1. Orientation : suivre ses amis, une bonne idée ?

Orientation : suivre ses amis, une bonne idée ?

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À 15, 18 ou 20 ans, vous êtes nombreux à vous interroger, tâtonner, hésiter. Une incertitude qui ne doit rien à votre niveau scolaire ou à vos capacités ! L'avenir effraie, l'enfance rassure.

"À la fin du lycée, on est encore jeune, et la peur de grandir peut parfois paralyser, explique Anne Pesle, psychologue clinicienne. Alors si on a besoin de rester avec ses copains après le bac, pourquoi pas ? C'est une motivation, et parfois ça marche !"

Suivre ses amis : pas forcément une mauvaise idée

Ce fut le cas pour Mathilde, 19 ans, qui a suivi ses deux meilleures copines et s'est retrouvée en licence de cinéma à Paris 3 – Sorbonne-Nouvelle. "Être dans le désir de l'autre peut tenir lieu de projet, dit Michel Roger-Gilmert, directeur du CIO (centre d'information et d'orientation) Paris Centre, à condition d'en avoir conscience et de savoir pourquoi on le fait."

L'expérience, pour Mathilde, a été convaincante... même si elle a l'intention de bifurquer vers d'autres études à la rentrée 2013. "Je ne regrette pas, dit-elle, on était ensemble, on s'est soutenues, surtout les premières semaines. Maintenant, on vole chacune de nos propres ailes puisqu'une seule va continuer. Ça nous a rassurées. Je n'ai pas le sentiment d'avoir perdu mon temps."

Consciente d'aimer les matières littéraires, Mathilde se tournera vers une licence de lettres pour devenir professeur de français. Un parcours qui ne lui était pas venu à l'esprit en terminale.

Vous avez le droit à l'erreur

"Je martèle à mes élèves qu'on n'est pas sur des rails, la vie est faite de croisements et de rencontres. Il faut rester en alerte et s'imprégner de tout, y compris des choix et désirs des proches, copains et famille", souligne Myriam, prof d'espagnol à Marseille (13). Se tromper fait partie des expériences de la vie. S'engager dans une voie pour toujours n'a plus de sens.

"Nous sommes pressés, reconnaît Michel Roger-Gilmert, mais il existe des dispositifs qui permettent de se former tout au long de la vie, de prendre des chemins de traverse." Voire de changer de direction. Actuellement, en France, plus de la moitié des actifs ont une activité professionnelle qui ne correspond pas à leur formation initiale selon l'INETOP (Institut national d'étude du travail et d'orientation professionnelle).

Julia, enseignante de SVT (sciences de la vie et de la Terre) et professeure principale d'une classe de troisième à Rouen (76), en est l'illustration parfaite. Elle-même a été musicienne et intermittente du spectacle avant de se consacrer à la pédagogie. Elle est bien placée pour expliquer à ses élèves que les parcours sont faits de bifurcations et de tâtonnements ! Moralité ? Quand vos parents ou vos professeurs vous répètent qu'il faut réfléchir à votre avenir, ne levez pas systématiquement les yeux au ciel !

"J'ai l'impression de parler à mes élèves d'un futur très éloigné, reconnaît Julia. Comment voulez-vous qu'ils sachent ce qu'ils feront dans quatre ans... alors qu'ils ignorent leur programme du week-end suivant ! Mais je ne lâche pas. J'insiste sur la diversité des filières et des chemins pour arriver à un métier, sans être sûr de l'exercer toujours.


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