1. Energies renouvelables : de 200.000 embauches d'ici 2020 !

Energies renouvelables : de 200.000 embauches d'ici 2020 !

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Si l’offre de formation cherche coute que coute à s’adapter aux nouveaux besoins en matière d’environnement, l’embauche de tous les jeunes diplômés n’est pas encore au rendez-vous.

Pour recharger son Ipod, éclairer sa chambre ou utiliser son ordinateur, pas d’alternative que de brûler de l’énergie. Et toutes les études sont formelles : démographie mondiale galopante et changement de mode de vie font que nous sommes de plus en plus énergivoraces. Et chaque année, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : les réserves mondiales d’énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole) s’amenuisent.
Que faire docteur ? Objectif n°1 : consommer moins d’énergie, et là c’est un travail de longue haleine. Objectif n° 2 : faire appel à des ressources inépuisables comme le soleil, la lune, le vent, l'eau ou la chaleur de la terre mais aussi le bois ou certaines productions agricoles.


Des emplois émergent
Il y a les ouvrages que l'on voit de loin, champs d'éoliennes et autres barrages hydrauliques, d’autres plus discrets, panneaux solaires photovoltaïques qui transforment directement la lumière solaire en énergie électrique, ou encore pompes à chaleur géothermiques qui utilisent la chaleur dégagée par la terre.

Réutilisables. Pour répondre aux objectifs fixés par l'Union Européenne, la France va devoir mettre les bouchées doubles sur ces créneaux. Car si ces énergies sont inépuisables, elles doivent être transformées pour être utilisées. "Aujourd'hui, la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie est de 10 %, constate Damien Mathon, délégué général adjoint du Syndicat des énergies renouvelables. En 2020, elle devra atteindre 23 %". Résultat : l'effectif du secteur, qui est de 75 000 personnes aujourd'hui, devrait, d'après les professionnels, atteindre près de 300 000 personnes en 2020.

Pas de nuages sur le solaire

Aujourd'hui, c'est principalement dans le domaine des logements individuels que le solaire explose. Pour faire face à la demande grandissante, la profession recrute des installateurs et des technico-commerciaux.
Panneaux solaires. Les entreprises qui commercialisent des panneaux solaires recrutent des bataillons d'installateurs et de techniciens maintenance. Selon les cas, il s’agit de titulaires de bac + 2 dans les domaines de l'électricité, du chauffage ou de la plomberie.

Commercialisation. Pour développer leurs parts de marché, les entreprises du secteur embauchent des commerciaux en nombre proposant aux candidats qu'elles intègrent une formation à leurs produits. "Le profil varie en fonction du type de clientèle visée, remarque David Ascher, directeur du site Emploi-environnement.com. On recrutera des commerciaux de niveau bac + 2 pour une clientèle de particuliers et de niveau bac + 5 pour une clientèle d'entreprises ou de collectivités".

L'éolien décolle

Alors qu'elle possède un potentiel très important, la France est à la traîne, loin derrière l'Allemagne. On recense aujourd'hui à peine plus de 1000 éoliennes dans l’hexagone. D'ici 2020, on prévoit d'en installer 7000 de plus. Avec à la clef, des postes à pourvoir dans le management de projet, l'installation et la maintenance.

Chefs de projets. Beaucoup de projets éoliens sont encore dans les cartons. "C'est ce qui explique que le profil le plus recherché soit celui de chef de projet" constate encore David Ascher, directeur du site. Ce type de poste implique des compétences transversales. "Il faut coordonner le montage d'un projet autant d'un point de vue technique que financier, mener l'étude d'impact, dialoguer avec les fournisseurs, les élus locaux et les administrations", détaille Damien Mathon, du Syndicat des énergies renouvelables. Une fonction qui s'adresse à des ingénieurs spécialisés en énergie.

Chantier et maintenance. "Une fois les projets lancés, il y aura aussi besoin de chefs de chantiers", complète David Ascher. Profils recherchés ? Des ingénieurs ou des techniciens spécialisés en génie civil et travaux publics. Autre fonction qui devrait connaître un développement important, celle de technicien maintenance.

Ca carbure bio

Trois en Aquitaine, quatre en Champagne-Ardennes, deux en Rhône-Alpes, deux en Languedoc-Roussillon… Au total, ce ne sont pas moins de 22 centrales de production d’électricité et de chaleur alimentées à partir de biomasse (autrement dit par des matières organiques comme le bois ou la paille) qui devraient voir le jour en France d’ici 2010. Leur puissance électrique cumulée sera équivalente au tiers de celle d’un réacteur nucléaire.

De tout poêle. Principal avantage de la biomasse, il s’agit d’une source d’énergie neutre du point de vue du CO2. Les technologies garantissant un rendement de plus en plus performant, son utilisation se développe dans l’habitat individuel : depuis 2004, la vente de poêle augmente de près de 50 % par an. Par ailleurs, de plus en plus de bâtiments collectifs, notamment dans le secteur tertiaire, sont équipés de chaufferies au bois.

Métiers cotés. Avec le renouveau du chauffage au bois, pour les logements individuels comme pour les bâtiments collectifs, certains profils vont devenir très recherchés. Parmi eux, les gardes-forestiers, les techniciens et les ingénieurs forestiers, les chargés d'approvisionnement en bois ou encore les techniciens supérieurs de récolte et de commercialisation de produit forestier.

Avis aux Tryphon en herbe, les scientifiques qui s’intéressent aux énergies de demain séduisent les employeurs. Dompter les orages, exploiter l’énergie de la mer, poser des panneaux solaires sur la lune, capter la chaleur humaine… les pistes de recherche sont elles aussi inépuisables.

Le saviez-vous ?
Lors de sa combustion, le bois libère dans l’air le dioxyde de carbone qu’il a absorbé durant sa croissance. Son impact est donc neutre sur l’effet de serre. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le chauffage au bois n’émet que 40 kg de CO2 par MWh de chaleur utile, contre 180 pour l’électricité, 222 pour le gaz et 466 pour le fioul.

Jean-Marc Engelhard
Sommaire du dossier
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