Xavier Darcos repousse la réforme du lycée

Par Virginie Bertereau, publié le 21 May 2007
3 min

Coup de théâtre. Alors que Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, devait détailler mardi 16 décembre 2008 la nouvelle seconde, prévue pour la rentrée 2009, un communiqué du ministère a brusquement annoncé, la veille, le report de sa réforme. "Xavier Darcos a décidé de laisser plus de temps pour la mise en œuvre de la réforme de la classe de seconde initialement prévue pour la rentrée 2009 dans le cadre de la réforme du lycée", mentionne le texte. Celui-ci précise également que le ministre "propose de prolonger les discussions sur le lycée". Ces discussions débuteront en janvier 2009. "L’objectif est de restaurer le consensus des lycéens, des enseignants et des familles créé en juin 2008 pour reconnaître la nécessité d’une réforme et sa mise en application en 2009. Aujourd’hui, ce consensus est battu en brèche à cause des diverses rumeurs qui ont circulé : la suppression du bac, l’histoire-géo proposée en option, la suppression des filières, etc. Les familles se sont inquiétées. Il faut prendre le temps de leur expliquer. On veut avancer sur les trois classes du lycée en même temps pour proposer une réforme globale, peut-être en 2010", nous a indiqué le ministère. Retour à la case départ.

Oui, l’Elysée est intervenue…


Au cours du week-end précédant cette annonce, Xavier Darcos n’avait pourtant pas hésité à décrire sa nouvelle seconde dans les médias. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, le ministre venait notamment de déclarer que les sciences économiques et sociales feraient partie du tronc commun et que la semaine des élèves comprendrait 31h30 de cours. Selon notre source au ministère, "cet article ultra pédagogique revenait à une dernière tentative de contrer les rumeurs. Mais elle a été insuffisante". Cette décision subite du report vient-elle de l’Elysée ? "Effectivement, l’Elysée est intervenue à un moment donné… Le ministre a appelé le président de la République pour lui parler de sa décision. Et le président de la République a approuvé", a précisé notre source. Le mouvement qui agite les jeunes en Grèce y serait-il pour quelque chose ? De son côté, François Fillon, le Premier ministre, a affirmé que la réforme du lycée avait "besoin d’explication" et que "l’on n’était pas à trois mois près". Trois mois : une durée qui ne doit rien au hasard. Aux alentours de mars 2009, Xavier Darcos devait annoncer les contours du nouveau cycle terminal, prévu initialement pour 2010 et 2011.

Et maintenant ?


Depuis le début du mois de décembre 2008, plusieurs milliers de lycéens manifestent spontanément contre ce projet de réforme, notamment dans l’ouest de la France. Des événements – rassemblements, blocages d’établissements, échauffourées avec des forces de l’ordre, etc. – peu nombreux mais jugés "violents" qui inquiètent le ministère. "Il s’agit d’un mouvement non structuré, sans revendications. Dans ces conditions, il est difficile de discuter". Malgré l’annonce de Xavier Darcos, l’UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) ont annoncé la poursuite de la mobilisation et le maintien de la journée de manifestations jeudi 18 décembre 2008. Leur message : "On ne veut pas qu'un report, on veut un changement de fond". Malgré tout, Nicolas Sarkozy a réitéré son soutien à Xavier Darcos et a assuré que "le travail de réforme se poursuivra" dans l'Education nationale.

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