Entrer dans un lycée d’élite privé : aussi une affaire de valeurs

Par Sophie de Tarlé, publié le 29 Mars 2011
4 min

Lycée sectorisé, désectorisé, international, privé : pour chacune de ces catégories, nous avons choisi 2 établissements et demandé à d’heureux élus de nous raconter comment ils y étaient entrés.

Le plus souvent, ces institutions recrutent sur dossier et entretien des élèves motivés, adhérant à leur engagement. Exemples dans 2 établissements catholiques parisiens : Saint-Louis-de-Gonzague (plus communément appelé Franklin) et Stanislas.

Maxime est en 1e année de médecine à Paris et a été reçu 15ème aux examens de janvier. L’année dernière, il a décroché son bac S avec mention bien. Le jeune homme, à l’aise dans ses baskets, a passé toute sa scolarité à St-Louis-de-Gonzague, appelé aussi communément Franklin, car situé rue Benjamin-Franklin dans le XVIe arrondissement de Paris. Bastion des jésuites, l’école propose un enseignement de la maternelle aux classes préparatoires, où chaque division est dirigée par un "préfet".


Franklin accueille une majorité de garçons

 
Mais intégrer ce prestigieux établissement qui a scolarisé le ministre de l’Éducation Luc Chatel ne fut pas chose facile pour Maxime. Le niveau est élevé : 100% de réussite au bac, et 30,57% de mentions très bien en juin 2010. Le garçon, qui avait effectué jusqu’alors une scolarité moyenne dans une école primaire publique du quartier, a postulé en 6ème. Sa famille a envoyé un dossier avec son livret scolaire, accompagné d’une lettre de motivation. Dans la lettre, les parents ont insisté sur le fait qu’ils avaient choisi une école catholique, exigeante au niveau scolaire.

Ils ont ensuite été convoqués à un entretien. "Nous étions stressés ce jour-là, comme pour un entretien d’embauche ! Comme je n’ai pas trop l’habitude des écoles privées, ayant moi-même suivi toutes mes études dans le public, j’y ai envoyé mon mari, plus au fait de ce qu’il fallait dire, car j’avais peur de faire des bourdes, de n’être pas habillée assez classique par exemple", se souvient en riant sa mère.

Impeccable dans son costume-cravate, le père, enseignant dans le supérieur, a su trouver les mots pour convaincre le directeur. "J’ai insisté sur le fait que cette école serait très bénéfique pour lui, car elle accueille une majorité de garçons, et mon fils avait déjà 2 sœurs. J’ai également indiqué que je voulais un enseignement plus structuré, plus exigeant, et que je m’intéressais beaucoup à l’éducation, étant moi-même enseignant." Et d’ajouter : "Bien sûr, j’ai aussi souligné que le fait que Franklin était une école catholique était important pour nous, car nous sommes pratiquants." Maxime s’est parfaitement intégré. "Moi qui ne faisais pas des étincelles, j’ai appris à travailler, car il y avait des contrôles tout le temps, et cela me sert beaucoup en médecine", explique-t-il.


À Stanislas, baskets interdites…

 
Stanislas, c’est un immense établissement scolaire catholique qui occupe tout un pâté de maisons, dans le VIe arrondissement de Paris. L’école, qui propose un enseignement de la maternelle aux classes préparatoires, possède même 2 piscines ! Marielle y a fait entrer sa fille en terminale L. "Elle suivait sa scolarité dans un autre établissement, mais elle réussissait sans rien faire, et décrochait les félicitations en travaillant une demi-heure par jour." Les parents décident alors de remplir un dossier qui comprend les bulletins de leur fille, ainsi qu’une lettre de motivation.

Ils sont ensuite convoqués à un entretien, sans elle. "Nous avons expliqué que nous cherchions un établissement plus exigeant au niveau scolaire, car notre fille était dans une classe faible, et mis en avant le fait que l’engagement religieux du lycée était un plus pour nous." Et d’ajouter : "C’est une école catholique : il y a des retraites, des pèlerinages, des conférences données par des chrétiens le samedi, c’est d’ailleurs un peu l’intérêt, car elle coûte très cher."

Ensuite, leur fille a été reçue en entretien toute seule. Il s’agissait de savoir si elle était prête à travailler, mais aussi à adhérer aux valeurs catholiques de l’école, et… au règlement. Car les baskets sont interdites, tout comme les chaussures en toile de la marque Bensimon, et pour la messe, qui est proposée tous les jours aux élèves, on demande de venir en polo.

L’admission en terminale L dans les établissements privés est plus facile, car ces classes manquent d’élèves : cela aurait sans doute été impossible pour la fille de Marielle d’entrer à Stan en terminale S ! Comme dans beaucoup d’écoles privées, il faut s’y prendre le plus tôt possible.
  

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