Xavier Darcos repart à zéro, les lycéens continuent

Par Virginie Bertereau, publié le 18 Decembre 2008
3 min

Plus que jamais mobilisés. On pouvait penser que le report de la réforme du lycée décidé par Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, après consultation de Nicolas Sarkozy calmerait les lycéens… Raté. Depuis son annonce, lundi 15 décembre 2008, les jeunes n’ont pas baissé les armes. Au contraire. Jeudi 18 décembre, ils étaient environ 150.000 à manifester dans toute la France, à l’appel des principales organisations lycéennes, l’UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne). Dans les cortèges, les manifestants martelaient des slogans comme "Darcos, maintenant ou dans douze mois, ta réforme on n'en veut pas" ou "Darcos démission pour sauver l'éducation". Le ministre lui-même a jugé la mobilisation "importante". Et d’annoncer, devant le Sénat, la réouverture de "la totalité du dossier".

Des états généraux du lycée pour 2009


Pour bien faire, Xavier Darcos a proposé l’organisation "d’états généraux" du lycée à partir des établissements pour "faire s'exprimer tous les lycéens". Le ministre a déclaré qu’il n’y avait "plus de raison aujourd'hui d'être dans la rue, en tout cas en ce qui concerne le lycée" puisqu’on "repart à zéro". Vendredi 19 décembre 2008, sur LCI, il a également ajouté qu’il faudra veiller à ce que les "blocages de lycées ne se reproduisent plus au mois de janvier" et que "les lycéens qui veulent travailler puissent travailler".

Malaise à la grecque


Xavier Darcos toujours à l’Education début 2009… L’idée a fait immédiatement réagir les syndicats. L’UNL et la FIDL ont appelé à des mobilisations (assemblées générales, actions d'informations, rassemblements) le 8 janvier dans les lycées. La FIDL a également décidé d’organiser ses propres états généraux les 24 et 25 janvier, à l'issue desquels seront remises au ministre "150 propositions des lycéens pour une réforme du lycée".
Par ailleurs, un collectif réunissant les principales fédérations de l'Education, organisations lycéennes et parents d'élèves a de nouveau appelé à manifester le samedi 17 janvier. Pour justifier leur grogne, les protestataires évoquent à présent les suppressions de postes (13.500 à la rentrée 2009). Pour le gouvernement, pas de doutes, les tensions sont créées et attisées par la gauche, notamment par le Parti socialiste, "le récupérateur principal", selon Xavier Darcos. Reste une hypothèse à creuser : et si la jeunesse exprimait aujourd’hui son malaise, un malaise à la grecque ?

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