Des affectations dans les lycées publics sauf pour les élèves issus du privé

Par Emmanuel Vaillant, publié le 09 Juillet 2009
4 min

Affelnet, 3ème ! Pour sa troisième édition, le logiciel Affelnet, chargé de valider les inscriptions des collégiens dans les lycées, a connu, cette année comme en 2009, quelques ratés, notamment en région parisienne.

Jeudi 8 juillet 2009, le rectorat de Paris a annoncé que "tous les élèves de Paris entrant en seconde générale sont affectés dans un lycée parisien". Une première étape, le 1er juillet, avait permis l’affectation de 13.000 élèves parisiens (soit 96 % des élèves). Restaient 572 élèves issus de collèges parisiens publics sans aucune affectation après avoir été refusés sur leurs six vœux et qui témoignaient alors de quelques ratés de la procédure Affelnet.

Des parents mobilisés…


A l’évidence, la fronde des parents mécontents s’est révélée efficace. "Dès le 2 juillet, j’ai passé six heures au rectorat, de 8 heures du matin à 14 heures", témoigne Karen, mère d’une collégienne sans affectation malgré un 13/20 de moyenne générale. "On nous a répété qu’il fallait s’inscrire là où il restait de la place, notamment dans des lycées des 12e, 15e et 20e arrondissements. Tout le monde était désolé. Mais la gestion humaine était nulle. On nous répétait que c’était la machine informatique qui avait fait le travail. J’ai refusé et j’ai maintenu la liste des six premiers vœux." Même refus de la part de Sylvie, une autre mère d’élève : "Avec d’autres parents, nous avons interpellé l’inspecteur d’académie jusqu’à être raccompagné à la sortie par des vigiles. Ca a été dur mais cela a permis de se faire entendre." De fait, le 2 juillet, Philippe Fatras, inspecteur d’académie au rectorat de Paris pour le second degré, annonçait la mise en place d’un "1er tour bis" destiné à réexaminer les situations de ces 572 élèves. "La parole a été tenue, souligne Sylvie. Il a été demandé aux proviseurs des lycées de libérer des places, puisque le 8 juillet ma fille a finalement été affectée comme elle le souhaitait au lycée Carnot." Comme la fille de Karen, affectée au lycée Racine, son premier choix.

.. mais pas tous satisfaits

"Si nous ne nous étions pas mobilisés, si nous avions suivi les indications initiales du rectorat, nous aurions dû nous contenter des places restantes, sans broncher", note Hélène Perroud qui a monté un blog pour fédérer les parents mécontents. Sa fille a finalement pu bénéficier de ce "premier tour bis", mais ce n'est pas le cas de tous les parents.
"Je suis un peu désemparée, note Françoise, la mère d'un élève moins chanceux. Quand j'ai appris que les six voeux étaient refusés, nous avons accepté une inscription dans l’un des rares lycées où il restait des places : le niveau n’est pas bon et mon fils va avoir trois quarts d’heures de trajet en métro."Par ailleurs, selon la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques), 800 élèves issus de collèges privés restent sans affectation. "Nous sommes vraiment désespérés, souligne Isabelle, la mère d'une élève d’un collège parisien privé sous contrat. Ma fille a travaillé dur pour se hisser en tête de sa classe au collège car nous savions que seuls les meilleurs pouvaient espérer une place dans un bon lycée public. Et finalement, nous n’avons aucune place. Les élèves issus du privé ont le sentiment d’être définitivement punis d’avoir un jour choisi d’aller dans le privé." Même dépit pour Laurent, père d’un élève qui affiche un 14/20 de moyenne générale : " C’est de la discrimination. Je paie des impôts comme tout le monde et mon fils n’a pas droit au service public de l’enseignement." Discrimination, le mot est lancé par plusieurs parents dans la même situation. Certains ont déjà saisi la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Du côté du rectorat, une commission est prévue à la rentrée pour "étudier les modifications à apporter au système en vue de son amélioration".

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