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Quelles compétences pour devenir infographiste 3D ?

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Personnage clé de la production visuelle, l’infographiste 3D collabore étroitement avec d’autres professionnels du graphisme comme le directeur artistique, le réalisateur ou l’animateur. Pour exercer ce métier, il faut donc aimer travailler en équipe, mais aussi avoir de solides compétences techniques, comme l’explique Jean-Michel Oullion dans Les métiers des jeux vidéo et de l’animation, publié aux éditions L’Etudiant (extraits).

Les métiers des jeux vidéos et de l'animationL'essentiel, pour l'infographiste 3D, est de bien connaître l'outil pour savoir ce que l'on peut en faire.


Bien connaître les logiciels incontournables
  

Selon Fabrice Picou, infographiste 3D chez Ka-Ra, "il faut obligatoirement un ordinateur puissant pour faire tourner une batterie de logiciels de création numérique tels Photoshop (logiciel 2D, textures), 3D Studio Max, Maya ou Softimage Xsi (logiciels 3D, modélisation, animation) ou Zbrush (sculpture numérique). Une palette graphique, vraiment pratique, est quasiment obligatoire. Et, accessoirement, un bon fauteuil, car on passe beaucoup de temps assis dessus" !

Gilles Benois, directeur pédagogique à Bellecour Écoles d'Art, le confirme : "Il est capital de maîtriser Adobe Photoshop et au moins un des logiciels les plus utilisés dans nos industries, comme 3DS Max ou Maya. Mais dans le jeu vidéo, de nombreuses structures ont développé des outils propriétaires. Un outil reste un outil, et l'important est d'en saisir la finalité dans une démarche créative plus globale. À Bellecour, nos étudiants partent souvent de zéro et apprennent à devenir experts en trois ans sur ces logiciels. Nous formons également à Nuke, Zbrush, Premiere, After Effects..."


Maîtriser parfaitement modélisation, animation ou rendu
  

Selon Marc Bellan, responsable de la 3D à l'institut de l'Internet et du multimédia, "le graphiste 3D doit s'investir énormément, c'est l'excellence qu'il faut viser car c'est elle qui ouvre les portes des sociétés spécialistes de la 3D."

"Outre des compétences artistiques (sens du volume, du cadre, de l'éclairage, du mouvement), le graphiste 3D doit être performant sur le plan technique. Il doit maîtriser parfaitement au moins l'un des grands sujets de la 3D : modélisation (personnage et/ou décor), animation (personnages) ou rendu (texturing, éclairage, shadering). S'il sait se montrer ambitieux et curieux, et s'il sait aussi se vendre, il a tous les atouts dans les poches".


Évoluer comme infographiste 3D hyperspécialisé ou polyvalent
  

Selon Gilles Benois, « les nouvelles générations de consoles annoncent une explosion des effets spéciaux et du compositing temps réel, susceptible de créer de nouveaux emplois. Ces compétences, autrefois réservées à la post-production d'images précalculées, vont prendre de l'essor. C'est la taille de la structure et celle du projet qui vont déterminer s'il faut être spécialiste ou généraliste : la complexité et la masse de ressources d'un jeu 'AAA' (blockbuster) nécessiteront des profils très spécifiques, comme modeleur, textureur, animateur, etc., alors qu'une application pour smartphone demandera une grande polyvalence, mais des compétences moins pointues dans chaque spécialité ».


Spécialisé
 

Dans les grands studios, l'infographiste 3D est souvent spécialisé et n'intervient que sur une tâche très spécifique.

Avant d'être professeur en images 3D et jeux vidéo à l'université du Québec (UQAT), Erwan Davisseau a été lead artist au studio Artificial Mind and Movement (Canada) et a travaillé sur des titres comme Alone in the Dark 4 et 5 ou Enter the Matrix avant de rejoindre les équipes d'Ubisoft à Montréal, en tant que lead artist sur des hits comme Splinter Cell ou Prince of Persia.

Sa mission est parfaitement déterminée : "Réaliser en trois dimensions des décors, des objets et des personnages définis au préalable par la conception du jeu. Je devais également texturer ces éléments, c'est-à-dire projeter une image sur ces objets 3D afin de les rendre plus réalistes."


Polyvalent
 

De 2007 à 2011, Erwan travaille pour un studio québécois qui a produit des jeux pour Disney et Electronic Arts. Il se partage entre ses fonctions de senior artist (création de niveaux et d'éléments selon les délais et les impératifs de qualité) et de manager (organisation de la production de l'équipe graphique, travail collaboratif avec le directeur artistique, calendriers individuels et global, reportings d'avancées de projet, gestion des ressources humaines, etc.).

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