Postuler dans le secteur médical, paramédical ou social

publié le 13 Février 2007
16 min

Pas de doute, le secteur de la santé comme celui du social regorgent d’emplois. Autant dire qu’une fois votre diplôme en poche, vous aurez toutes les chances de trouver un poste dans les plus brefs délais. Ne vous précipitez pas pour autant sur la première offre venue !Entre les départs à la retraite, l'augmentation de la demande de soins et l'insuffisance du nombre de jeunes diplômés, nul doute que les futurs médecins, sages-femmes, infirmiers… sont très attendus, à l'hôpital comme en libéral. Même scénario du côté des métiers du secteur social portés par une demande croissante.

Avant de se lancer

Sonder ses envies

Posez-vous les bonnes questions. Quel que soit votre métier, mieux vaut au préalable faire le point sur vos exigences et les contraintes que vous êtes prêt à accepter : souhaitez-vous être salarié d’un établissement ou travailler en libéral ? À temps plein ou à temps partiel ? Etes-vous prêt à travailler de nuit ? Préféreriez-vous travailler auprès d’enfants, d’adultes, de personnes âgées, de personnes handicapées ? Autant de questions qui vous permettront de dresser une priorité dans vos candidatures, et de privilégier, selon les cas, le travail en institution médico-sociale, en hôpital, en clinique ou encore en cabinet libéral. Plus trivial, mais tout aussi important : le facteur géographique.

Evaluez bien vos diponibilités.
Dans un secteur qui exige souvent une grande disponibilité et un planning variable, pensez à bien calculer votre temps de trajet domicile/lieu de travail, en particulier pour les établissements situés à Paris. Pour cela, rien de tel que les stages !

L’impact des stages

De l'importance de la pratique... De la médecine aux filières du travail social, en passant par les multiples voies du paramédical, presque toutes les formations du secteur incluent une part considérable de pratique, à travers de nombreux stages. Indispensables, notamment pour acquérir la technicité et le relationnel nécessaires aux métiers du secteur, ces stages sont l’occasion pour les étudiants de découvrir la multiplicité des lieux d’exercice possibles, des pathologies, des types de publics. Et conditionnent souvent la future recherche d’emploi. « Une partie des étudiants sont d’ailleurs embauchés directement à l’issue du dernier stage, parfois avant même l’obtention officielle de leur diplôme ! », constate Élisabeth Javelaud, de l’AFORTS.... dans le choix d'une carrière. D’une manière générale, le choix des stages effectués pendant la formation vous permettra d’ébaucher un projet professionnel, à partir des impressions et contacts recueillis au long de ces expériences de terrain. Au final, le regard du recruteur variera en fonction des ses attentes : certains apprécieront une diversité d’expériences, d’autres seront plus sensibles à une forme de spécialisation. Pas de panique, quoi qu’il en soit la mobilité caractéristique du secteur permet de passer facilement d’un public ou d’une structure à l’autre en cours de carrière.


Où postuler ?


Choisir la fonction publique

Éducation nationale, collectivités territoriales, hôpitaux publics… La fonction publique constitue un débouché majeur pour les professionnels du social, du médical et du paramédical. Elle exige cependant des modalités d’accès spécifiques, variables selon que l’on souhaite intégrer la fonction publique hospitalière (FPH), la fonction publique territoriale (FPT) ou la fonction publique d’État (FPE). Les départements et les communes emploient ainsi un certain nombre de travailleurs sociaux, médicaux et paramédicaux au sein de leurs structures : centres de PMI (protection maternelle infantile), circonscriptions d’action sociale, crèches, établissements d’accueil pour personnes âgées… L’accès à ces emplois relevant de la FPT se fait par le biais d’un concours sur titre avec épreuves : une fois votre diplôme d’État d’infirmière ou d’assistant de service social en poche, vous devrez donc passer un concours, organisé une à plusieurs fois par an, par métier, selon les besoins en recrutement.

Tous les concours de la filière médico-sociale sont gérés par les centres de gestion (CDG) de la FPT. Connectez-vous donc sur le site www.fncdg.com pour trouver le calendrier des sessions. Une fois le concours obtenu, vous ne serez pas affecté automatiquement sur un poste, mais devrez effectuer votre propre recherche d’emploi. Toutefois, « au vu des difficultés de recrutement actuelles, notamment dans le domaine de la petite enfance, il est possible de postuler aux offres avant même d’avoir passé le concours. Les candidats embauchés par ce biais sont non-titulaires, le temps de régulariser leur situation en passant le concours », explique Pascale Jeannel, responsable du service Bourse de l’emploi au CDG de la Petite Couronne. Un mode de recrutement assoupli qui vaut aussi pour la FPH.

