. Xavier Darcos a reçu 600 lycéens élus au CVL (conseil de la vie lycéenne) de leur établissement pour discuter de ces nouveautés en novembre 2008. 

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