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Camille, licence de droit ou DUT carrières juridiques ?

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Actuellement en terminale STG, Camille se sent attirée par le droit. Entre une licence à l’université et un DUT carrières juridiques, quelle est la voie la mieux adaptée à ses aspirations ?

"Je n’ai jamais trop aimé l’école", confie Camille, 18 ans, en terminale STG au lycée Stephen-Liégeard, près de Dijon (21). Un désintérêt particulièrement marqué en classe de seconde, qui a débouché sur son redoublement. "Je me suis retrouvée contre mon gré à suivre l’option SES (sciences économiques et sociales), si bien que je n’ai pas bossé", raconte la lycéenne. Sa deuxième seconde lui a finalement permis de trouver sa voie. "Le proviseur m’a conseillé de choisir l’option IGC (informatique de gestion et de communication). L’année s’est très bien passée et ça a été le déclic pour choisir la filière STG plutôt que la série ES !" Quant au choix de sa spécialité, Camille s’est basée sur un critère complètement indépendant de ses plans d’orientation. "J’ai pris l’option comptabilité et finance d’entreprise, et non communication, uniquement pour échapper aux exposés oraux !" confie-t-elle.

Motivée par le bac

Camille, qui ne se décrit pas comme un bourreau de travail, se dit plus motivée cette année. "Je n’ai jamais autant travaillé, admet-elle. J’apprécie particulièrement des matières comme le droit ou le management. Et puis, il y a le bac à la clé !" Autre source de motivation : améliorer son dossier en vue d’intégrer les cursus qui l’attirent. Si Camille a d’abord pensé au BTS (brevet de technicien supérieur) banque, elle s’est vite reportée sur le DUT (diplôme universitaire de technologie) carrières juridiques. "Je ne me sens pas la fibre commerciale pour devenir chargée de clientèle…"
En France, seuls huit IUT (instituts universitaires de technologie) proposent le DUT carrières juridiques. "Attention, l’intitulé de la spécialité ne reflète pas la pluridisciplinarité du programme, prévient Lucie Rapegno, responsable des études du DUT carrières juridiques de Lyon 3. Beaucoup d’étudiants ne s’attendent pas à avoir de la comptabilité !" outre des cours de droit (commercial, social, constitutionnel, pénal…), le cursus prévoit des enseignements en gestion, fiscalité, langues vivantes, économie d’entreprise, expression juridique, ou encore en information appliquée au droit ou à la gestion.

Des résultats trop justes pour le DUT ?

Pour que les étudiants puissent mûrir leur projet et se préparer à la vie active, des visites d’entreprise sont organisées et des projets tutorés (d’ordre culturel, socio-économique, caritatif) sont menés en petits groupes. Camille, qui n’est pas encore fixée sur un métier, semble séduite. "Tout est fait pour nous aider à trouver notre voie." Autres atouts du cursus : le choix d’une spécialisation en seconde année (banque-assurance, juriste d’entreprise, ou administration publique) et les dix semaines de stage. "J’aimerais bien le faire dans un cabinet d’avocats ou dans une banque", déclare la lycéenne, encore indécise. Mais parviendra-t-elle à passer la cap de la sélection ? En 2007, 745 candidats se sont présentés pour 180 places à Lyon 3… Le recrutement des candidats s’effectue sur dossier à partir des bulletins de première et de terminale et, souvent, d’une lettre de motivation. "Pour chaque dossier, nous examinons tout particulièrement les matières qui demandent des qualités rédactionnelles, mais aussi les appréciations des profs et la motivation de l’élève", précise lucie Rapegno. Au final, ce cursus admet autant de bacheliers STG que de titulaires du bac ES. Un point rassurant pour Camille, mais elle préfère tout de même se renseigner sur la licence de droit à l’université, accessible sans aucune sélection.

La fac "trop théorique"?

Au programme de cette licence, on compte une vingtaine d’heures de cours par semaine, où le droit est abordé sous toutes ses facettes : public, civil, privé, constitutionnel… Le tout complété par une unité de culture générale, des cours de langue et une initiation à l’informatique. Camille semble un peu déstabilisée à la lecture du programme et des exigences de la filière. Le droit est effectivement une discipline qui demande d’assimiler toute une terminologie jusqu’alors inconnue et de se familiariser avec une méthodologie spécifique. "Les cours me paraissent très théoriques et je ne suis pas excellente en dissertation. Je risque d’être défavorisée par rapport aux titulaires d’un bac général", s’inquiète-t-elle. Les STG sont en effet minoritaires en licence de droit. A Dijon, sur 465 néobacheliers inscrits en première année, seuls 11% viennent de cette série. Et leur taux de passage en L2 (deuxième année de licence) tourne autour de 10%.

Se prendre en main

Pour Raphaël Porteilla, vice-doyen à la pédagogie de la faculté de droit de l’université de Bourgogne, "les étudiants issus des séries technologiques cumulent toutes les difficultés classiques sur l’organisation des idées, la culture générale et la rédaction." Mais il y a toujours des exceptions ! "Un bon élève de STG, curieux, maîtrisant bien l’expression et capable de manier l’abstraction, peut très bien réussir. Mais il doit se poser la question de ses aptitudes avant de s’engager", ajoute Agnès Louis-Pécha, assesseur du doyen chargée de la formation à l’UFR (unité de formation et de recherche) droit et sciences économiques de Brest (29).
Autre question à débattre : la capacité à être assidu et à se prendre en main pour travailler en dehors des cours. Pour Camille, la réponse est claire ! "Je ne me vois pas travailler seule à la BU (bibliothèque universitaire). J’ai trop pris l’habitude de ne faire que le minimum demandé…" Alors sa décision s’impose d’elle-même : "Si je vais à la fac, c’est l’échec assuré ! Je serai bien plus à l’aise en DUT !"


Camille commente ses notes

Bac de français : 10/20 à l'écrit, 13/20 à l'oral. "J'ai eu une bonne surprise pour l'oral."
Maths : 10,3/20. "J'avais 14-15 de moyenne l'an passé. Cela se complique cette année."
Philosophie : 9,7/20. "C'est un bon cours pour dormir en première heure de matinée !"
Histoire-géo : 9,1/20. "Je suis en chute libre par rapport à l'an passé."
Anglais : 10,9/20. "J'ai progressé grâce à ma prof de première, qui m'a remise à niveau."
Allemand : 11,7/20. "Parfois, je regrette d'avoir choisi cette langue compliquée."
Comptabilité : 12,5/20. "Une fois les bases intégrées, ça va tout seul ! "
Eco-droit : 12,6/20. "Je préfère le droit à l'éco, c'est bien plus concret !"
Management des organisations : 9,3/20. "J'aime beaucoup, mais j'ai eu un accident."



Photo : Zir


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