Si les médecins doivent passer le concours de praticien hospitalier pour y exercer, la plupart des personnels paramédicaux sont actuellement recrutés en CDD, sans passer par le concours sur titre normalement exigé. « Une évaluation du professionnel embauché est réalisée tous les six mois, sur une période allant de un à trois ans, et s’il fait ses preuves, il est ensuite mis “en stage” avant d’obtenir sa titularisation », explique-t-on à la DHOS (direction de l'hospitalisation et de l’organisation des soins).

Pour exercer dans la fonction publique d’État, enfin, le concours sur titre avec épreuves est de mise. Ainsi, les futurs médecins scolaires doivent-ils passer, une fois leur doctorat de médecine en poche, un concours de l’Éducation nationale, suivi d’une formation d’un an à l’École de santé publique de Rennes.
 

Débuter par l’intérim

Vous souhaitez débuter à votre rythme,toucher à tous les types d’établissements et de services, voir du pays avant de vous engager ? Sachez qu’il existe des sociétés d’intérim spécialisées dans le médical et le médico-social, qui assurent le recrutement de professionnels intérimaires pour le compte d’hôpitaux, de cliniques ou d’instituts médico-sociaux.

Principal avantage de la formule : pouvoir poser ses conditions en termes d’horaires, de type d’établissement, de secteur géographique. « Cela permet de travailler à la carte en quelque sorte : seulement quelques jours par semaine, par exemple, ou exclusivement la nuit et les week-ends », résume Stéphane Volleau, chargé de communication à l’Appel médical. Cette société recrute ainsi des sages-femmes, des préparateurs en pharmacie, des pharmaciens d’officine et d’industrie, des infirmiers, des aides-soignants, des manipulateurs en radiologie, mais aussi des AMP (aides médico-psychologiques) et des éducateurs spécialisés sur des missions plus ou moins longues, et partout en France. L’occasion, notamment, d’aller passer quelques mois dans les DOM-TOM ! Et de bénéficier d’une rémunération supérieure, par le jeu des fins de contrat.
 

S’installer en libéral

L’installation vous tente ? Nombre de professionnels médicaux et paramédicaux exercent en libéral, soit au sein de leur propre cabinet individuel, soit en association avec des collègues. C’est notamment le cas de la grande majorité des médecins spécialistes, des orthophonistes, des pédicures-podologues, des masseurs-kinésithérapeutes ou des orthoptistes. L’installation vous tente ? Sachez que peu de professionnels se lancent dans cette aventure dès l’obtention de leur diplôme. « Mieux vaut commencer par des remplacements, conseille Stéphane Michel, administrateur national du SNMKR (Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs). À l’école, la plupart des stages se déroulent en milieu hospitalier et les étudiants ont donc très peu de contacts avec le libéral. Pour se familiariser avec tout l’aspect gestion et comptabilité que cela implique, mieux vaut y aller progressivement ! »

2 ans d'expérience avant de s'installer. Pour les infirmières, les conditions sont claires : une expérience de deux ans en soins généraux est requise avant toute installation. « Il faut pouvoir faire face à toute éventualité sans le soutien d’une hiérarchie et d’une équipe. Cela demande de l’expérience et de la maturité », note Annick Touba, présidente du SNIIL (Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux). Mais aussi une bonne condition physique et une grande disponibilité, la plupart des libéraux officiant sur des tranches horaires plutôt larges afin de rentabiliser leur activité. Assistanat, association, rachat de clientèle… plusieurs formules s’offrent aux jeunes candidats à l’installation.

Pour vous lancer en toute sécurité, pensez à contacter au préalable vos associations et syndicats de professionnels, qui proposent souvent un conseil juridique en la matière. Parmi les procédures à suivre en règle générale, notez d’ores et déjà les suivantes.
- Si votre profession dispose d’un ordre, inscrivez-vous auprès de cette instance (c’est le cas des médecins et sages-femmes).
- Faites enregistrer votre diplôme auprès de la DDASS du département de votre résidence professionnelle : vous obtiendrez alors votre numéro et votre carte professionnelle. Inscrivez-vous à la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) dont relève votre résidence professionnelle. Vous figurerez dès lors sur les listes CPAM, et obtiendrez des feuilles de soins pré-identifiées sur lesquelles figurent vos numéro et adresse professionnels.
- Remplissez une déclaration unique d’activité à l’URSSAF (Union de recouvrement de la sécurité sociale et des allocations familiales) du département de votre résidence professionnelle.
- Souscrivez une assurance responsabilité civile professionnelle auprès d'une compagnie d'assurance.
- Informez-vous auprès des syndicats sur les modalités juridiques liées à votre statut de collaborateur, de remplaçant ou d’associé, notamment pour la rédaction du contrat.
 

