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Enquête Cereq "Génération 2007" : le diplôme, un atout anti-crise

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740.000 jeunes, diplômés ou non, sont sortis du système scolaire en 2007. 3 ans après, le Céreq a interrogé 25.000 d'entre eux sur leur premiers pas dans la vie active. Analyse des résultats de l'enquête "Génération 2007" qui confirme, une fois de plus, que le diplôme est la meilleure parade contre le chômage.

A son arrivée sur le marché de l'emploi, la "génération 2007" s'est retrouvée dans une situation plutôt favorable : le taux de chômage avait atteint son niveau le plus bas depuis 25 ans et les jeunes diplômés ont vite accédé à un premier poste. Quelques mois plus tard, c'était le début de la crise financière. Le retournement a été brutal. Après 3 ans de vie active, leur taux de chômage a atteint 18%.

Absence de diplôme : un handicap face à la crise

Eloignement durable de l'emploi ou "up and down", les non diplômés restent les plus touchés par la crise, comme l'avaient déjà montré les précédentes enquêtes du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications). Et quand ils sont en emploi, c'est souvent sur des contrats précaires, missions d'intérim et CDD (contrats à durée déterminée). Selon le Céreq, "ces contrats sont les premiers volets d’ajustement des employeurs lors d’un retournement conjoncturel".

Parmi les 740.000 jeunes sortis de formation en 2007, 1 sur 6 n'a aucun diplôme (voir camembert). Une part non négligeable. Trois ans plus tard, à peine la moitié d'entre eux occupe un emploi. Les autres sont au chômage, en reprise d'études ou inactifs. "Les non diplômés sont les plus pénalisés par la sélectivité du marché du travail, qui profite aux diplômés, parfois recrutés sur des postes moins qualifiés que les non diplômés pourraient occuper", commente le Céreq.

Les diplômés du supérieur toujours exigeants

Les jeunes diplômés s'en sortent beaucoup mieux. Et cela d'autant plus si le diplôme est élevé : 88 % des bac+5 occupent un emploi contre 70% des CAP/BEP, 3 ans après leur sortie de formation. Un chiffre qui cache toutefois peut-être des disparités d’insertion entre les diplômés de niveau bac+5 (masters universitaires, écoles de commerce ou d’ingénieurs). Les mieux insérés sont les doctorants avec un taux d'emploi de 92%.

La crise aurait pu inciter les jeunes diplômés à être moins exigeants sur la nature de leur emploi, le type de contrat ou le niveau de rémunération, mais il n'en est rien. 3 diplômés du supérieur sur 4 sont en CDI (contrats à durée indéterminée) ou fonctionnaires. Les chiffres varient cependant selon le niveau de diplôme : par exemple, ils sont 79 % à l’être après un bac+5, et seulement 59 % après un doctorat. Côté rémunération, le salaire médian* net de l’ensemble des diplômés du supérieur s'élève à 1.350 € pour le premier emploi et à 1.630 € 3 ans après la sortie (ce salaire atteint 2.000 € pour les bac+5).

L’apprentissage favorise l’accès à l’emploi

Près d'un jeune sur 6 était en apprentissage durant la dernière année de formation. Si ce sont toujours les CAP/BEP qui accueillent la majorité des apprentis, le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur a fait progresser les effectifs. En toute logique, l'apprentissage est proposé dans les formations professionnelles : BTS, DUT, licence pro et master pro.

Dans la majorité des cas, les ex-apprentis du supérieur réussissent à décrocher un CDI (83% contre 73% des diplômés formés par voie classique), avec un salaire médian plus élevé (1.775 € contre 1.600 €). Seul bémol : l’accès à l’apprentissage est sélectif. "Un contrat d’apprentissage est un contrat de travail. Trouver un contrat d’apprentissage, c’est d’abord trouver un employeur prêt à vous recruter", rappelle le Céreq.

Marie-Anne Nourry

7 avril 2011

*Salaire médian : Salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l'autre moitié gagne plus. Il se différencie du salaire moyen qui est la moyenne de l'ensemble des salaires de la population considérée (définition INSEE).

Plus haut diplôme des sortants de formation initiale



Source : CEREQ – Enquête 2010 auprès de la « génération 2007 ». Champ : ensemble des sortants de formation initiale.

D'une génération à l'autre, la situation professionnelle des jeunes au bout de 3 ans de vie active.

  Taux d'emploi (en %) Part de jeunes en CDI ou fonctionnaires (en %) Salaire médian net (en €)
Année de sortie de formation initiale
2004 2007 2004 2007 2004 2007
Sans diplôme
56 48 41 37 1120 1140
CAP ou BEP 76 70 55 54 1200 1200
Bac professionnel ou technologique 78 75 57 54 1200 1250
Bac général 62 55 51 43 1200 1200
Bac + 2 88 86 68 68 1410 1460
Licence - L3 83 80 70 71 1470 1480
Bac + 4* 83 85* 64 72* 1510 1730
DEA, DESS, M2 - Ecole d'ingénieurs ou de commerce 91 88 79 79 2000 2000
Doctorat 91 92 58 59 2150 2220
Ensemble du supérieur 87 85 70 72 1530 1630
Ensemble 77 73 61 60 1300 1380

Source : CEREQ – Enquête 2010 auprès de la « génération 2007 », enquête 2007 auprès de «la « génération 2004 ». Champ : ensemble des sortants de formation initiale en emploi 3 ans après la sortie du système scolaire.

*L’évolution observée entre la « génération 2004 » et la « génération 2007 » n’est pas significative parce qu’elle résulte avant tout du recul du nombre de sorties au niveau M1 dans les universités, qui augmente le poids relatif des diplômés d’écoles de niveau bac+4.