Coronavirus : santé, industrie, tech... Zoom sur ces secteurs qui tournent à plein pour combattre l’épidémie

Par Etienne Gless, publié le 01 Avril 2020
6 min

La crise met à l’arrêt ou au ralenti des pans entiers de l’économie. Mais d’autres secteurs sont sur le pont et extrêmement mobilisés. Outre les métiers de la santé à l'hôpital, des entreprises industrielles réorientent leur production et tournent à plein régime pour répondre aux besoins urgents.

Les hôpitaux en quête de renforts en personnel soignant

Le pic de l'épidémie n'est pas encore atteint mais les capacités d'accueil des hôpitaux sont déjà au maximum. Bien sûr, si vous êtes déjà un professionnel de santé ou vous préparez à le devenir (étudiant en médecine, élève infirmier, futur aide-soignant…) vous pouvez rejoindre la réserve sanitaire pour effectuer des missions de courte durée ou vous porter volontaire via la plateforme Renforts-Covid et son appli medGo.

"Certains métiers ou personnes travaillant dans le domaine de la santé sont particulièrement recherchés par les établissements", explique-t-on à l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France : les médecins urgentistes ou spécialistes en réanimation et soins intensifs sont particulièrement recherchés ainsi que les chirurgiens. Côté infirmiers ce sont les spécialités d’infirmier anesthésiste (IADE) et d’infirmier de bloc opératoire (IBODE) qui sont le plus sollicités par la crise sanitaire. Les pharmaciens et préparateurs en pharmacie sont également mobilisés dans la guerre contre le virus, à l’hôpital, mais surtout dans les officines.

Soin, entretien… d'autres métiers très utiles à l'hôpital

Les aides-soignants sont chargés d'être aux petits soins pour les malades et, outre les gestes du quotidien (aide aux repas, à la toilette), ils ont aussi un rôle psychologique majeur. Le diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS) se prépare en 1 an. Aucun diplôme n’est requis pour entrer en formation, même si un bac pro ASSP (Accompagnement soins et services à la personne) est un plus.

Chargés de nettoyer les locaux des hôpitaux, les agents et employés de services hospitaliers (ASH et ESH) jouent un rôle crucial en matière d’hygiène. Des métiers humbles et néanmoins très utiles pour prévenir la propagation de l’épidémie. Pas de formation requise pour entrer dans le métier, mais vous pouvez envisager de devenir aide-soignant après une validation des acquis de l’expérience.

Pour tourner, la chaîne de soins a également besoin de conducteurs ambulanciers : le diplôme d’État d’ambulancier est obligatoire pour exercer, mais vous pouvez y entrer sans formation préalable : la formation dure environ 18 semaines. Vous devez également posséder le permis de conduire B depuis au moins 3 ans, ainsi qu’une attestation de formation PSC1 (Prévention et secours civiques de niveau 1, anciennement attestation de formation aux premiers secours).

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Les hôpitaux ont aussi besoin de profils "tech"

En Ile-de-France l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a lancé un appel au volontariat pour des compétences hors personnel soignant. Ainsi, celles et ceux qui possèdent des compétences en secourisme (au-delà du PSC1), en développement informatique, en data science, en gestion de stocks et logistique, sont invités à se porter volontaires.

Pour fabriquer eux-mêmes grâce aux technologies d'impression 3D les matériels dont ils ont un besoin urgent, les hôpitaux de l'AP-HP ont créé la plateforme collaborative covid3D.org. Des groupes de travail ont été lancés pour concevoir et fabriquer des poignées de portes sans contact, des masques, des visières, des respirateurs ou encore des pousse-seringues.

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L'industrie mobilise ingénieurs, techniciens et ouvriers pour fabriquer des masques…

La crise l’a révélée : la France est très dépendante des importations pour couvrir ses besoins en masques de protection et en respirateurs. Le pays a augmenté ses commandes à l’étranger (à la Chine d’abord) mais a aussi entrepris d’augmenter sa capacité de production nationale. Objectif : produire 1 million de masques par jour d'ici mi-avril.

Ainsi, l’État a réquisitionné une PME, Kolmi-Hopen, près d’Angers (49), qui est le plus gros fabricant en France de masques chirurgicaux pour les soignants. L’entreprise a doublé sa production en quelques semaines depuis la crise et doit renforcer ses équipes : elle recherche des opérateurs de production, des mécaniciens de maintenance, des caristes-magasiniers et a mis en place une plateforme spéciale de recrutement.

Idem chez le fabricant de masques FFP2 Paul-Boyé technologies : cette entreprise voit ses besoins croître en électromécaniciens capables de prévenir la panne ou de réparer des machines qui tournent à plein. Le profil idéal ? Des techniciens titulaires d’un BTS en maintenance industrielle ou d’un BTS en électrotechnique.

Des PME du textile comme Petit Bateau ont réorienté une partie de leur production pour produire des masques et fournir l'ARS. Désormais, dans les ateliers, les ouvrières et ouvriers font crépiter les machines à coudre pour produire des masques en tissus au lieu de vêtements.

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… et produire 10.000 respirateurs en 50 jours

Autre besoin croissant, hélas, celui de respirateurs. Pour en produire plus et plus vite, Air Liquide et d'autres entreprises comme Michelin, Schneider-Electric ou Valéo ont créé, le 31 mars, un consortium industriel pour relever le défi de produire en France 10.000 respirateurs dans les 50 jours qui viennent.

"Dans un contexte où chaque nouveau respirateur produit peut sauver une vie, Air Liquide triple actuellement sa production, mais nous voulons aller plus loin", explique Benoît Potier, le président-directeur général du groupe. "C'est un défi industriel mais aussi humain", observe le chef d'entreprise. "Il faut rassembler des équipes d'ingénieurs, de techniciens et d'opérateurs de différentes entreprises autour de ce projet exceptionnel, et en un temps record !"

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