Réforme du lycée : un pas de plus de franchi

Par Virginie Bertereau, publié le 11 Decembre 2009
3 min

La méthode "communication/consultation" aurait-elle porté ses fruits ? Jeudi 10 décembre 2009, Luc Chatel, le ministre de l’Éducation nationale, présentait sa réforme du lycée au CSE (Conseil supérieur de l’éducation). Examen réussi. "Le CSE a approuvé la réforme du lycée", s'est félicité Luc Chatel, en soulignant que cette instance représentant la communauté éducative (qui n’a certes qu’un avis consultatif) "se prononce rarement en faveur des textes" qui lui sont soumis par le ministère de l'Education nationale. Résultat : "une étape décisive" de la réforme du lycée "a été franchie" et celle-ci entrera bien en vigueur "à la rentrée 2010", a déclaré vendredi 11 décembre le ministre sur Europe 1. Les textes sont attendus pour la fin janvier 2010. Le CSE a voté en majorité en faveur de trois des quatre grands projets : la classe de seconde, l’autonomie des établissements et l’orientation. Reste celui sur le cycle terminal (première et terminale), sur lequel le conseil s’est montré plus divisé (22 pour, 22 contre, 13 abstentions, 7 refus de vote).

Foyers de mécontents


Tout n’est pourtant pas gagné. À travers un communiqué, huit syndicats d’enseignants, dont le SNES-FSU (syndicat majoritaire dans le second degré), ont exhorté Luc Chatel à "renoncer à son projet et reprendre les discussions sur de nouvelles bases tout en poursuivant celles sur les séries STI et STL" et décider de se revoir. Côté lycéen, vendredi, au lendemain d’une journée de manifestations, on notait des blocages d’établissements, notamment au Pays Basque. À l’automne 2008, le mécontentement était également venu de l’Ouest, mais davantage de Bretagne. Il avait pris la forme d’actions multiples (blocages, manifestations, rassemblements), relativement violentes et désorganisées. Les émeutes lancées par la jeunesse grecque gagnaient du terrain… Le 15 décembre 2008, Xavier Darcos, alors ministre de l’Éducation nationale, "repoussait" la réforme du lycée. Un an plus tard, le contexte est différent. Le sort réservé au projet de Luc Chatel le sera-t-il aussi ?

Histoires d’historiens, d’économistes et de scientifiques


La fin de l’histoire-géographie comme matière obligatoire en terminale S a fait couler beaucoup d’encre depuis une semaine… Au point d’en occulter les plaintes et desiderata des économistes et des scientifiques. Ainsi, l’APSES (Association des professeurs de sciences économiques et sociales) regrette notamment la mise en concurrence des SES avec la discipline "économie appliquée et gestion" et s’estime lésée avec ses 1h30 de cours exploratoire par semaine en seconde. De leur côté, les scientifiques déplorent le déclin des sciences et techniques dans la série L. Dans la tribune de Libération (vendredi 11 décembre 2009), un collectif composé de dix d’entre eux a même critiqué "la vision corporatiste" des historiens et se déclare favorable à "la création d’une véritable série S au lycée, par laquelle la lettre S signifierait "science" et non "sélection"". La guerre des intellectuels ne fait que commencer.

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