1. Métiers d’avenir : la vie en vert

Métiers d’avenir : la vie en vert

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Atelier de montage à l'usine Alstom de Saint-Nazaire (44), dédiée à la production d'éoliennes offshore. // © Jean Claude MOSCHETTI/REA
Atelier de montage à l'usine Alstom de Saint-Nazaire (44), dédiée à la production d'éoliennes offshore. // © Jean Claude MOSCHETTI/REA

L’environnement est un secteur d’avenir, peut-être le vôtre ? Façonnez le monde de demain, en choisissant des emplois en devenir ou nouveaux.

De nombreuses entreprises ou administrations publiques se trouvent dans l'obligation d'investir dans l'environnement. Les récentes normes européennes, ou bien encore ­l'accord international auquel devrait aboutir la COP21, contraignent les entreprises à opter pour de nouvelles pratiques. Ces dernières les poussent à se doter, par exemple, de chargés de mission RSE/DD (responsables sociétaux des entreprises-développement durable) qui contribuent à améliorer les comportements écoresponsables.

L'environnement, vecteur d'emplois

Le gouvernement enchaîne les annonces et les mesures pour lancer une dynamique de création d'emplois. Dernière en date : la loi sur la transition énergétique, adoptée en juillet 2015, qui vient relancer les engagements de la France sur les énergies renouvelables et l'économie d'énergie.

De la conception à l'utilisation, la palette de métiers est large et couvre tous les niveaux de qualification : ingénieur chargé d'exploi­tation, conducteur de ­travaux, technicien de maintenance en électromécanique ou électrotechnique, développeur, responsable de la gestion d'énergie...


"C'est un gisement d'emplois considérable", s'est félicitée Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, le jour de l'adoption de cette loi. Celle-ci prévoit en effet de porter la part des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque...) à 23 % de la consommation en 2020 (contre 14 % aujourd'hui) et à 32 % en 2030. Un objectif qui devrait permettre de nombreuses embauches, essentiellement chez les ingénieurs et les techniciens.

"Aujourd'hui, on compte 75.000 emplois dans les énergies renouvelables, 100.000 emplois supplémentaires sont prévus d'ici à 2020", chiffre Damien Mathon, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables.

Des métiers traditionnels en évolution

À partir de 2017, des directives européennes rendront également obligatoires des normes à respecter dans le secteur du BTP (bâtiment et travaux publics). De quoi espérer des débouchés favorables. D'ici à 2020, la France s'est engagée à réduire la consommation d'énergie de 38 % dans le bâtiment, qui est le secteur le plus énergivore.

"Les métiers du BTP évoluent avec le numérique, qui permet désormais de dessiner les pièces dont on a besoin en 3D, mais aussi de calculer les procédés thermiques. La maîtrise de l'écoconception et la connaissance des normes environnementales sont également des compétences recherchées”, estime Vincent Tastet, professeur en STS (section de technicien supérieur) systèmes constructifs bois et habitat, au lycée Haroun-Tazieff à Saint-Paul-lès-Dax (40). Une évolution qui peut vous permettre de jouer la carte "jeune geek" à l'entretien d'embauche...

Aujourd'hui, on compte 75.000 emplois dans les énergies renouvelables, 100.000 emplois supplémentaires sont prévus d'ici à 2020

Ainsi, certains métiers se sont transformés de manière ­radicale en incluant le développement durable. Architecte, agriculteur, responsable de parcs et jardins, menuisier, technicien dans une station d'épuration... Ces professions sont désormais confrontées aux impératifs écologiques et aux nouvelles normes environnementales. Et deviennent des métiers d'avenir.

"La dimension du développement durable est transversale. Elle influe sur tous les métiers. On ne peut pas vraiment parler de nouveaux métiers, mais plutôt d'évolution", analyse Pierre Lamblin, directeur du département études et recherche de l'APEC (Association pour l'emploi des cadres).

De nouvelles compétences...

"Métiers du futur" ne veut pas dire "métiers de science-fiction". En dehors des nouveaux métiers concernant l'économie d'énergie et l'informatique (invention de nouveaux logiciels pour mieux gérer l'énergie par exemple), les postes à pourvoir restent assez traditionnels. "Les entreprises recrutent de plus en plus dans le management énergétique. Il s'agit de responsables – energy managers –, qui surveillent l'utilisation des ressources (énergie, eau, déchets...) et réalisent des études pour réduire la consommation d'énergie des entreprises", observe Jens Bicking, dirigeant du cabinet de recrutement ­Elatos, spécialisé dans l'environnement.

... pour de nouvelles professions

Des fonctions dérivées de métiers déjà existants voient également le jour. "Certains métiers émergents peuvent représenter de bonnes opportunités pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, notamment dans les domaines de l'hygiène et de la sécurité, où le responsable QHSE (qualité-hygiène-sécurité-environnement) se voit attribuer de nouvelles compétences", cite Pierre Lamblin.

Les exigences internationales et nationales en termes de réglementation, de compétitivité et d'innovation ont, par voie de conséquence, entraîné le développement de nombreux autres métiers, tels que l'ingénieur sites et sols pollués, l'ingénieur qualité de l'air ou encore le juriste spécialisé en droit de environnement.

Trois familles de métiers
Le COE (Conseil d'orientation pour l'emploi) comptabilise, dans le secteur de l'environnement, 3 catégories de métiers :
ceux dont la finalité n'est pas environnementale et ceux qui doivent désormais intégrer de nouvelles compétences pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale dans le geste métier (acheteur, ingénieur, juriste, responsable de communication, technicien du bâtiment, etc.) ;
ceux qui devraient se développer sans voir de modification majeure de leur contenu (dans les transports collectifs, le traitement des déchets, la dépollution, etc.) ;
ceux dits "verts" au sens strict dont la finalité et les compétences mises en œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et les dommages sur l'environnement (conseiller en environnement, écodéveloppeur, etc.).

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