1. Lucy, lycéenne et cavalière : "L’équitation au lycée, c’est ma vie rêvée !"
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Lucy, lycéenne et cavalière : "L’équitation au lycée, c’est ma vie rêvée !"

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Lucy, 16 ans, est en seconde générale et suit une option hippologie-équitation, au lycée public agricole de l’Orne, à Sées (61). // © Florence Levillain pour L'Étudiant
Lucy, 16 ans, est en seconde générale et suit une option hippologie-équitation, au lycée public agricole de l’Orne, à Sées (61). // © Florence Levillain pour L'Étudiant

Lucy est montée à cheval dès l’âge de 4 ans. Depuis, cette passion ne l’a jamais quittée, à tel point qu’elle souhaite en faire son métier. Pour ce faire, elle a choisi un lycée avec l’option hippologie-équitation.

"J’ai commencé l’équitation il y a douze ans, un peu par hasard. J’aimais bien les animaux et la nature. Dans ma famille, je suis la seule cavalière. Je voulais me rapprocher des chevaux. J’ai toujours été encouragée par mes parents. Ils ont vu que je m’épanouissais, et surtout que je persévérais sans jamais abandonner. À l’âge de 8 ans, je me suis lancée dans les compétitions. J’ai a-do-ré ! Je concours en 'complet' : cela signifie que, dans une même journée, je participe à trois épreuves : dressage, saut d’obstacles et cross. Avant un concours, je dois beaucoup m’entraîner. C’est très physique et il faut avoir une forme olympique, j’exagère à peine… Aujourd’hui, je suis en seconde option hippologie : l’étude du cheval. C’est mon rêve !"

"Le démarrage au lycée a été difficile"

"Je vis en Normandie et j’allais au collège à Fécamp [76]. J’étais une élève assez sérieuse. Je travaillais ce qu’il fallait pour y arriver, pas trop non plus… Je m’en sortais assez bien. Lorsqu’il a fallu choisir un lycée, j’en ai cherché un qui propose l’option hippologie-équitation, avec l’idée de travailler dans le secteur.

Je suis donc arrivée ici, à Sées, au lycée agricole, il y a deux ans. Étant loin de chez moi, j’ai dû opter pour l’internat. J’ai eu quelques difficultés. J’ai toujours été très attachée à ma famille et à mes amis, à mes habitudes, à ma maison. Alors, j’ai eu un peu de mal à m’intégrer au début. Je ne connaissais personne. Mes parents me manquaient. Les premières semaines ont été compliquées, surtout au niveau scolaire.

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Avec le recul, je peux dire que je me suis concentrée sur les nouvelles relations pour créer des liens, mais, en classe, cela n’allait pas très bien parce que je n’étudiais pas beaucoup. J’étais focalisée sur d’autres choses. Je prenais du retard. Je ne faisais pas mes devoirs et je n’apprenais pas mes leçons. Lorsque je rentrais chez moi, les week-ends, je ne prenais pas le temps de travailler. J’étais désorganisée, à un point ! Les devoirs s’accumulaient et le mauvais pli était pris. J’ai dû redoubler ma seconde. Finalement, c’est un mal pour un bien. J’ai maintenant bien progressé."

"J’ai appris à m’organiser"

"Cette année, ça va mieux. Le conseil de classe a d’ailleurs mis une bonne appréciation finale en disant que le redoublement avait été bénéfique. C’est sûr, j’ai appris à m’organiser. Lorsqu’on monte à cheval comme moi plusieurs heures par semaine et qu’on participe à des compétitions, les week-ends sont hyper-chargés. Le samedi est dédié à l’entraînement et à la préparation des animaux, du matériel, du camion. Le dimanche, je démarre les concours tôt, souvent vers 4 heures du matin. Et je rentre tard le soir.

La pratique hebdomadaire s’accompagne de cours théoriques sur le cheval, l’alimentation,les soins et même le comportement. Lucy est passionnée. // © Florence Levillain pour L'Étudiant
La pratique hebdomadaire s’accompagne de cours théoriques sur le cheval, l’alimentation, les soins et même le comportement. Lucy est passionnée. // © Florence Levillain pour L'Étudiant

Autant dire que je manque de temps pour réviser mes leçons. Cette année, pour ma ­deuxième seconde, j’ai pris les devants. J’ai démarré dès la rentrée avec de meilleures habitudes. J’ai anticipé sur les contrôles. J’ai travaillé régulièrement, le soir dans ma chambre ou pendant les heures d’étude et de permanence. Le secret, c’est de ne rien faire à la dernière minute."

"Le centre équestre est à deux pas"

"Les études en option hippologie me passionnent. Chaque semaine, nous avons deux heures dans cette matière. C’est super intéressant. On apprend à connaître les chevaux, leur comportement, l’alimentation, le squelette, les bobos, l’élevage, les soins en liberté, et la théorie pour passer nos Galops [diplômes de niveaux d’équitation].

En parallèle, une fois par semaine, nous avons une heure et demie de pratique dans un centre équestre. Il est géré par le lycée et il se trouve à deux pas, c’est génial.

Les 50 élèves de l’option, de la seconde à la terminale, montent à cheval, en fonction de leur niveau d’équitation. Sinon, nous avons le même emploi du temps que les autres élèves du lycée : nous suivons les cours 'normaux' et le programme classique.