Se lancer dans l’humanitaire

Médecins, infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, techniciens de laboratoires, éducateurs spécialisés... Les professionnels de la santé, et dans une moindre mesure, du social, figurent évidemment parmi les recrues privilégiées de l’humanitaire. Si l’expérience vous tente, rendez-vous aux réunions d’information organisées par les différentes ONG (Organisations non gouvernementales) pour recruter de futurs volontaires à l’expatriation. Cela fait, la procédure à suivre est classique : envoi d’un CV et d’une lettre de motivation, puis entretien de recrutement. « Il permet de mieux cerner le projet du candidat, de voir comment il compte inscrire cette expérience dans son parcours professionnel et personnel, et s’il dispose de l’ouverture d’esprit et de la maturité nécessaires pour partir », résume Stéphane Robin, de MSF (Médecins sans frontières).

Chez MSF,d’autres critères objectifs conditionnent le recrutement : disposer du niveau « licence de remplacement » (fin d’internat) pour les médecins, du diplôme d’État ou autre diplôme professionnel requis selon la profession, assorti de deux ans d’expérience professionnelle pour les personnels paramédicaux. Pour les personnels éducatifs (éducateur spécialisé, moniteur-éducateur), une bonne expérience du terrain peut se substituer au diplôme. Tous doivent accepter de partir pendant six mois au minimum et maîtriser l’anglais.
 

Dénicher les offres d’emploi (sites, revues spécialisées…)
 

Au vu des difficultés de recrutement actuelles, les employeurs n’hésitent pas à démarcher les professionnels au sein même des centres de formation ! « Nous connaissons bien les dates de sortie des promotions d’infirmiers et d’aides-soignants. Nous contactons les écoles à cette période afin de leur communiquer les postes disponibles », confirme Édith Pesquet, directrice de la clinique Saint-Hilaire, à Rouen. Certains hôpitaux réalisent également des séances d’information au sein des écoles, afin d’exposer leurs modalités de recrutement et de prendre, pourquoi pas, quelques premiers contacts. Outre les écoles, et bien sûr l’ANPE, plusieurs revues spécialisées dans le médico-social, comme les Actualités sociales hebdomadaires (ASH), Lien social ou encore la Gazette Santé Social, diffusent des offres d’emploi émanant notamment du secteur associatif ou des collectivités territoriales. Autre piste : les magazines ultra-spécialisés comme L’Orthophoniste, La Revue de l’infirmière, l’Aide-soignante, ou encore Vocation Sage-Femme, ainsi que les nombreux sites Web mis en place par les associations et syndicats de professionnels (www.orthophonistes.fr, www.infirmiers.com, www.emploisante.com…).

Vous recherchez un poste dans la fonction publique territoriale (FPT) ? Rendez-vous directement sur le site du Centre national de la FPT (www.cnfpt.fr) ou celui de la Fédération nationale des centres de gestion de la FPT (www.fncdg.com), qui recensent toutes les offres par région et par filière. Du côté de la fonction publique hospitalière, notez que l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) propose, sur son site (www.aphp.fr) un espace de recrutement : les postes disponibles au sein des trente-huit hôpitaux gérés par l’AP-HP y figurent, et il est possible de déposer son CV en ligne. Enfin, le bouche à oreille se révèle aussi très efficace dans le secteur, en particulier pour les postes en cabinet libéral.


Convaincre un employeur

Candidatures spontanées appréciées

 

Si les offres d’emploi sont légion dans le secteur, n’hésitez pas à effectuer, parallèlement, des candidatures spontanées. Pour les recruteurs de travailleurs sociaux comme de personnels paramédicaux, elles représentent en effet un vivier de profils dans lequel puiser au moment où un poste se libère.

Auprès des cliniques privées comme des hôpitaux privés ou publics, ou encore dans le secteur associatif, le traditionnel courrier incluant CV et lettre de motivation demeure la règle. « Pour les associations gérant plusieurs établissements, l’idéal est d’effectuer une double candidature : à la fois auprès du siège de l’association et directement auprès de celui ou ceux de ses établissements qui intéressent particulièrement le candidat », précise Paul Garrigues, DRH de l’association l’Acodège, à Dijon. Même principe pour les hôpitaux de l’AP-HP : « Déposer son CV sur le site de l’AP-HP est une première démarche facile, qui ne coûte rien, mais mieux vaut, en outre, écrire individuellement aux hôpitaux qui vous attirent en priorité », insiste Michelle Bressand. Et ne pas hésiter à décrocher son téléphone pour demander directement un rendez-vous avec la direction des soins !

