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Aéronautique : des métiers qui décollent

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Aujourd’hui, c’est la crise, mais demain ? Où en sera le secteur de l'industrie aéronautique quand vous arriverez sur le marché du travail ? L’avis de professionnels et de responsables de formation.

 

« Miser sur les métiers de la conception et de la maintenance »

Claude Bresson, directeur des affaires sociales du GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales).
 

 « Aujourd’hui, dans notre secteur aussi, c’est la crise : nos entreprises doivent faire face à des reports de livraison et à des annulations de commande, nous sommes dans un trou d’air, et personne ne peut dire combien de temps celui-ci va durer – un an, deux ans, trois ans… Mais quand la reprise économique sera là, l’industrie aéronautique devra être au rendez-vous : les métiers de la conception et de la maintenance seront recherchés. Les métiers de la production seront peut-être moins sollicités, car dans les prochaines années, il pourrait coûter moins cher de produire des avions ailleurs qu’en France. »

Côté formation : « Ceux qui souhaitent travailler exclusivement dans l’aéronautique et qui visent un diplôme d’ingénieur hésitent parfois entre les écoles d’ingénieurs généralistes avec option aéronautique et les écoles d’ingénieurs spécialisées en aéronautique : en ces temps de crise, je leur conseille de privilégier ces dernières, ce qui leur donnera plus de chances de trouver du travail dans l’aéronautique. »

 

« L’informatique appliquée à l’aéronautique aura besoin de spécialistes »

Raphaële Urlacher, responsable des stages et des relations avec les entreprises à l’ENAC (École nationale de l’aviation civile).
  

 « Parmi les domaines porteurs et susceptibles d’embaucher dans les cinq à six ans à venir, je citerais l’avionique coopérative, qui permet le partage d’informations entre le sol (les compagnies aériennes et le système de contrôle du trafic aérien) et le bord (l’avion), et l’informatique aéronautique, pour travailler dans les compagnies aériennes ou le management du trafic aérien. »

Côté formation« Toutes les écoles d’ingénieurs spécialisées en aéronautique ne proposent pas les mêmes formations. Choisir l’une ou l’autre parce qu’elle est mieux classée peut amener à des déceptions. Les jeunes doivent donc bien se renseigner. À l’ENAC, par exemple, nous formons des ingénieurs experts du système de transport aérien : ils travailleront dans les compagnies aériennes, les aéroports, le contrôle aérien, ou encore dans le domaine de la réglementation. »

 

« Il faudra concevoir des avions plus “verts” »

Laurent Dujaric, conseiller d’orientation spécialisé industrie aéronautique à Airemploi.
 

 « Le développement d’un avion “tout électrique” est l’un des enjeux à relever par les constructeurs aéronautiques : le projet n’est bien évidemment pas de faire voler un avion à l’électricité, mais plutôt de remplacer les commandes hydrauliques et mécaniques par des commandes électriques, plus légères. Pour ce faire, les professionnels spécialistes de l’électronique et de l’électrotechnique seront recherchés. »
 

Côté formation « Les formations du secteur s’adaptent aux besoins émergents des entreprises : ainsi, un bac pro technicien aérostructure a été créé pour former des jeunes capables d’intervenir sur les structures métalliques et sur les nouvelles structures composites. De même, le BTS [brevet de technicien supérieur] aéronautique a été revu : auparavant très orienté sur la maintenance, il permettra d’exercer beaucoup de métiers techniques, dans les compagnies aériennes, mais aussi chez les constructeurs aéronautiques. Enfin, au niveau bac + 5, les cursus universitaires comme les masters aéronautiques sont de plus en plus considérées par les recruteurs. » Laurent Dujaric

 

« L’anglais est déjà incontournable dans tous nos métiers »

Francis Cottet, directeur de l’ENSMA (École nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique), à Poitiers (86).
 

 « L’industrie aéronautique est à un point de rupture technologique : désormais, il va falloir concevoir des avions moins polluants et moins consommateurs d’énergie. L’avenir est peut-être aux avions “tout composite”, qui se révèlent plus légers que les avions en aluminimum, et donc moins gourmands en carburant. Il faut également réfléchir au développement de nouveaux moteurs, qui seraient capables d’utiliser de nouveaux carburants. Les jeunes diplômés spécialisés dans les matériaux ou dans la motorisation ont donc de beaux débouchés devant eux. »

Côté formation « Ceux qui veulent devenir ingénieurs mais qui n’ont pas envie de passer par une prépa peuvent choisir de préparer un BTS ou un DUT [diplôme universitaire de technologie], notamment le DUT mécanique, puis intégrer notre école où ils suivront une année de remise à niveau, puis le cursus normal de trois ans. Mais du bac pro au diplôme d’ingénieur, il ne faut pas négliger l’anglais,  langue incontournable de l’aéronautique. » 

« Il y a un déficit de jeunes ingénieurs »

Marie-France Poulet, responsable du service stages et carrières à l’ISAE (Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace).
 

 « Dans les prochaines années, toutes les entreprises du secteur industriel, et pas seulement celles de l’aéronautique, auront besoin d’ingénieurs, et il y a un vrai déficit de jeunes formés à ce niveau. Dans l’aéronautique, les fonctions qui recruteront le plus seront, entre autres, celles liées à la logistique, au génie industriel, mais aussi aux nouveaux matériaux, à l’électronique… »

Côté formation : « Si on a le niveau, il ne faut pas hésiter à s’orienter vers une école d’ingénieurs, car il y a une très grosse demande, et pas seulement dans l’aéronautique ! Il faut savoir que l’aéronautique regroupe de nombreuses disciplines – aérodynamique, électronique embarquée, informatique, mais aussi mécanique, structures, électronique, électrotechnique, etc. C’est pourquoi nos formations d’ingénieurs protègent plutôt bien nos diplômés du chômage, car elles leur permettent de se placer dans des domaines aussi variés que l’énergie, le nucléaire, l’automobile et même la finance ! »
 

32%
C’est la proportion des jeunes diplômés recrutés par l’industrie aéronautique qui sont titulaires d’un diplôme d’ingénieur. Source : Airemploi, mars 2008