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Handicap : poursuivre ses études après le bac

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De plus en plus de jeunes en situation de handicap entament des études supérieures. Leur nombre a doublé en 5 ans. Ils sont aujourd’hui plus de 13.000 ! De nombreuses aides sont possibles, le point sur l’organisation à avoir, avec les conseils pratiques de ceux qui sont passés par là.

Les différents dispositifs d’accueil dont vous disposez :

Entreprendre de longues études avec un handicap, c’est possible ! Depuis la loi de février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, les établissements supérieurs sont chargés de mettre en place les dispositions nécessaires aux étudiants handicapés pour la réussite de leurs études. Pas de raison que votre handicap vous empêche d’aller plus loin.

Dans le secondaire, l’élève en situation de handicap bénéficie du Projet personnalisé de scolarisation (PPS, élaboré par la Maison départementale des personnes handicapées, avec notamment un enseignant référent, une équipe de suivi de scolarité, si besoin un auxiliaire de vie, etc). Il est parfois scolarisé dans un établissement sanitaire ou médico-social, à temps plein ou en alternance. Or, la plupart des jeunes qui se destinent aux études supérieures suivront leurs cours avec des jeunes valides. Le passage du secondaire au supérieur est donc synonyme de plus d’autonomie. L’étudiant doit s’organiser. Pour cela, il faut préparer son entrée à l’université ou en école… dès le début d’année de terminale. Signalez le plus tôt possible votre handicap et vos besoins d’aménagements. Renseignez-vous auprès des relais handicap des facs ou des écoles dès le mois de janvier. Les principaux contacts sont sur www.handi-u.fr.


A l’université

Depuis la charte université handicap de 2007 (renouvelée en mai 2012), chaque université est dotée d’un service d’accueil des étudiants handicapés (ou relais handicap). Avant de formuler vos vœux pour une fac, prenez contact avec le relais handicap : les locaux sont-ils accessibles ? Souvent, une visite est possible, et même nécessaire… Toutes les facs proposent des journées portes ouvertes. L’université de Paris X Nanterre organise même une journée spécifique à destination des lycéens en situation de handicap avec une visite guidée des lieux. A votre arrivée à la fac, le chargé de mission du relais handicap vous aidera dans vos démarches administratives, vous expliquera comment obtenir les aides humaines ou techniques adaptées à votre handicap et vous mettra en relation avec vos différents interlocuteurs (référent handicap de votre UFR, enseignants, associations d’étudiants handicapés…)

Patrick Courilleau, enseignant-chercheur en mathématiques et chargé de mission handicap de l’université de Cergy-Pontoise : « Nous conseillons aux étudiants en situation de handicap de prendre contact avec nous le plus tôt possible. Nous organisons un premier rendez-vous sur site en mars-avril pour vérifier avant la validation des choix APB (Admission post-bac) que la filière soit compatible avec le handicap. Un deuxième rendez-vous a lieu en mai-juin, avant  le bac, avec le responsable pédagogique de la filière, la chargée d’accueil et l’infirmière. Ensemble, nous faisons le point sur les aménagements possibles afin d’accueillir l’étudiant dans les meilleures conditions. »

 

En section de technicien supérieur (STS) ou en classe prépa

Si vous optez pour ces filières, vous continuerez à bénéficier, dans les mêmes conditions que dans le cycle secondaire, du Projet personnalisé de scolarisation (PPS). Par ailleurs, vous aurez les mêmes droits que les étudiants en situation de handicap à la fac : aide humaine, technique, aménagement des examens… En terminale générale, technologique ou professionnelle, votre projet se prépare dès le mois de janvier en concertation avec votre enseignant référent, le médecin scolaire et l’équipe pédagogique d’accueil. Là aussi, il peut être intéressant d’organiser en amont une visite dans l’établissement concerné, pour éviter les mauvaises surprises à la rentrée. Certaines académies, comme celle de Rouen, ont mis en place une commission d'affectation prioritaire pour les élèves de terminale en situation de handicap. Cette procédure permet aux élèves de bénéficier d'une deuxième chance, en plus de la procédure d’inscription ordinaire.

Le témoignage de… Thibault de Martim Prey, déficient visuel et directeur de la Fedeeh :« En terminale scientifique, j’ai présenté des dossiers un peu partout pour une prépa économique et commerciale. J’ai finalement été pris à celle de Clermont Ferrand. J’avais glissé une lettre dans mon dossier où j’indiquais que j’étais malvoyant mais que j’arrivais à m’en sortir avec mon handicap. Quand je suis arrivé à Clermont, je me suis rendu compte qu’ils n’avaient pas lu la lettre et qu’ils tombaient des nues ! Je me suis toujours demandé s’ils m’auraient accepté en l’ayant lue… Mais je n’ai pas de regrets, ma prépa s’est très bien passée et si c’était à refaire, je réécrirais cette lettre. L’accès aux classes prépa n’est pas la voie royale pour les personnes handicapées, il y en a beaucoup qui s’autocensurent… »


En grande école

Les grandes écoles s’ouvrent à la question du handicap. La charte Conférence des Grandes écoles / handicap de mai 2008 prévoit une structure d’accueil, un suivi tout au long de la scolarité et une aide à l’insertion professionnelle. Aujourd’hui, la plupart des grandes écoles ont désigné un référent handicap. Avant de choisir une école, contactez-le : il vous renseignera sur les modalités d’aménagements dans son établissement. Vous pouvez aussi rencontrer d’autres étudiants handicapés déjà dans l’établissement. Dans certaines écoles, comme à Sciences Po, il est possible d'obtenir la gratuité des examens d'entrée, sur justificatif d'invalidité.
 


Le témoignage de… Xavier Quernin, chargé de mission handicap à l'Institut LaSalle Beauvais
« Je préfère que les étudiants viennent me parler de leur handicap le plus tôt possible. Il y a déjà des aménagements possibles pour le concours d’entrée : un tiers-temps supplémentaire par exemple. Je rencontre les étudiants au moins trois fois par an (une dizaine de fois pour certains). En début d’année, je passe dans les amphis et distribue une plaquette à tous les étudiants. Nous distribuons aussi des brochures dans les lycées. Nous favorisons l’accès à la vie sociale, on aménage le campus : tous les trottoirs ont été rabaissés. Chaque personne handicapée a des besoins différents, on essaie de s’adapter, dans la mesure du possible. » 

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