1. Protection de la nature : des débouchés limités

Protection de la nature : des débouchés limités

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Quels sont les amoureux de la nature qui n’ont pas rêvé un jour de jouer les grands protecteurs ? L’idée est séduisante mais les débouchés peu nombreux.


Renforcer la conservation des espaces naturels est à l’ordre du jour de nombreuses collectivités locales. Mais sur le terrain, les postes visant à déployer cette politique ne sont pas au rendez-vous. En 2007, quelque 600 offres d’emplois ont été proposées dans les parcs nationaux, les parcs régionaux, les conservatoires du littoral et autres espaces protégés.


Moins de 5 % des emplois

« Et encore, 2007 était une bonne année due à la création de parcs régionaux et nationaux et à l’application d’une nouvelle loi qui renforce les pouvoirs de ces structures en matière de développement », note André Lechiguéro, chargé de mission emploi aux Ateliers techniques des espaces naturels, une structure dépendant du ministère de l’Ecologie et du développement durable qui fédère les professionnels du secteur.

Compte-gouttes. En temps normal, on ne dépasse pas les 400 offres ! Sur les 55 000 emplois recensés par l’IFEN (Institut français de l’environnement) dans le domaine de l’environnement, les métiers de la protection de la nature ne pèsent qu’entre 4 % et 5 %. « De plus, la quantité des offres dépend en grande partie du budget alloué par l’Etat », poursuit le chargé de mission. Heureusement pour les étudiants, chaque année les départs à la retraire permettent de libérer une poignée de postes.


Des pompiers verts

Le gros des emplois du secteur se répartissent en quatre grandes familles. En tête, plus d’un quart des postes proposés concerne des missions de gestion et de protection de la nature.

Anges gardiens. Profession emblématique, les gardes des espaces naturels, véritables anges gardiens chargés de surveiller les espaces naturels, sont recrutés sur concours accessible aux titulaires d’un BEP. « Mais en réalité, 50 % des candidats qui le réussissent ont un bac + 5 », met en évidence André Lechiguéro qui conseille aux intéressés de poursuivre leurs études jusqu’à l’obtention d’un master. Car s’ils échouent au concours, ils pourront toujours tenter leurs chances pour des postes de chargés d’études ou de mission patrimoine, ouverts aux jeunes diplômés ayant des compétences en environnement ou dans le domaine culturel.

Ecoaménagement. La deuxième famille (17 % des offres) regroupe les emplois liés au développement. En collaboration avec les collectivités locales, les chargés de mission travaillent sur la valorisation touristique et économique de ces espaces. S’ils sont ouverts aux étudiants qui ont suivi une formation en économie ou aménagement du territoire, une première expérience est souvent demandée.

Guide nature. Inutile de poser sa candidature pour devenir directeur ou directeur adjoint. Cette troisième famille recrute uniquement des candidats avec une dizaine d’années d’expérience. En revanche, les jeunes diplômés peuvent tenter leurs chances sur des emplois d’animateurs (8 % des offres) qui initient des activités culturelles autour de la nature. En sachant toutefois qu’il s’agit principalement de CDD couvrant la période touristique…

Laurence Estival
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