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La seule différence avec le lycée général, c’est que ceux qui veulent continuer en option équitation passent en première technologique STAV [sciences et technologies de l’agronomie et du vivant]. Ceux qui veulent poursuivre dans les séries ES, S ou L doivent changer d’établissement. Pour ma part, j’ai décidé de rester. J’adore mon lycée !"

"Nous formons une famille"

"Il y a une très bonne ambiance. Nous sommes tous solidaires les uns des autres. Nous nous entraidons énormément. Comme nous vivons une passion commune, cela nous rapproche, nous unit. C’est sûr, nous parlons beaucoup de notre passion. Mais nous ne sommes pas fermés aux autres. Nous parlons à tout le monde. J’apprécie énormément l’ambiance dans ce lycée, entre élèves et avec les professeurs.

Nous sommes peu nombreux en classe, ce qui nous permet de bien nous concentrer. Les surveillants nous connaissent bien. Si un élève a un problème, les adultes sont toujours là pour l’écouter.

Comme nous montons beaucoup à cheval, il nous arrive d’avoir mal au dos par exemple. L’infirmière s'occupe alors de nous. Nous pouvons même avoir un rendez-vous chez l’ostéopathe et y aller en semaine. Il suffit juste de l'autorisation des parents.

La semaine est bien remplie. Le mercredi après-midi, nous n’avons pas cours. Je fais donc d’abord mes devoirs et, ensuite, je pars monter mon cheval. C’est un jeune cheval, en pension dans un autre club, pas très loin d’ici. Je prends soin de lui. Pour l’instant, il est trop jeune pour participer à des compétitions, mais je lui enseigne. Et, un jour, nous serons prêts et nous formerons une équipe de choc tous les deux !

Lucy participe aux compétitions en "complet" (saut, cross et dressage). Ici, elle s’entraîne au saut d’obstacles. // © Florence Levillain pour L'Étudiant
Lucy participe aux compétitions en "complet" (saut, cross et dressage). Ici, elle s’entraîne au saut d’obstacles. // © Florence Levillain pour L'Étudiant

Le jeudi soir, après le cours d’équitation au centre équestre du lycée, nous nous occupons des chevaux, nous les douchons, les brossons, leurs faisons des tresses. Ensuite, nous filons rapidement à la cantine pour dîner. La majorité d’entre nous sont internes, c’est plus pratique. Après le dîner et la douche, nous pouvons enfin étudier."

"L’équitation me donne confiance en moi"

"J’apprends beaucoup à cheval. Pas seulement techniquement. Non, l’équitation m’aide aussi à prendre des décisions dans la vie en général. Quand on avance dans un parcours, il faut savoir choisir la meilleure manière d’aborder un virage, d’évaluer un obstacle, de mesurer la force et de sentir l’humeur du cheval.

Cela me permet d’aller plus facilement de l’avant, sans trop hésiter, en pesant le pour et le contre. J’apprends également à être plus patiente, à contrôler mes émotions et à me détendre."

"J’ai des tas de projets"

"Je passe en première STAV avec l’option équine. Après mon bac, je ferai un BTSA [brevet de technicien supérieur agricole] productions animales, option équine, et je pense le réaliser en alternance. Je vais travailler dans l’élevage. Je passerai sans doute un diplôme spécialisé dans l’élevage des jeunes chevaux. C’est vraiment bien d’avoir une idée précise de ses études et de son métier. C’est sûr, il me reste encore du chemin à parcourir. Mais, j’ai confiance. La vie me sourit !"

L’équitation au lycée

Lucy a fait le choix de passer un bac STAV option hippologie-équitation, au lycée agricole de l’Orne, à Sées (61). Il fait partie d’un EPLEFPA (établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricoles) qui comporte un CFA (centre de formation d’apprentis), un centre de formation pour adultes, le lycée agricole de l’Orne, le lycée professionnel d’Alençon, une exploitation agricole et un centre équestre. Au CFA, il existe des formations équines, le bac professionnel équin et un BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) productions animales option équine.

En seconde, l’option facultative fait partie des enseignements et les notes comptent dans l’appréciation générale. En première et en terminale STAV, l’option fait l’objet d’un contrôle continu, tout au long de l’année, et seuls les points au-dessus de 10 comptent pour le baccalauréat, comme pour toutes les options facultatives.

Comment postuler ? Pour intégrer le lycée avec l’option, en seconde ou en première, il faut passer par l’affectation habituelle, Affelnet, et si possible, dans son académie. Fabrice Rault, proviseur du lycée, précise : "Il existe toujours le système des bonus qui compte un peu : quand les jeunes viennent nous voir aux journées portes ouvertes, qu’ils prennent rendez-vous avec nous, qu’ils se renseignent ou qu’ils visitent le lycée avant, ils augmentent leurs chances."

Lycée agricole de l’Orne, rue du 11-Novembre, 61500 Sées. Tél. 02. 33. 81. 74. 00.
E-mail : legta.sees@educagri.fr.
Les portes ouvertes ont lieu en janvier et en mars.

Plus d’informations sur le site de la Fédération française d’équitation.