1. Secteur du bâtiment : recherche spécialistes à la fibre verte

Secteur du bâtiment : recherche spécialistes à la fibre verte

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Des premiers plans à la remise des clés, l’heure est aux constructions durables, économes et même productrices d’énergie.



A défaut d’être les plus hauts, les grattes-ciels français se veulent les champions de l’environnement. Pas de mal à ça pour un mode de construction jusque-là très énergivore. Côté maison individuelle, l’artisan, l’archi ou le promoteur écolo restent des perles rares. Ballots de paille, plumes de canard et autres toits en végétaux ont pourtant de belles perspectives d’avenir car la demande explose du côté des particuliers. Aujourd’hui pourtant la mue est en cours : plus un projet d’envergure qui n’intègre le développement durable sous toutes ses facettes… sous la pression de la réglementation et de l’opinion publique.


Les standards de demain

Avec Carpe Diem, la compagnie d’assurance Aviva s’apprête à ériger, à la Défense une tour estampillée HQE (c’est-à-dire « haute qualité environnementale »). Au programme : des façades inclinées améliorant les performances thermiques tout en optimisant l’éclairage grâce à la lumière naturelle du jour, une circulation d'air naturelle par les ouvertures au niveau des plafonds permettant de réduire les besoins en climatisation, des tubes à réchauffement solaire assurant la production d'eau chaude ou encore un système de récupération des eaux savonneuses et des eaux de pluie.

Affaire d’image ? Pas seulement. Ces bâtiments, gros consommateurs d’énergie, sont également soumis au respect de normes de plus en plus strictes. Ainsi, la dernière réglementation thermique (baptisée RT 2005) en vigueur depuis septembre 2006 impose une amélioration de 15 % des performances énergétiques des bâtiments par rapport au texte précédent (RT 2000). Et c’est loin d’être fini. Le Grenelle de l’environnement prévoit des mesures ambitieuses : à partir de 2010, les bâtiments devront être conçus selon le label basse consommation : soit une dépense d’énergie annuelle, en moyenne, inférieure à 50 KWh/m2. Un chiffre à comparer aux 240 kWh/m2 consommées en moyenne dans le parc résidentiel existant !

Tout se recycle. Et en 2020, place à « l’énergie positive » : les bâtiments devront eux-mêmes produire de l’énergie. « Beaucoup de clients, notamment des collectivités, nous sollicitent pour optimiser leur consommation, remarque Jean Lucas, responsable du développement durable chez Spie, spécialiste de l’aménagement intervenant dans les domaine du génie électrique, mécanique et climatique, de l'énergie, des communications et des infrastructures. C’est ce qui nous a conduit à mettre en place, pour nos techniciens et nos commerciaux, une formation consacrée au diagnostic et à l’efficacité énergétique au sein de notre institut de formation technologique interne ».


HQE à tous les étages

Autre démarche qui tend à se généraliser, la haute qualité environnementale (HQE). Elle vise à intégrer le respect de l’environnement dans tous les sens du terme, qu’il s’agisse de la qualité de vie des habitants d’un bâtiment, de l’intégration au paysage et aux services urbains (assainissement et écoulement des eaux, collecte sélective des déchets, desserte en transports collectifs...) ou de la réduction des consommations de ressources naturelles.

Bâtisse au scanner. Toutes les étapes d’un projet sont donc concernées. « Ce type de mission est confiée à une équipe composée d’un chef de projet, d’ingénieurs de bureaux études et de techniciens, explique Thibault Gandon, responsable des ressources humaines d’Elan, une filiale de Bouygues Construction spécialisée dans le management de projets ».

Et les profils requis ? « Ce sont avant tout des spécialistes du bâtiment : des diplômés d’écoles spécialisées comme l’ESTP (Ecole supérieure des travaux publics) ou d’écoles généralistes ayant fait leur stage de fin d’études dans le secteur. Une formation complémentaire dans le domaine de la construction durable constitue un atout », complète Thibault Gandon.

Label exigé. « L’attitude des clients a beaucoup évolué, décrypte de son côté Nicole Fabiani, directrice du développement des ressources humaines de Spie. Il y a quelques années, les cahiers des charges abordaient les principes de développement durable. Aujourd’hui, il y a des volets très techniques, par exemple sur les économies d’énergies. Et nos interlocuteurs nous demandent les CV des collaborateurs susceptibles d’intervenir sur leur projet, pour s’assurer qu’ils ont les compétences requises ».


Entamer une révolution

Aucun métier n’échappe à la problématique environnementale. Elle s’impose aux promoteurs, aux ingénieurs d’études mais aussi à tous ceux qui interviennent sur les chantiers. Valorisation des déchets grâce au tri sélectif, choix de produits à nocivité réduite et de matériaux recyclables, optimisation de la consommation d’énergie, limitation des nuisances sonores… les exigences se multiplient.

Question de culture. « Sur les petits chantiers, c’est le conducteur de travaux qui est aussi responsable du respect de l’environnement, explique Gilles Stankoff, directeur de la conduite de projets immobilier et environnement chez Elan. Sur des projets plus importants, en revanche, c’est devenu une fonction à part entière ».

Chantier en cours. Autre domaine impacté par les questions environnementales, l’innovation, qu’elle concerne les matériaux, les structures ou les technologies. Dans les départements de recherche et développement, les profils d’ingénieurs classiques, diplômés d’écoles spécialisés et généralistes, ont toujours la cote. Mais certaines spécialisations pointues sont aussi appréciées. Un exemple ? Un universitaire auteur d’une thèse sur la ventilation appliquée aux locaux de grande dimension trouvera sans mal un emploi dans le laboratoire de recherche d’un grand groupe du secteur. Idéal pour les spécialistes qui ont la fibre verte.


Jean-Marc Engelhard
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