1. Développement durable : compétences hybrides recherchées

Développement durable : compétences hybrides recherchées

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Bâtiment, industrie, tertiaire… le produire responsable fait recette. Si les discours d’intention sont omniprésents dans les médias, les emplois restent limités.




Au Bengladesh, Danone joue les pionniers. A son actif, une usine de fabrication de yaourts à forte valeur nutritive destinés aux enfants d’un des pays les plus pauvres de la planète. Soit l’illustration exemplaire du concept de développement durable. D’abord créer de l’activité économique pérenne en favorisant l’emploi de personnes qui n’avaient pas accès au marché du travail tout en s’appuyant sur des réseaux de distribution locale. Puis fixer un prix des yaourts en tenant compte du pouvoir d’achat des habitants. Enfin respecter l’environnement en utilisant les énergies renouvelables pour le fonctionnement de l’usine et en prévoyant des emballages recyclables.


Des directions dédiées

Comme Danone, de plus en plus d’entreprises et un certain nombre de collectivités locales s’intéressent au développement durable. Des directions dédiées à cette problématique se chargent de définir une stratégie globale prenant en compte les aspects environnementaux et sociaux de l’activité économique.

Micros équipes. Les directions estampillées « développement durable » n’emploient toutefois qu’un faible nombre de personnes même si les services sont en train de se structurer. « En l’espace de quelques années, elles sont passées dans les grandes entreprises de deux à trois, quatre ou cinq salariés », souligne Hélène Valade, directrice développement durable chez Lyonnaise des eaux et vice-présidente du C3D (Collège des Directeurs du développement durable engagé), une association qui regroupe une quarantaine de membres.

Chefs d’orchestres. A la tête de ces directions, les responsables ont principalement une fonction d’animation. En étroite collaboration avec les autres départements des entreprises, ils veillent à la mise en œuvre des actions décidées. Ces cadres confirmés ont en moyenne une dizaine d’années d’expérience professionnelles derrière eux. Ils se sont entourés de salariés juniors - jeunes diplômés ou candidats ayant eu une première expérience - pour s’occuper de sujets bien précis.

Experts. On trouve ainsi des ingénieurs spécialisés dans les questions très techniques (traitement des déchets, éco-conception…), des juristes, des spécialistes des ressources humaines souhaitant promouvoir la diversité dans l’entreprise, des déontologues… « Ils ont été recrutés en fonction de leur double compétence : la connaissance approfondie d’un domaine et une sensibilité aux questions de développement durable qu’ils ont acquise soit en suivant une formation complémentaire soit en réalisant des stages sur ces sujets », poursuit Hélène Valade.


Des cabinets de conseil

Ces profils hybrides intéressent également les cabinets de conseil qui aident les entreprises dans leur réflexion. « Quand on aborde des questions liées à la construction, activité en forte expansion, nous avons besoin de spécialistes du bâtiment. Plus on avance dans la déclinaison des actions, plus les compétences demandées sont pointues », remarque Julie Buisson, consultante, en charge du recrutement chez Utopie, un cabinet spécialisé, qui pourtant à ses débuts avait fait la part belle aux diplômés généralistes…

Ecolo-attitude. Si les ingénieurs ayant des compétences en environnement sont courtisés, ce ne sont pas les seuls : « Nombre d’entreprises nous sollicitent pour trouver des acheteurs, des financiers, des spécialistes du marketing capables de traduire en actions concrètes ce que signifie dans leur fonction, la mise en place de politiques de développement durable », souligne Bénédicte Faivre-Tavignot, responsable du mastère spécialisé développement durable d’HEC. Concrètement, un acheteur embauché pour initier une politique de développement durable doit vérifier que ses clients chinois, par exemple, paient correctement leurs salariés afin de leur permettre de vivre de leur activité.

Penser durable. Plus qu’une création de nouveaux métiers aux contours bien définis, la montée du développement durable dans les entreprises débouche surtout sur une modification des métiers traditionnels. Ces changements peuvent se traduire dans la mise en œuvre de nouvelles règles de fonctionnement – recyclage, utilisation d’énergies renouvelables… - mais aussi dans la finalité des actions conduites, à l’image du projet initié par Danone.


Laurence Estival
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