Lycée : quelles spécialités choisir pour entrer en licence de droit

Par Pauline Bluteau Julien Toury, publié le 11 Janvier 2019 - Mis à jour le 02 Mars 2020
7 min

Quelles spécialités faut-il choisir pour intégrer une licence de droit ? D’ici quelques temps, élèves de seconde, vous devrez vous décider. Pour vous aider, voici quelques conseils de trois responsables de formation.

Avec la réforme du lycée et la suppression des filières ES, L et S, dès le deuxième trimestre, les élèves de seconde doivent sélectionner les trois spécialités qu’ils étudieront en première parmi une liste de 7 à 12 propositions, selon les établissements. Si le droit ne figure pas dans cette liste, l’option sera quant à elle accessible à tous les élèves de terminale dès la rentrée 2020. En attendant, quelles que soient les matières envisagées, les universités mettent surtout l’accent sur la culture générale, essentielle pour entrer en licence de droit.

L’histoire-géo en tête des spécialités

De manière générale, les profils littéraires sont particulièrement recherchés. "Nos étudiants doivent aimer lire et écrire, ce sont des qualités indispensables dans le domaine du droit", affirme Arnaud Haquet, responsable de licence 1 en droit à l’université de Rouen. "Tout au long de leur formation, ils auront besoin de maîtriser le français ou plutôt de savoir mener un raisonnement structuré. Cela ressemble beaucoup à ce que l’on attend déjà dans un devoir d’histoire, d’économie ou de philosophie par exemple", renchérit Karine Foucher, son homologue à l’université de Nantes.

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Selon elle, pour les étudiants certains de vouloir intégrer une licence de droit, la spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politique est une évidence, juste devant les SES (sciences économiques et sociales) et humanités, littérature et philosophie. Un avis partagé par le responsable de l’université de Nîmes, Nicolas Leroy. "Par exemple, ils auront besoin de notions en sciences politiques pour le droit constitutionnel ou le droit des relations internationales, de l’histoire pour le cours sur l’histoire des institutions…". Des compétences littéraires qui ne sont pourtant pas incompatibles avec un profil plus scientifique.

Les sciences, toujours bienvenues

Étant donné que la matière n’est pas enseignée au lycée, les nouveaux étudiants sont sur un pied d’égalité à leur arrivée en licence, et ce, quel que soit leur profil. "Être plus à l’aise en maths et en physique-chimie n’est pas rédhibitoire, au contraire. Les bacheliers scientifiques sont ceux qui réussissent le mieux leur première année parce qu’ils ont un mode de raisonnement qui est recherché en droit", admet Nicolas Leroy. Même constat pour Hervé de Gaudemar, doyen de la fac de droit de Lyon 3 : " Les mathématiques sont une matière importante pour le droit, car le raisonnement juridique se rapproche du raisonnement mathématique".

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Mais Arnaud Haquet émet tout de même quelques réserves. "Les élèves scientifiques aiment avoir une réponse. En droit, ce n’est pas toujours le cas. Il faut l’accepter, certains seront sans doute déçus." Et s'il "faut être logique, bien sûr, le droit ne ressemble pas du tout à de l’algèbre. Nos étudiants font des compositions de trois heures, c’est avant tout de la rédaction", indique Karine Foucher.

Consolidez votre culture générale

Enfin, gardez en tête que l’université attend des profils curieux et ouverts d’esprit. "Ils doivent avoir des connaissances sur l’actualité et une bonne culture générale, insiste Nicolas Leroy. Aujourd’hui, ceux qui bénéficient d’un parcours d’accompagnement en licence de droit suivent des cours sur cela." À l’université de Rouen, le responsable cherche également des élèves polyvalents et capable de s’adapter facilement.

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Pour Hervé de Gaudemar, l'étudiant de droit idéal est avant tout curieux : "nous recherchons des profils ouverts aux curiosités du monde, qui ne trouvent pas rébarbatif de suivre l'actualité quotidiennement", la curiosité est par ailleurs le maître mot du doyen, qui y voit la qualité principale pour être un bon étudiant de droit.

Le professeur encourage les lycéens à bien se renseigner sur cette licence car, même s’il n’y a pas de "par cœur" comme certains l’imaginent, le travail est très conséquent. "Ceux qui ont la chance de pouvoir suivre l’option droit et grands enjeux du monde contemporain en terminale doivent le faire, car le cours amorce déjà des problématiques abordées en licence", recommande Karine Foucher.

Aucune porte n'est fermée

Les responsables de formations s’accordent à dire que le choix des spécialités n’aura pas vraiment d’impact dans le processus d’admission en licence. "Il faut être bon partout, ne pas se fermer des portes", poursuit Nicolas Leroy. Karine Foucher nous précise "actuellement, nous regardons les notes de français de première, et l'histoire géographie. Comme ces matières restent au tronc commun pour le bac 2021, il n'y a pas de raison que ça change", de plus, avec une épreuve de philosophie comportant les mêmes modalités pour tout le monde, elle ne réfute pas l'idée de l'intégration de cette note dans l'algorithme.

Aussi, la responsable nantaise remarque que des lycéens de plus en plus jeunes se présentent aux portes ouvertes "c'est la première année où je vois des secondes. De même, les élèves de première se font de plus en plus nombreux". Pourtant, il s'agit pour elle de stress inutile "de toute manière, il est préférable de prendre des spécialités dans lesquelles on est à l'aise. L'important est avant tout de savoir et aimer rédiger", sans oublier de préciser "le droit est une matière nouvelle pour tout le monde, il est plus important de venir serein, et de ne pas essayer de trop en faire, il n'est pas obligé ou même recommandé de faire des stages dans des cabinets d'avocats ou de lire des livres de droit avant d'entrer en licence".

Enfin, il existe certains campus proposant une première année de licence alternative, comme à Lyon III, qui a ouvert cette année "l'École de la réussite". Ce dispositif "permet aux étudiants qui n'ont pas les profils idéaux de pouvoir réussir leurs études", indique Hervé de Gaudemar. Son université propose aux profils les plus fragiles une L1 en deux ans, dans le but de mettre à niveau les élèves sur des thèmes transversaux comme le français ou la culture générale, afin que tous soient sur un pied d'égalité pour la réussite de leurs études.

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