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Lycées bilingues : l’excellence en VO

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Moins connues que les sections européennes, les sections internationales attirent de brillants lycéens, pas uniquement bons en langue. Qu’y apprend-on et à qui sont-elles destinées ?

"Enrichissons-nous de nos différences" : du mot de Paul Valéry, le lycée international Valbonne en a fait sa devise. Cet établissement public, situé près de Nice (06), prépare à l’OIB (option internationale du baccalauréat) dans des classes spécifiques baptisées sections internationales. Françoise Oros, présidente de l’API (Association des parents indépendants et de sections internationales) y a mis trois de ses enfants. "Les parents sont tellement demandeurs que deux collèges ont ouvert une section internationale dans la région et un troisième va prochainement en ouvrir une", annonce-t-elle. Par ailleurs, Vincent Cassel, Mathieu Kassowitz ou encore Guillaume Musso sont passés par Valbonne. Preuve que le bilinguisme doit sans doute favoriser la créativité !

Si vous êtes attiré par un programme plutôt relevé


En France, 48 établissements proposent actuellement des sections internationales dans 14 langues. Le lycée Valbonne dispose même d’une section internationale de rugby à 7 (la Sevens Academy). Les sections internationales existent également en primaire et au collège. "Les classes sont constituées d’élèves dont l’un des parents est d’origine étrangère, d’élèves d’expatriés ou d’élèves très doués en langue", détaille Anne Pontonnier, qui est directrice des sections internationales au lycée public de Sèvres (92).

Quel est le programme spécifique de ces sections internationales ? Au lycée, les élèves suivent, en plus des horaires normaux, 4 heures de cours de littérature étrangère, ainsi que 2 heures d’histoire-géographie dans la langue de la section (de mathématiques pour la section chinoise) et 2 heures de français. Le niveau est, de fait, plutôt élevé. À l’école bilingue Jeannine-Manuel à Paris, les élèves suivent des cours de littérature anglaise et rendent des dissertations de 4 à 8 pages entièrement en anglais. "En allemand, le programme est très difficile, car le gouvernement allemand a tenu à ce que ce soit du même niveau que le bac allemand !", constate Françoise Oros.

À vous une vie sociale intense !


Il n’y a pas que les cours qui sont différents. L’ambiance est aussi nettement plus festive : voyages, bals de fin d’année, fêtes nationales, carnavals ou repas typiques sont régulièrement organisés.
À l’école bilingue Jeannine-Manuel, les élèves peuvent faire partie d’un club humanitaire et d’un "Debate Club". Et ils ne sont jamais à court d’idées pour récolter de l’argent pour leurs associations. Il y a souvent des baker sales (des ventes de gâteaux), des fashion show (des défilés de mode). Au lycée de Sèvres, les "inters" (comprendre : les élèves de sections internationales) organisent un bal chaque fin d’année, la très attendue "prom"…

Mais il y a un prix à payer…


Pour entrer dans une section internationale, il faut montrer patte blanche. Les candidats doivent réussir un test linguistique (écrit et oral) pointu. Quant aux élèves venant de l’étranger ou d’une école privée hors contrat, ils doivent passer en plus un test en français et en mathématiques.
"Beaucoup d’élèves demandent une section internationale en sixième pour éviter le collège du secteur", avoue Françoise Oros, qui précise tout de même que la sélection n’est pas la même partout. "À Nice, si l’anglais, l’italien et l’espagnol sont pris d’assaut, l’allemand manque assez cruellement de candidats."

Et le prix ?


Surprise : les montants ne sont pas identiques en fonction des langues étudiées et, même dans les établissements publics, les sections internationales peuvent être payantes. Au lycée international de Valbonne, la section allemande est facturée 960 € par an, mais il faut débourser environ 2.000 € par an pour la section anglophone. Au lycée de Sèvres, les sections allemandes et anglophones coûtent aux parents 2.000 € par an. En fait, tout dépend des accords d’échanges de professeurs entre les deux pays. Dans les écoles privées, la facture est plus élevée. Comptez 4.785 € par an à l’école active bilingue Jeannine-Manuel à Paris. Des tarifs qui ne découragent nullement certains parents. Cette année, cette école parisienne très cotée a reçu 1.849 demandes pour 358 places.
Sommaire du dossier
Envie de mettre une dose d’international dans votre bac ? Stéphanie Richardson, 16 ans, élève de première S, en section britannique au lycée de Sèvres (92)