1. L'école de la République ne se fera pas sans les lycéens
Décryptage

L'école de la République ne se fera pas sans les lycéens

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Manifestation lycéenne à Toulouse (31), le 10 janvier 2015, contre le terrorisme et en hommage aux victimes des attentats contre "Charlie hebdo" et le supermarché casher // © Lydie Lecarpentier/REA // © R.E.A
Manifestation lycéenne à Toulouse (31), le 10 janvier 2015, contre le terrorisme et en hommage aux victimes des attentats contre "Charlie hebdo" et le supermarché casher // © Lydie Lecarpentier/REA // © R.E.A

Davantage d’éducation civique, de débats, un site Internet pour lutter contre les théories complotistes.Telles sont les principales demandes des lycéens après les attentats de Paris de janvier 2015.

Pour les représentations lycéennes, reçues lundi 12 janvier 2015 par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, la transmission des valeurs républicaines passe d'abord par une revalorisation des heures d'ECJS (éducation civique, juridique et sociale). "Trop souvent, les professeurs utilisent ces cours pour leur discipline, regrette Naïm Shili, vice-président de l'UNL [Union nationale lycéenne]. Or, ils sont un espace de réflexion essentiel."


Renforcer la vie lycéenne


"Il faut également redynamiser les instances de vie lycéenne, à commencer par le CVL [Conseil des délégués pour la vie lycéenne]", explique Naïm Shili, qui propose de les étendre aux collèges (CVC, Conseil des délégués à la vie collégienne). La FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) demande à ce qu'une semaine contre le racisme soit organisée dans tous les établissements scolaires, "histoire de lutter contre les préjugés, d'expliquer ce que sont les discriminations et ainsi apprendre à mieux vivre ensemble", insiste Zoia Guschlbauer, présidente de l'organisation lycéenne.

Des espaces pour débattre


Pour les lycéens, l'éducation aux valeurs de la République doit nécessairement se faire par les pairs. "Un jeune écoutera plus facilement un autre lycéen qu'un prof", insiste Naïm Shili. D'où la nécessité de prévoir des espaces d'échanges et de débats au sein du lycée. Cette demande n'est pas nouvelle mais aujourd'hui, elle est impérative. "On voit bien depuis les attentats que les lycéens ont besoin d'échanger, de confronter leurs points de vue", analyse la présidente.

Un site Internet pour lutter contre les théories complotistes


Enfin, face à la menace que constituent les théories complotistes qui prospèrent sur la toile, l'UNL, la FIDL et le SGL (Syndicat général des lycéens) proposent de créer un site Web, géré en commun. "L'idée est de déconstruire les représentations erronées, les idées reçues et de développer l'esprit critique des jeunes", explique Naïm Shili.

En attendant des propositions concrètes de la ministre, la FIDL engage les lycéens à rejoindre la marche pour la "Paix et la solidarité" qui démarre le 13 janvier de Bordeaux et compte rejoindre Paris le 23 janvier 2015.