En libéral, cette démarche simple suffit d’ailleurs pour décrocher un poste. « Tous les professionnels ont du mal à trouver des remplaçants en ce moment : un jeune diplômé a donc toutes les chances de trouver un emploi en faisant simplement le tour des cabinets de sa région ! En la matière, c’est la qualité du contact qui va primer sur le CV », relève Sylviane Lewik, orthophoniste, membre de la FNO (Fédération nationale des orthophonistes). Même principe pour postuler auprès des cabinets de masseurs-kinésithérapeutes ou d’infirmières libérales, eux aussi submergés.
 

Une lettre de motivation pertinente

Le bon diplôme ne dispense pas de motiver sa candidature ! Point commun des professions sociales, médicales et paramédicales : tout professionnel doit justifier d’un même diplôme, obligatoire pour exercer. Ce diplôme est donc le principal critère de recrutement du secteur, et atteste de la motivation des jeunes professionnels, souvent passés par un concours et des études denses pour atteindre leur but. Cette particularité, alliée à l’ampleur des débouchés ne vous dispense pas pour autant de rédiger avec soin votre lettre de motivation. Elle constitue, au minimum, un moyen pour le recruteur d’estimer votre niveau d’expression : éviter donc à tout prix les fautes d’orthographe et de grammaire, les phrases trop longues et peu intelligibles.

Dans l’ensemble, les recruteurs du secteur souhaitent disposer d’un personnel ouvert, curieux et polyvalent. N’hésitez donc pas à indiquer clairement vos préférences, mais sans vous montrer trop exclusif, en adoptant, par exemple la formule suivante : « Je suis intéressé par tel ou tel service de votre hôpital, mais s’il n’est pas possible d’y exercer dans un premier temps, je suis tout à fait disposé à officier dans tel ou tel autre, en fonction des postes disponibles à l’heure actuelle. »

À l’inverse,ne pas hésiter à spécifier clairement des souhaits portant sur des postes traditionnellement difficiles à pourvoir : « Si je reçois la candidature d’une infirmière prête à travailler au bloc opératoire, ou volontaire pour le travail de nuit, les urgences, je n’hésite pas un instant à la contacter ! », souligne Édith Pesquet, directrice de clinique. Pensez également à préciser clairement des éléments pratiques déterminants : que vous habitez non loin de l’établissement concerné, que vous pouvez faire garder vos enfants à toute heure… autant d’atouts pour assumer des gardes sans souci. Enfin, n’hésitez pas à mettre en valeur votre connaissance de l’établissement (sur sa réputation, grâce à un stage…), et certains détails extra-professionnels : « J’aurais tendance à contacter en priorité une personne ayant déjà eu un véritable engagement associatif », note ainsi Paul Garrigues, DRH de l’association l’Acodège.
 

Réussir les entretiens d’embauche
 

Quant à l’entretien, il se déroule, pour les hôpitaux et cliniques, en présence du chef de service concerné (cadre infirmier, cadre médico-technique, cadre rééducateur selon les professions) et éventuellement du directeur des soins.

Pour Michelle Bressand, directrice des soins à l’AP-HP, c’est le moment pour le candidat de poser les bonnes questions : « Demander quelles sont les pathologies traitées dans le service, s’il y a des cours à revoir en préparation, comment se passe la formation à la prise de poste, s’il est possible de visiter les unités de soins, etc. » Bref, se montrer acteur de la rencontre. Dans le secteur social, c’est en général le directeur d’établissement qui effectue le recrutement. La personnalité du candidat est alors évaluée de manière attentive : « La maturité du candidat, ses affinités avec le public concerné, sa capacité à intégrer une équipe sont autant d’éléments déterminants pour une embauche », relève Élisabeth Javelaud, de l’AFORTS.

Bon à savoir : de bonnes pistes pour l’emploi !

 

Dans le secteur paramédical, les établissements médico-sociaux ont du mal à recruter leur personnel paramédical, notamment en raison de salaires moins attractifs que dans le libéral, et du fait de la prédominance d’emplois à temps partiel dans ce secteur. Autant dire que les orthophonistes, masseurs-kinésithérapeutes et autres ergothérapeutes sont les bienvenus sur ces emplois, proposés notamment par les IME (instituts médico-éducatifs), les CMPP (centres médico-psycho-pédagogiques), les établissements d’hébergement pour personnes handicapées ou âgées, etc. Une activité qui peut se combiner, dans le cadre d’un exercice mixte, avec un poste en libéral.

Dans le secteur social, les postes les plus difficiles à pourvoir sont ceux qui impliquent des conditions de travail jugées difficiles, eu égard à la nature du public concerné mais aussi aux horaires à accomplir. C’est notamment le cas des métiers d’éducateur de rue, ou d’éducateur au sein des centres éducatifs renforcés. Si vous vous sentez la fibre pour intervenir dans ce domaine crucial, qui exige un fort investissement, sachez qu’on a besoin de vous !

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